Vue depuis une cellule de détention sur la cour de promenade du centre pénitentiaire de Villefranche-sur-Saône. Crédit : J.Pain

On s’en serait bien passé : la surpopulation record dans les prisons d’Auvergne-Rhône-Alpes

En Auvergne-Rhône-Alpes, les prisons atteignent un point de rupture. Surpopulation record, manque de personnel, conditions indignes : le système carcéral régional vacille, et les professionnels ne cachent plus leur désarroi.

Un seuil symbolique vient d’être franchi. Pour la première fois, plus de 1 000 détenus dorment sur un matelas, à même le sol, dans les prisons de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un chiffre inédit révélé par le syndicat UFAP-UNSa Justice de Lyon, sur le plateau de “6 minutes chrono”, le rendez-vous télé quotidien de Lyon Capitale.

La situation, dénoncée depuis des années, a atteint un niveau que les professionnels décrivent comme une “explosion” en cours.
Les chiffres donnent le vertige. À l’échelle régionale, le taux de surpopulation carcérale atteint en moyenne 160 %, avec un pic à 270 % au Puy-en-Velay. À Lyon-Corbas, emblème de la crise, 1 300 détenus s’entassent dans un établissement conçu pour 650 personnes, soit 200 % d’occupation. Des cellules individuelles accueillent désormais trois ou quatre personnes, en violation flagrante des règles pénitentiaires européennes, qui imposent l’encellulement individuel.

centre semi-liberté Lyon
Centre de semi-liberté de Lyon (rue Semard, 7e) @Antoine Merlet

Cette promiscuité extrême génère tensions, violences et insécurité permanente, aussi bien pour les détenus que pour les surveillants. Ces derniers font face à un double fardeau : ils sont déjà en sous-effectif d’environ 20 %, selon l’UFAP-UNSa Justice de Lyon et voient leur charge de travail s’aggraver chaque jour. Les conseillers d’insertion et de probation, eux, gèrent plus d’une centaine de dossiers chacun rendant tout accompagnement sérieux illusoire.

La réinsertion n’est plus qu’un mot vide. Les syndicats tirent la sonnette d’alarme depuis des mois. Ils réclament des recrutements urgents, une revalorisation des grilles salariales et des conditions de travail dignes. Sans réponse à la hauteur, la question n’est plus de savoir si la situation va exploser mais où.

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