Sandrine Vignes, Sophie Cruat (à gauche) et deux résidents du Petit Caillou

À la Croix-Rousse, Le Petit Caillou cherche des fonds pour ses résidents en situation de handicap psychique

Créé en 2010, ce foyer de vie non médicalisé héberge 16 personnes de plus de 50 ans vivant avec un handicap psychique. Une collecte via une plateforme de financement doit permettre de terminer la rénovation de trois espaces communs.

Depuis la rue des Pierres-Plantées, rien ne distingue Le Petit Caillou des immeubles voisins. “Ici, on crée des liens entre les résidents. C’est vécu comme un esprit de famille, raconte Jérôme, qui vit dans ce foyer depuis plusieurs années.

L’établissement est géré par le GRIM, une association à but non lucratif créée dans le Rhône en 1987. Elle accompagne principalement des personnes vivant avec un handicap psychique dans leur accès au logement, aux soins, à l’autonomie et à leurs droits.

Une maison ancrée dans la Croix-Rousse

La petite taille du foyer permet à chacun d’aménager sa chambre selon ses goûts. Lors des premiers travaux, les habitants ont également pu choisir la peinture de leur chambre. “Ça favorise l’idée d’un chez-soi et la création des liens entre les professionnels et les résidents, souligne Sophie Cruat, coordinatrice du Petit Caillou.

Les habitants restent attachés à la vie de quartier. Ils peuvent notamment aller au marché, boire un café ou participer à des activités à l’extérieur.

Les résidents sont accueillis dans le cadre d’un contrat de séjour. Une grande partie de leurs revenus est consacrée au financement de leur hébergement et de leur prise en charge. Leur reste à vivre est donc souvent très faible. Le financement public des places est assuré par l’Agence régionale de santé et la Métropole de Lyon, dans le cadre de l’aide sociale. Un prix de journée est défini dans les contrats.

Tous les soins sont réalisés à l’extérieur, auprès de médecins, d’infirmiers ou de spécialistes. Certains professionnels peuvent néanmoins intervenir à domicile. L’Agence régionale de santé finance également un mi-temps d’infirmière consacré à la coordination des soins.

Le GRIM gère trois maisons fonctionnant sur ce modèle, avec 16 habitants dans chacune d’entre elles. Les résidents peuvent y rester tant que le foyer continue de répondre à leurs besoins. “La dernière personne partie en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes avait vécu ici plus de vingt ans”, rappelle Sandrine Vignes, responsable du mécénat.

Des travaux freinés par la hausse des prix

Environ 135 000 euros ont déjà été consacrés à la réhabilitation du Petit Caillou. Les chambres ont été rénovées en priorité, mais deux années se sont écoulées entre le montage du projet et la réalisation des travaux. Durant ce délai, le coût de la vie a augmenté”, rappelle Sandrine Vignes. L’enveloppe prévue n’a donc pas permis d’achever l’ensemble du chantier.

La salle d’activités, la buanderie et la lingerie sont restées en attente. Les murs, les plafonds, les portes et les sols doivent encore être repris. “Ce nest pas possible de laisser un lieu à deux vitesses, estime Sandrine Vignes.

Dans la buanderie, les 16 habitants doivent se partager une seule planche à repasser. Le fer à repasser est cassé et le sèche-linge ne fonctionne plus. Les meubles sont issus de la récupération et sont donc inadaptés.

Il ny a pas de casier pour tout ranger, regrette une résidente. “Tout est vétuste, résume Sophie Cruat, qui souligne les difficultés rencontrées pour remplacer les équipements.

Au-delà du confort, ces équipements défaillants compliquent les gestes du quotidien et freinent l’autonomie des habitants. ”Cela touche aussi à l’image de soi, rappelle Sandrine Vignes.

Sans équipement fonctionnel ni rangement adapté, les résidents craignent parfois que leurs effets personnels soient déplacés. Une situation qui peut créer des tensions dans cet espace partagé. “Avec un meilleur confort dusage, on peut faire en sorte que la vie entre les personnes se passe bien”, poursuit Sandrine Vignes. La responsable souligne pourtant le soin apporté par les habitants à leurs espaces privés, en témoigne “la propreté des chambres”.

Une collecte pour terminer les espaces communs

Au moment de la visite, il restait 1 660 euros à collecter en un mois. La plateforme de financement Les Petites Pierres s’engage ensuite à doubler cette somme.

Comme souvent, la collecte fonctionne selon le principe du “tout ou rien” : le GRIM doit atteindre la totalité de son objectif pour recevoir les fonds. L’association ne peut donc pas choisir de rénover uniquement un espace. Les dons doivent financer l’ensemble.

Les places d’hébergement bénéficient de financements publics, mais les projets destinés à améliorer le quotidien nécessitent des ressources supplémentaires. Dès quon veut aller un peu au-delà de manger et dormir, il faut rechercher des financements complémentaires, explique Sandrine Vignes.

L’achèvement des travaux permettra d’offrir aux habitants un cadre de vie plus adapté, de préserver leur bien-être au quotidien tout en renforçant leur autonomie.

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