Article payant

À Lyon, la guerre en Iran fait vaciller la reprise immobilière

Entre flambée des coûts, remontée des taux et regain d’anxiété des ménages, la guerre en Iran a concrètement un impact sur le marché lyonnais. Le spectre d’une fièvre inflationniste menace de gripper à nouveau les ventes, quatre ans après le début de la guerre en Ukraine.

Le moral des clients est sombre comme le fond d’un fût de baril.” Dans les agences immobilières lyonnaises, la formule revient comme un avertissement. Depuis le début de l’enlisement de la guerre en Iran, les acteurs du marché voient ressurgir un vieux spectre : celui d’un marché immobilier paralysé par le retour de l’inflation, ravivant le traumatisme de 2022 et de la guerre en Ukraine qui avait provoqué un recul de -13 % des prix du marché lyonnais. “Ça ne sent pas bon. On a des appels très inquiets de nos vendeurs et de l’autre côté les acquéreurs veulent soit accélérer les choses de peur de subir une crise à venir dans les prochains mois, soit laisser tomber”, explique le patron d’une agence Century 21 de l’Est de Lyon. De fait, le ciel s’assombrit de nouveau entre Rhône et Saône. Après deux années d’embellie durant lesquelles la confiance dans la pierre reprenait son envol avec des volumes de ventes en hausse, le marché semble se préparer à plonger une nouvelle fois la tête sous l’eau. Les craintes se focalisent sur l’impact du blocage du détroit d’Ormuz, où transite notamment 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Le coût du fret maritime a augmenté de 75 %. Problème : présents sur toute la chaîne de valeur, de la production à la consommation en passant par les transports, les prix de l’énergie ont un impact direct sur l’inflation. La logique est connue : l’inflation des biens de consommation entraîne la hausse des taux de crédit, qui conduit à un ralentissement des marchés dépendant des prêts bancaires, l’immobilier en première ligne.

Lyon n’échappe donc pas à la morosité ambiante. Ce climat d’incertitude se ressent dans les arrière-cours des institutions lyonnaises de l’immobilier qui redoutent les décisions des ménages et, in fine, l’impact sur le marché. Sur le terrain, les professionnels rapportent déjà une chute comprise entre -10 % et -20 % des demandes des acquéreurs depuis avril, en comparaison avec l’année dernière. “Nous sommes au milieu du gué, dans le brouillard de la guerre, avec de multiples effets papillon à tous les niveaux. Il faut donc de l’humilité, dire franchement que nous ne savons pas ce qui va se passer et continuer de soutenir ceux qui en ont besoin”, témoigne Pierre Clocher, délégué du Comité des banques, qui assure que les banques continuent de prêter malgré la conjoncture. Lyon intra-muros voit son prix médian pour les appartements anciens s’établir à 4 400 euros le mètre carré, en baisse sur le premier trimestre.

+20 % des prix des matériaux

Outre l’aspect psychologique, les répercussions de la crise géopolitique sont déjà bien concrètes pour les acteurs lyonnais les plus exposés. En première ligne, les entreprises du BTP. L’impact le plus immédiat se lit à la pompe et, par extension, sur les factures des entreprises. Parmi les hausses les plus importantes, le bitume, dérivé direct du pétrole et utilisé massivement sur les chantiers, a vu son prix bondir de +40 % entre mars et avril 2026. Même chose pour les matériaux comme le PVC, les isolants ou les colles, utilisés pour les logements, qui subissent une hausse de +20 % sur la même période.

Il vous reste 69 % de l'article à lire.
Article réservé à nos abonnés.

Connectez vous si vous êtes abonné
OU
Abonnez-vous

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut