La CGT spectacle du Rhône a interrogé les candidats aux municipales à Lyon et Villeurbanne sur leurs engagements pour la culture. Le syndicat en profite aussi pour tacler le duo Aulas-Sarselli.
"Dans le contexte de grande inquiétude qui frappe les professionnel·les de la culture", la CGT spectacle du Rhône a interrogé les candidats aux municipales à Lyon et Villeurbanne sur sept grandes thématiques. Lundi 9 mars, le syndicat a publié les résultats de son questionnaire. A noter que les listes d'extrême droite n'ont pas été invitées à se positionner en raison du "combat" que mène la CGT à leur égard.
Les thèmes abordés concernaient la liberté d'expression et de création, l'engagement financier et la transparence culture, les conditions de travail dans la culture, le dialogue social, l'accès à la culture pour les plus précaires, les ateliers et ateliers-logements pour les artistes et auteurs, et enfin, le financement du GIP café culture. A Lyon, quatre candidats ont répondu présent à l'appel du syndicat. Il s'agit de Grégory Doucet (Union de la gauche et des écologistes), Anaïs Belouassa Chérifi (LFI), Delphine Briday (Lutte ouvrière) et Georges Képénékian (DVC). A Villeurbanne, seuls le maire sortant Cédric Van Styvendael (PS) et Mathieu Garébédian (LFI) ont fait valoir leurs propositions.
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Les réponses des candidats au questionnaire de la CGT :
Liberté d’expression, de création et de programmation
Delphine Briday : Critique la baisse des subventions culturelles qui menace l’indépendance des artistes et estime que la défense de la liberté artistique repose surtout sur la mobilisation des artistes et des travailleurs.
Anaïs Belouassa-Cherifi : Défend une liberté artistique totale ; la collectivité ne doit pas intervenir dans les contenus et la diversité des points de vue est essentielle à la vie démocratique.
Grégory Doucet : Veut protéger la liberté d’expression en relançant une charte nationale et en développant des lieux d’accueil pour les artistes menacés ou censurés.
Georges Képénékian : Estime que la collectivité doit soutenir les projets culturels sans intervenir dans les contenus artistiques, afin de garantir le pluralisme culturel.
Villeurbanne :
Cédric Van Styvendael : Aucun contrôle sur le contenu des programmations des lieux subventionnés, soutien au Festival AntifaFest.
Mathieu Garabedian : Aucun droit de regard sur les programmations des structures subventionnées, propose la création d’une Maison des médias indépendants, s’oppose à la privatisation de l’Astroballe, et souhaite créer un système de billetterie propre dont les gains seraient attribués aux GIP Cafés-Cultures.
Financement culturel et transparence
Delphine Briday : Favorise une totale liberté d’expression et de publication pour ceux qui travaillent dans le secteur culturel.
Anaïs Belouassa‑Cherifi : Veut une politique culturelle transparente et lisible, avec publication claire des critères d’attribution des subventions, explication des priorités politiques et bilans réguliers.
Grégory Doucet : Soutient un financement pluri-annuel des structures culturelles, considère la culture comme levier de cohésion sociale plutôt qu’ajustement budgétaire, propose une convention citoyenne et une présentation pédagogique et transparente des financements.
Georges Képénékian (Divers centre) : Favorise un engagement pluri-annuel pour les structures culturelles établies et structurantes, en insistant pour que les budgets culturels ne soient pas utilisés comme variable d’ajustement.
Villeurbanne :
Cédric Van Styvendael : Étude de financements pluri-annuels avec durées adaptées à l’ancienneté des compagnies, sécurisation via des conventions de 3 ans, transparence et évaluation publique des attributions, publication annuelle des subventions, et future gratuité de l’École Nationale de Musique pour les foyers modestes.
Mathieu Garabedian : Favorable à un financement pluri-annuel d’au moins 3 ans, sanctuarisation de certaines structures comme la MJC, et ouverture des commissions d’attribution des subventions à tous les élus, associations et chercheurs, avec une attention aux droits culturels au Rize.
Amélioration des conditions de travail
Delphine Briday / Anaïs Belouassa‑Cherifi : Favorable à la fin de l’auto-entrepreneuriat imposé.
Grégory Doucet : Favorable à la fin de l’auto-entrepreneuriat imposé, au non-recours aux CDD administratifs, et souhaite renforcer les contrôles pour prévenir et sanctionner le travail dissimulé.
Georges Képénékian : Met l’accent sur la précarité structurelle et la nécessité de respecter scrupuleusement les conventions collectives et le droit du travail pour protéger les équipes et la qualité artistique.
Villeurbanne :
Cédric Van Styvendael : Rémunération uniquement via contrats de cession ou déclarations GUSO ; les contrôles ne relèvent pas de la Ville mais sont intégrés dans les conventions d’objectifs.
Mathieu Garabedian : Répond favorablement aux questions sur la rémunération et propose de lutter contre la précarité en mettant en place des plans de titularisation pour les agents.
Dialogue social
Delphine Briday : Favorable à un dialogue social inclusif, participation aux instances COREPS et COEF culture, transparence et traçabilité des échanges avec les partenaires sociaux, et libre accès aux transports en commun et musées pour les personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
Anaïs Belouassa‑Cherifi : Soutient le dialogue social, la concertation régulière sur les orientations, priorisations budgétaires et conditions de travail, participe aux COREPS et COEF culture, et engage la transparence et la traçabilité des échanges avec les partenaires sociaux.
Grégory Doucet : Favorable au dialogue social, mais prévoit sa mise en œuvre directement après les élections.
Georges Képénékian : Insiste sur "un dialogue social structuré et régulier."
Villeurbanne :
Cédric Van Styvendael : Rémunération via contrats de cession ou déclarations GUSO, contrôles intégrés dans les conventions d’objectifs mais hors compétence directe de la Ville, considère que la concertation COREPS doit se tenir au niveau régional, et prévoit une publication élargie des subventions et des critères élaborés en lien avec le secteur associatif.
Mathieu Garabedian : Dialogue social structuré autour de projets de service où les agents municipaux peuvent être force de proposition, avec l’association des syndicats ; concertation prévue dans la mesure du possible.
Accès à la culture pour les personnes précaires
Delphine Briday / Anaïs Belouassa‑Cherifi : Oui au libre accès aux transports en commun et aux musées pour les personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
Grégory Doucet : Non au libre accès total, propose plutôt des mesures comme les mercredis à prix libre dans les musées.
Georges Képénékian : Défend que l’accès à la culture ne doit pas dépendre des ressources, avec un accent sur les pratiques amateurs et l’enseignement artistique.
Villeurbanne :
Cédric Van Styvendael : Ne se prononce pas.
Mathieu Garabedian : Oui au libre accès aux transports en commun et aux musées pour les personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
Ateliers et ateliers-logements pour les artistes
Delphine Briday / Anaïs Belouassa‑Cherifi : Oui pour créer et sécuriser des ateliers à loyer modéré ou gratuit, travailler avec les bailleurs sociaux pour des ateliers-logements, et inclure une clause culturelle dans les conventions de gestion de locaux.
Grégory Doucet : Souhaite approfondir la mise à disposition de locaux commerciaux et baux commerciaux de la ville, et étudier la possibilité d’ateliers-logements pour les artistes.
Georges Képénékian : Propose de mobiliser les locaux municipaux et de passer des conventions avec les bailleurs sociaux pour apporter des solutions concrètes.
Villeurbanne :
Cédric Van Styvendael : Pas de proposition spécifique pour les artistes auteur·es, mais favorable aux compagnies et structures en recherche, trouve les conventions avec les bailleurs intéressantes et soutient la clause culturelle.
Mathieu Garabedian : Favorable à créer et sécuriser des ateliers pour artistes auteur·es à loyer modéré ou gratuit, mais sans utiliser d’argent public pour financer des loyers à des privés ; souhaite travailler avec les bailleurs sociaux pour lutter contre les locaux vides et développer des ateliers-logements.
Financement du GIP Café Culture
Delphine Briday / Anaïs Belouassa‑Cherifi : Oui pour restaurer l’enveloppe de 50.000 € pour les HCR, adhérer au Métro pour les GIP cafés-cultures, et abonder le fonds soutenant les occasionnels hors HCR.
Grégory Doucet : Le Café culture sera de nouveau alimenté en 2026 ; le budget pour les artistes hors HCR sera étudié dans un prochain mandat.
Georges Képénékian : Souligne que les GIP cafés-cultures soutiennent l’emploi et luttent contre le travail illégal dans les petites structures.
Villeurbanne :
Cédric Van Styvendael : Soutien les GIP Cafés-Cultures, en priorisant actuellement les cafés-restaurants. Il est favorable au vivre ensemble dans tous les quartiers et s’engage à travailler dans la confiance et la transparence avec le CCO et la MJC pour assurer leur pérennité, en intégrant nouveaux acteurs culturels et direction.
Mathieu Garabedian : Oui pour abonder les GIP Cafés-Cultures ; favorable au vivre ensemble, avec étude des besoins de rénovation. Il soutient la régulation collective des activités festives via les comités de quartier et renforce le soutien aux institutions culturelles de proximité en difficulté.
Le syndicat tacle le duo Aulas / Sarselli
Dans son communiqué, la CGT spectacle du Rhône explique que le duo Jean-Michel Aulas- Véronique Sarselli, est "d’accord avec l’ensemble de (son) programme", d'après un coup de fil passé à Florence Verney-Caron, ex- première vice-présidente culture à la région Auvergne Rhône-Alpes de Laurent Wauquiez et représentante de la liste Grand Cœur lyonnais. Pour autant, le syndicat reste mesuré car "il est difficile d’accorder de la crédibilité à des promesses faites au téléphone quand les déclarations publiques de Jean-Michel Aulas portent sur de nouveaux projets pharaoniques (par ailleurs écocides) qui paraissent incompatibles avec les promesses de gratuité généralisées, et avec une politique culturelle ambitieuse."
Concrètement, la CGT spectacle du Rhône appelle les professionnels de la culture à ne pas voter pour des listes d'extrême droite ainsi qu'à "empêcher coûte que coûte l’élection des listes menées par Jean-Michel Aulas, Véronique Sarselli et Sophie Cruz à Villeurbanne."
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