Expo Alain Guillemaud

On a testé l’expérience Polaroid la plus immersive de Lyon

Et si vous entriez à l’intérieur d’un Polaroid ? On a testé à Lyon une exposition immersive où hasard, matière et couleurs redéfinissent totalement la photographie.

Oubliez tout ce que vous savez de la photographie. Ici, l’image n’est ni nette, ni figée. Elle bouge, elle résiste, elle dérape. On a plongé dans Instants Polaroid, présentée aux Archives de Lyon du 11 mars au 11 juillet, une exposition immersive à Lyon qui fait du hasard et de l’accident une véritable expérience.

Très vite, le parcours s’organise en plusieurs séquences. L’exposition se déploie autour de différents "instants" (saisir, créer, étirer, provoquer), comme autant de façons d’entrer dans l’image. On circule, on change d’ambiance, on expérimente.

Dans "Saisir l’instant", la première étape, place à la flânerie. Des images dominées par le bleu, des scènes maritimes, mais sans cliché. Ici, tout est affaire de sensation. On regarde, puis on ressent.

"Créer l’instant" ensuite : une étape où le photographe ne laisse rien au hasard et construit entièrement chaque photographie à travers la nature morte. Alain Guillemaud compose minutieusement ses images. Il transforme des objets ordinaires en scènes pensées comme des instants suspendus, devenant support de mémoire. "Pour moi, elles offrent un espace de liberté totale" confie Alain.

L'étape "Étirer l'instant" est le prolongement d’un lieu au-delà de son temps réel. Les espaces abandonnés ou les lieux plus abstraits ouvrent la voie à des univers plus oniriques. Ils laissant une large place à l’interprétation du spectateur. Selon Alain, "chacun se raconte sa propre histoire dans les images, avec des interprétations libres. Je n'impose pas une idée.".

Enfin, "Provoquer l'instant" fait basculer l’image dans l’inattendu en déclenchant volontairement l’accident : "démonter le Polaroid, faire vieillir les films, voir ce qu'il en reste (...), cela raconte autre chose". "Ce que je cherche, c'est ce qui résiste, ce qui échappe, ce qui dérape un peu", explique le photographe. Il fait ainsi de l’image un espace où le hasard prime sur le contrôle.

De la publicité à l'expression artistique

Alain Guillemaud s’est formé dans des studios publicitaires lyonnais et a débuté sa carrière en 1987. Dans l'environnement exigeant de la publicité, chaque détail est pensé en amont. L’éclairage, la précision technique, les idées, tout doit être parfaitement maîtrisé dès la prise de vue, à une époque où l’argentique ne laisse que peu de place à l’erreur : "il n'y avait ni écran d'ordinateur, ni Photoshop" explique Alain. "On n'avait aucun moyen de contrôler si l'image était correct ou pas." ajoute t-il.

En parallèle, le photographe a développé une pratique plus personnelle. Il a exploré d’autres formes, d’autres rythmes, laissant une place croissante à l’accident et à l'incertitude. "Le Polaroid avait un côté un peu magique avec ses couleurs décalées, ses accidents (...) il y avait vraiment un aspect très particulier et je crois que c'est un peu ce qui a démarré ma carrière artistique en Polaroid.".

"Saisir l'instant, créer l'instant, étirer l'instant, provoquer l'instant"

Alain Guillemaud explore le temps et l’imperfection avec le Polaroid. Il laisse les accidents et les altérations transformer chaque image. Il privilégie la couleur, la texture et le hasard plutôt que la perfection ou le sujet.

Instants Polaroid accueille le public gratuitement. L’exposition propose des ateliers pour découvrir l’univers de l’artiste. Elle valorise les pratiques photographiques alternatives et invite à ralentir pour apprécier l’imprévu.

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