Des heurts ont éclaté samedi 27 juillet sur le chantier de la ligne ferroviaire Lyon-Turin en marge d’une manifestation contre le projet. Les dégâts sont estimés à un million d’euros, tandis que 120 blessés sont recensés.
Une manifestation marquée par des violences samedi en Italie a fait 120 blessés parmi les forces de l'ordre et des dégâts estimés à un million d'euros sur le chantier de la ligne ferroviaire Lyon-Turin, ont annoncé lundi les autorités et la société qui gère le chantier. La présidente du Conseil Giorgia Meloni a condamné une "violence organisée et préméditée" lors d'une visite sur place, assurant que "l'État n'a pas l'intention de reculer".
Plusieurs milliers de manifestants s'étaient réunis samedi dans le Val de Suse (Piémont), près de la frontière française, dans le nord-ouest de l'Italie, pour protester contre ce projet de ligne ferroviaire à grande vitesse ("Tav" en italien) qui suscite une forte opposition depuis son lancement il y a plus de 30 ans. Ce projet est soutenu par les autorités et les acteurs économiques, au nom du développement du fret ferroviaire, mais contesté par les militants écologistes qui pointent du doigt son impact sur les Alpes et son coût pharaonique.
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Des black blocs originaire de France présents
Parallèlement à l'organisation d'un festival pacifique, plusieurs centaines de manifestants s'en sont pris aux policiers déployés en masse pour protéger le chantier ferroviaire, selon les autorités italiennes. Des images de médias italiens ont montré des individus vêtus de noir et aux visages masqués lancer des projectiles et engins incendiaires en direction des forces de l'ordre. Selon plusieurs médias locaux, une large part des manifestants s'étant heurtés aux forces l'ordre étaient des "black blocs" originaires de France. Quatre ressortissants étrangers ont été interpellés à la suite de ces violences, a indiqué l'agence de presse Ansa, citant des sources proches du dossier. Contactée par l'AFP, la police italienne s'est refusée à tout commentaire.
Le ministre italien de l'Intérieur avait annoncé samedi le refoulement de trois Français se rendant vers les lieux du rassemblement, dans le véhicule desquels ont été découverts des masques, des mortiers d'artifice et une meuleuse.
Des dégâts "restent encore à évaluer".
Le mouvement No Tav s'est félicité d'avoir "démontré une fois de plus qu'il a la force d’arriver là où la destruction du territoire est à l'ordre du jour", évoquant la présence de 20 000 personnes à la manifestation, dans un communiqué diffusé par les médias italiens.
La société publique franco-italienne Telt a indiqué qu'une "première estimation des dégâts pour le seul chantier de Chiomonte (Chaumont, en français) s'élève à environ un million d'euros", précisant que les retards engendrés par ces dégâts "restent encore à évaluer".
Le chantier affiche déjà 18 ans de retard par rapport au calendrier initial et est désormais prévu pour 2033.
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