La nouvelle majorité métropolitaine veut rouvrir la rue Grenette aux voitures à Lyon, mais la réalité s'avère complexe : risques d'embouteillages, impact sur les 100 000 usagers TCL quotidiens et contraintes d'aménagement.
C’est une promesse de campagne qui était assez simple sur le papier : rouvrir la rue Grenette aux voitures. Elle a été réitérée par Véronique Sarselli et ses soutiens dans les heures suivant leur victoire aux élections métropolitaines. La nouvelle majorité maintient cet objectif mais temporise. La réalité est infiniment plus complexe que l’engagement de campagne électorale. Si la circulation était rétablie dans l’axe ouest-est, comme avant la mise en place de la ZTL, les voitures devraient se mêler aux bus. Avec le risque d’embouteillages et de retards pour les 100 000 voyageurs du réseau TCL par jour qui empruntent la rue Grenette. La déviation des bus sur la partie nord de la République semble difficile. La rue Serlin est quasiment réaménagée et tout démolir serait le type de gabegie qui pollue un début de mandat.
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De même que le retour de bus rue de la République ou place des Terreaux ne s’inscrirait pas dans le sens de l’histoire. “Revenir à 10 000 voitures, c’est une réaction pire qu’un conservatisme”, alerte, dans “6 minutes chrono”, Pierre Rauzada, président de l’association Les Droits du piéton du Rhône. “Ils vont devoir avoir quelques victoires symboliques. Il faut qu’on les accompagne pour les empêcher de faire des grosses conneries en les orientant vers des compromis”, sourit un adjoint lyonnais. La réouverture aux voitures ne fait d’ailleurs pas consensus. Parmi les pistes symboliques, la Métropole pourrait étudier une ouverture hors des heures de pointe, solution imaginée par Véronique Sarselli pour les couloirs de bus, ou une expérimentation temporaire de quelques mois.
Et si la gauche n'arrivait pas récuper la métropole !