Une séance plénière a réuni ce mercredi 16 septembre une grande partie des acteurs du projet ferroviaire Lyon-Turin. Si les défis et aléas sont nombreux, l’association La Transalpine soutient que les travaux se poursuivent. La Métropole de Lyon a également annoncé réintégré le comité.
Après un été compliqué, notamment du côté des chantiers italiens après qu’une manifestation de militants écologistes opposés au projet ferroviaire dans le Val de Suse (Piémont) a causé des dégâts à hauteur d’un million d’euros, les travaux du Lyon-Turin, nouvelle ligne ferroviaire de 270 kilomètres qui reliera à terme la France à l’Italie, se poursuivent. Plusieurs des principaux acteurs du projet se sont réunis ce mercredi 16 septembre lors de l’assemblée générale de l’association La Transalpine pour faire un point d’étape et établir les prochaines priorités du projet, alors que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) jugeait en mai dernier le calendrier de livraison irréaliste.
Environ 30 % du tunnel transfrontalier creusé

D’abord, quelques chiffres.
Pour l’heure, le tunnel transfrontalier sous les Alpes de 57,5 kilomètres (estimé à 11,2 milliards d’euros), clé de voûte de la liaison Lyon-Turin, et la section italienne de 60 kilomètres (estimée à 2 milliards d’euros) doivent être mis en service à horizon 2033.
Quant à la section française, les 140 kilomètres de voies nouvelles reliant Lyon au tunnel de Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, aucun calendrier n’est encore établi à ce stade. Son coût est estimé à 7,2 milliards d’euros.
Par ailleurs, près de 50 kilomètres ont été creusés sur la section transfrontalière, sur un total de 164 kilomètres, soit environ 30 %. Quant au tunnel, 22 kilomètres ont été creusés sur les 115 au total.
"Cela signifie que l’on a fait beaucoup, mieux que ce que certains pourraient faire entendre, et que nous relevons tous les défis", s'est félicité Daniel Brusaux, président de la TELT. 15 fonds de creusement sont par ailleurs en cours sur les différents chantiers, qui mobilisent quotidiennement 3 000 personnes, l’un des sept premiers tunneliers "a commencé son travail", tandis qu’un deuxième est en cours d’assemblage. Les premiers éléments du troisièmes et quatrième sont en cours d’acheminent à La Paz (Suisse), a-t-il encore ajouté. Les autres seront quant à eux acheminés "dans les mois qui viennent." Une fois les tunneliers mis en marche, ils pourront creuser jusqu’à 100 mètres par jour.
Sur la commune de Saint-Julien-Montdenis (Savoie), le revêtement définitif de chacun des tubes du tunnel de base a commencé. Les travaux des deux futures gares internationales de Saint-Jean-de-Maurienne et de Suse (Italie) devraient également bientôt débuter. Dans le premier cas, ils devraient démarrer en 2027 pour une mise en service en 2031, a encore annoncé Daniel Brusaux. Les défis géologiques et écologiques restent par ailleurs complexes, mais le président l'assure, "la protection des ressources naturelles a toujours été une priorité pour TELT. Nous avons aujourd’hui 130 points de contrôle et nous multiplions les mesures de contrôle pour garantir l’usage des habitants des vallées", alors que les militants et personnalités politiques écologistes pointent très souvent du doigt les conséquences environnementales du projet. Les actes de vandalisme de cet été ont à ce titre été vivement critiqués. "Ils ne doivent pas, et ne peuvent pas, se reproduire", a-t-il dénoncé.

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"Les travaux avancent à un rythme correct"
Des travaux qui avancent donc à "un rythme correct", a ainsi concédé Mathieu Grosch, coordinateur du Corridor Méditerranéen. Et Josiane Beaud, présidente de la Commission intergouvernementale (CIG) du côté français, d’assurer : "Nous œuvrons pour rassembler nos forces et faire face aux défis que nous rencontrons. Ils ne sont pas tout le temps les mêmes, ils sont parfois opposés. Cela fait notre force." L’occasion pour la présidente de réaffirmer "haut et fort" que le projet du Lyon-Turin "ne peut s’entendre que dans sa globalité." "Ce n’est pas un tunnel avec ses lignes historiques qui servent d’accès, mais bien un tunnel et des accès qui sont en pleine cohérence en termes de performance et de capacité à faire circuler des trains." Quant à ceux qui avancent que les lignes historiques pourraient servir d’accès, "soit ils ne connaissent pas le dossier, soit ils mentent parce que nous sommes dans une période où il est permis de mentir", a-t-elle lâché. Josiane Beaud s’est par ailleurs dite "choquée" des conclusions du COI, "alors qu’ils ne sont jamais venus sur le terrain." "Nous avons une détermination et une énergie sans faille pour soutenir le projet", a-t-elle conclu.
La Métropole de Lyon réintègre La Transalpine
Présente également ce matin, la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, a été chaleureusement accueillie. Rien d’étonnant puisque l’ancienne maire de Sainte-Foy-lès-Lyon a toujours été en faveur de la ligne ferroviaire, quand son prédécesseur, l’écologiste Bruno Bernard, avait claqué la porte de la Transalpine en 2022, estimant que cette dernière avait "sans cesse dénigré les capacités et le potentiel de modernisation des lignes actuelles Dijon-Ambérieu-Chambéry-Modane et Sant-André-le-Gaz-Chambéry, tout comme elle a ignoré les nombreuses expertises pointant le déficit de rentabilité socio-économique et le coût environnemental du projet Lyon – Turin tel que défini à la fin des années 2000." "Il n’y avait rien d’extraordinaire à les voir partir, mais ce qui est extraordinaire, c’est leur opposition", a-t-elle lancé au public quelque peu amusé.
Ce mercredi 16 septembre, donc, la présidente de la collectivité a salué l’ambition du projet, jugeant qu’il était pour la France une façon "de tenir son rang dans l’économie mondiale" et "un avantage compétitif" pour les entreprises du territoire. C’est donc en ce sens que Véronique Sarselli a annoncé qu’une délibération sera votée lors du prochain conseil métropolitain le 28 septembre afin que la collectivité réintègre La Transalpine. "Nous sommes en train de créer un changement de système auquel il faut être au rendez-vous", a-t-elle ajouté, soulignant travailler "main dans la main" avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour soutenir le Lyon-Turin. Elle a enfin assuré que la Métropole de Lyon "portera le bon message", mais se montrera "vigilante" pour que le projet ne se transforme pas en "Dijon-Turin."
Prochaine étape pour la ligne ferroviaire, le renouvellement de la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet. Obtenue en 2013, la DUP actuelle s’achèvera bientôt, en 2028. "Le dossier a été remis cet été. La décision est désormais dans les mains du Conseil d’État", a précise Matthieu Cochard, directeur du projet chez SNCF Réseau.
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"les travaux du Lyon-Turin avancent à "un rythme correct" Cela ne va pas plaire aux décroissants et autres démonétaristes !