L’usine atteindrait une capacité de production de 75 millions de munitions par an et permettre la création d’une vingtaine d’emplois @InsiderMedia

75 millions de munitions par an: La France relance sa production dans la Drôme

Un groupe d'entreprises franco-belge assurera la production industrielle de munitions sur un site implanté à Clérieux, dans la Drôme, à horizon 2029.

C'est la grande nouvelle dans l'actualité militaire française: la production de munitions reprendra son cours dans l'Hexagone à partir de 2029. Elle s'effectuera dans la commune de Clérieux, à 15 minutes au nord-ouest de Romans-sur-Isère, dans la Drôme. Le site accueillant le projet est celui de l'entreprise Cheddite, premier fabricant français de douilles et d’amorces.

L'annonce fait suite à un appel d'offres lancé par la Direction générale de l'armement (DGA), liée au ministère des Armées, en avril 2025. Ainsi, trois entreprises ont été retenues : Cheddite, FN Herstal, entreprise d'armement belge, tout comme son concurrent français, NobelSport.

Un redémarrage, 30 ans après

Le vide était grand. Depuis 1999, aucune munition de petit calibre n'est sortie d'une usine française. L'établissement de Giat Industries, producteur français de ces munitions, ferme à la fin des années 90. Par la suite, la Manufacture d’armes de Saint-Étienne, qui produisait le "FAMAS", ferme en 2001.

Pourtant, Jean-Yves Le Drian, alors ministre des Armées, avait essayé de combler cette absence en 2016. Il évoquait une question de souveraineté pour relancer une production clé et ne pas dépendre du tempérament des fournisseurs étrangers. Mais les élections présidentielles de 2017 ont tout balayé.

À cette époque, l'Europe et le monde ne connaissaient pas le contexte de tension qui persiste aujourd'hui. Dorénavant, la Russie est aux portes de l'Europe depuis l'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022. La menace est désormais si importante que le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, déclarait en novembre 2025 qu'il fallait "accepter de perdre ses enfants".

Rappelons également que la réélection de Donald Trump aux États-Unis, en novembre 2024, a accentué encore un peu plus l'importance d'une souveraineté étatique française. Et pour cause, l'instabilité dont fait preuve le président américain sur les questions militaires, notamment sur l'aide à l'Ukraine, pousse les Européens à agir sans les États-Unis.

"Ce sont les guerres d'aujourd'hui que nous devons gagner"

Réarmement. C'est un bien grand mot, dont la présence agite sans cesse le débat public depuis plusieurs années. C'est aussi la réponse face aux différentes menaces – qu'elles soient russes ou terroristes – auxquelles la France fait ou peut faire face. Le sursaut intervient en juillet 2023 avec l'adoption de la loi de programmation militaire (LPM) par le Parlement. Le texte assure, pour la période 2024-2030, une enveloppe de près de 400 milliards d'euros pour les armées. Il est d'ailleurs notifié que 16 milliards seront investi pour "consolider et recompléter les stocks de munitions".

Réarmement: Mot qu'Emmanuel Macron n'hésite plus à utiliser dans chaque discours destiné aux armées, quand il faut faire peur. Preuve en date : le président de la République s'est rendu à l’Hôtel de Brienne, le "Matignon" du ministre des Armées, le 13 juillet dernier, afin de rendre hommage aux troupes appelées à défiler lors du 14 Juillet. Il a prononcé un discours dans lequel la forme nominale du mot "réarmement" apparait quatre fois. C'est deux fois plus que lors de son discours en juillet 2025.

Réarmement: Mot aussi qui caractérise bien la floraison de ces nouvelles usines destinées à produire des armes, à l'image de celle prochainement active à Clérieux, dans la Drôme.

En Auvergne-Rhône-Alpes, le retour des investissements massifs dans l'économie de défense réjouit les entreprises lyonnaises du secteur. La région accueillera sur son sol, d'ici 2030, près de 2 600 entreprises et fournisseurs directs du ministère des Armées. Cet accueil, encadré par la loi de programmation militaire 2024-2030, provoquera à terme la création d'environ 25 000 emplois directs. Ces implantations engendreraient des commandes de la part du ministère, dont le montant pourrait s'élever jusqu'à 300 millions d'euros.

À lire aussi: Défense : les PME lyonnaises sur le pied de guerre - Lyon Capitale

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