La fin des aides ciblées sur le carburant provoque la colère des transporteurs routiers. Dans le Rhône et l’Isère, la FNTR dénonce des retards de paiements et un dispositif jugé inadapté aux difficultés du secteur.
La déclaration du gouvernement ce jeudi 3 septembre a suscité la colère chez les transporteurs routiers. Invitée chez nos confrères de FranceInfo, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon annonçait la fin des aides ciblées pour le secteur, tandis qu'elles étaient prolongées de deux mois pour le BTP, ou encore pour les pêcheurs.
Selon le secrétaire général Rhône-Isère de la fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) Maxime Faure, "le gouvernement a montré son désintérêt pour la profession, qui s'est résignée. C'est un non-sens de nous exclure". Ce dernier dénonce également "une défaillance du traitement des dossiers d'aides" (accordées au secteur pour les mois d'avril et mai), ainsi "qu'un problème de la manière dont ont été pensées celles-ci."
"Ces aides 'rapides' ne le sont pas"
Pour rappel, le Premier ministre Sébastine Lecornu avait accordé des aides ciblées aux transporteurs sur les mois d'avril et mai pour combler la hausse du carburant, "principal poste de dépenses dans le secteur après les salaires", explique Maxime Faure. Ce coup de pouce aurait dû permettre à la profession de combler les avances de trésorerie faites à leurs clients, une part du carburant utilisé par les transporteurs étant à leur charge.
"Au départ, nous ne voulions pas d'aides, mais plutôt la baisse de la taxe gazole. Le problème, c'est que ces aides qui devaient être 'rapides' ne le sont pas. Aujourd'hui, de nombreuses personnes n'ont pas été payées. Par exemple, à l'échelle du Rhône et de l'Isère, les 3/4 des dossiers pour les aides d'avril ont été traitées en août, c'est une hérésie. Au niveau des délais, c'est un échec, tacle le secrétaire générale de la FNTR. La première vague, lancée en avril 2026, n’a commencé à être versée qu’à partir de la mi-juillet, avec une majorité des paiements intervenus en août. Sur 11 158 dossiers déposés, seuls 6 980 ont été traités à ce jour, rapporte l'Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE). "A ce rythme-là, les transporteurs ne seront pas payés à la fin de l'année", ironise Maxime Faure, avec une pointe de gravité.
Reformer le système d'indexation
Concrètement, les aides gouvernementales s'élevaient à "500 euros par camion, 400 par porteur, et 70 euros pour un autocar", explique Maxime Faure. Cependant, au-delà des 5 000 euros, si l'entreprise réalisait une bonne année, le gouvernement pourrait demander le remboursement de l'aide l'année suivante. "Cela devient un prêt", déplore Maxime Faure.
Le secrétaire général de la branche Rhône-Isère de la FNTR réclame également une réforme du système d'indexation gazole, qui permet de faire payer une partie du carburant à leurs clients. Pour justifier la fin de cette aide aux transporteurs, le gouvernement juge que cet outil doit leur permettre de répercuter la hausse des carburants sur leurs clients. "Ce n'est pas si facile, notamment pour les petites entreprises, qui ne peuvent pas se permettre de perdre des clients qui ne veulent pas payer plus cher", juge Maxime Faure.
Des travaux ont d'ailleurs été engagés à cet effet en juillet 2026 pour simplifier et renforcer ce mécanisme d’indexation. La FNTR et les autres organisations demandent "plus de lisibilité et d'objectivité" sur cet outil. A l'avenir, Maxime Faure espère un traitement plus efficace des aides, alors que le secteur "souffre de la baisse de la consommation liée à l'inflation", notamment dans le Rhône-Isère.
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