Entre défense de la tradition et transition écologique, les candidats dévoilent leurs positions sur l’avenir des bouchons lyonnais.
L'association de défense des authentiques bouchons lyonnais a interpellé les candidats aux élections municipales sur l'avenir patrimonial
des bouchons lyonnais. Cinq des sept candidats sollicités ont répondu : Gregory Doucet (union de la gauche et des écologistes) Jean-Michel Aulas (LR-Renaissance), Georges Képénékian (DVD), Alexandre Dupalais (UDR-RN) et Philippe Dulac. Anais Belouassa-Cherifi (LFI) et Nathalie Perrin Gilbert DVG) n'ont pas répondu.
"En résumé, explique l'association, Gregory Doucet lie la gastronomie à la transition écologique et sociale; Jean-Michel Aulas et Georges Képénékian misent sur une protection foncière et structurelle (le contenant et l'outil de travail); Alexandre Dupalais se pose en défenseur radical de l'accessibilité automobile et de la tradition contre la politique actuelle de la ville et Philippe Dulac porte une vision de résistance culturelle et fiscale pour préserver l'identité populaire du bouchon."
Voici les réponses que nous reproduisons fidèlement.
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Patrimoine et reconnaissance (Unesco) : le consensus
Tous les candidats soutiennent la candidature des bouchons lyonnais au patrimoine mondial de l'Unesco.
Alexandre Dupalais propose une protection élargie incluant non seulement les recettes mais aussi le décor l’environnement urbain et la "mémoire" (anecdotes, histoire des mères).
Philippe Dulac insiste sur la sauvegarde de l'authenticité contre la "standardisation" et souhaite sanctuariser l'appellation "Bouchon Lyonnais" pour éviter les usurpations commerciales.
Gregory Doucet et Jean-Michel Aulas se réfèrent, eux, à l'héritage de Raymond Barre. Le maire sortant souhaite toutefois moderniser l'image en mettant en avant de "nouvelles Mères Lyonnaises" (Tabata Mey, etc.).
Georges Képénékian quant à lui définit le bouchon comme un "patrimoine vivant" essentiel au rayonnement international de la ville.
Soutien économique et transmission
Alexandre Dupalais propose des mesures d'urgence : un fonds d'aide (prêts garantis par la Ville) et une mission dédiée à l'Hôtel de Ville pour accompagner la transmission des fonds de commerce.
Jean- Michel Aulas et Georges Képénékian prônent l'usage offensif du droit de préemption commerciale et la création d'un fonds pour racheter les murs afin d'éviter la transformation en fast-food.
Gregory Doucet privilégie une régulation nationale des baux commerciaux et un plan d'investissement pour la rénovation des commerces de proximité.
Philippe Dulac souhaite un allègement drastique des taxes locales pour les établissements labellisés "authentiques" afin de compenser l'inflation des matières premières.
Urbanisme, mobilité et accessibilité : le point de rupture
Le bloc "pro-voiture/accessibilité"
Alexandre Dupalais veut supprimer la zone à trafic limité (ZTL), rouvrir la rue Grenette et instaurer trois heures de stationnement gratuit pour les clients des restaurants.
Philippe Dulac dénonce une "écologie punitive" et demande le maintien impératif de l'accès automobile pour la clientèle extra-muros et les livraisons.
Le bloc "transition écologique"
Gregory Doucet défend la piétonnisation et la végétalisation comme leviers d'attractivité. Il propose dix jours de gratuité par an et renforce les transports nocturnes.
La ligne médiane
Jean-Michel Aulas et Georges Képénékian acceptent la piétonnisation mais exigent une concertation "rue par rue" pour garantir que les flux de clientèle ne soient pas interrompus.
Éducation et gastronomie durable
Alexandre Dupalais s'oppose à la gratuité des cantines (pour valoriser le prix du travail des producteurs) et veut intégrer des recettes de chefs lyonnais dans les menus scolaires. Il rejette la "politisation de l'assiette" (défense du porc).
Gregory Doucet mise sur la sensibilisation précoce : cours de cuisine périscolaires potagers dans les écoles et création d'une ferme municipale à Cibeins.
Philippe Dulac propose la création d'un "Conservatoire du Goût" pour former les jeunes aux produits tripiers et aux traditions locales souvent délaissées.
Jean-Michel Aulas et Georges Képénékian insistent sur le renforcement des liens avec les lycées hôteliers pour assurer la relève professionnelle.
Symboles et visions culinaires
Alexandre Dupalais choisit la figure d'Arlette Hugon et met en avant la quenelle comme symbole d'authenticité.
Gregory Doucet prône une gastronomie de partage et inclusive (pâté en croûte, gratins de cardons) tout en excluant l'élevage intensif de la commande publique.
Jean-Michel Aulas souhaite transformer la Cité de la Gastronomie en un hub opérationnel reliant directement les producteurs locaux aux restaurateurs.
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