À l’occasion du combat de Cyril Gane face à Alex Pereira à la Maison Blanche, la start-up villeurbannaise Protooth a conçu un protège-dents sur mesure pour le champion français.
Le 14 juin prochain, à l'occasion des 80 ans de Donald Trump, le combattant français de MMA Cyril Gane affrontera le brésilien Alex Pereira pour le titre par intérim de champion du monde des points lourds, à la Maison Blanche. Un évènement qui témoigne de la montée en puissance de ce sport mélangeant plusieurs arts martiaux. Lors de ce choc, la région lyonnaise aura joué un rôle en cas de victoire de Cyril Gane. En effet, le combattant a fait appel à l'entreprise villeurbannaise Protooth pour la confection de son protège-dents personnalisé.
Une ambition qui part d'un constat pour ses deux fondateurs : "on pratique tous les deux des sports de combats, et on s’est rendu compte que même les professionnels n’avaient pas une protection adaptée à leur morphologie. Il y avait un gap entre être un pro et être équipé comme un pro", expliquent Louis Valentin et Ricky Koloko. Alliant leurs formations respectives en prothèses dentaires, et en commerce, ces deux amis d'enfance fondent leur entreprise en 2024, avec l'objectif de proposer des protèges-dents faits sur mesure pour les sportifs issus de sports de contacts, comme le MMA, la boxe, mais aussi le basket ou le rugby. Concrètement, les athlètes peuvent choisir la couleur, mais aussi les motifs présents sur leur protection, réalisée à base d'EVA (Ethylène-Vinyle-Acétate) et de Silicone médical.

Un enjeu de protection de plus en plus important
Les exemples se multiplient. De nombreux sportifs soulèvent l'importance de la protection. Dans le football, Raphaël Varane milite pour l’interdiction des têtes pour les enfants de moins de 12 ans. Pour son cousin de l'ovalie, Sébastien Chabal confiait ne plus avoir en tête certains souvenirs de sa longue carrière.
Un enjeu qui fait également partie des motivations de Louis Valentin et Ricky Koloko : "Il y a une partie de pédagogie nécessaire. Une mauvaise protection peut entrainer des problèmes très graves. On a voulu proposer un produit avec du matériel haut de gamme qui s'adaptent à chaque athlète, pour qu'ils absorbent mieux les chocs. Un protège-dents bas de gamme ça ne protège pas des commotions cérébrales."
Concrètement, leur épaisseur varie selon la discipline : "pour des combattants de MMA, on va être entre 5 et 6 millimètres quand au basket il y a moins de contact, donc l'épaisseur d'un protège-dents va faire 2 millimètres", développe Ricky Koloko.

Un marché en pleine effervescence
Si, pour l'instant, leur activité se concentre sur la confection de protèges-dents personnalisés aux particuliers, les deux amis espèrent dans les prochains 24 mois équiper des fédérations françaises, "c'est en cours" confie Louis Valentin. Cependant, leur véritable objectif concerne le développement de protèges-dents connectés, dont la puce présente à l'intérieur permet de déceler les chocs qui peuvent entraîner des commotions.
Actuellement, cette technologie est uniquement exploitée par des sociétés américaines, "nous serions les premiers à le faire en France" ambitionnent les deux fondateurs de Protooth. Pour mettre en oeuvre ce développement, ils cherchent à rejoindre un incubateur pour être conseillés, mais aussi à lever des fonds.
A noter que le marché des protèges-dents sportifs est en pleine croissance. Selon les chiffres d'Insight Partners, celui-ci s'accroit de 10,4 % annuellement et devrait atteindre 6,7 milliards de dollars en 2031, contre 3,03 milliards en 2023.
Le processus de création d'un protège-dents
1- prise d'empreinte individuelle du sportif
2- Étude de la morphologie et du sport pratiqué
3- Fabrication en laboratoire
4- Contrôle qualité et ajustements
5- Livraison et suivi personnalisé
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