La Meunière et Le Garet sont deux conservatoires de l’âme lyonnaise, véritables mémoires culinaires de la ville et voraces Gardiens du Temple.
“Aller dans un bouchon, c’est comme revoir Les Tontons Flingueurs, Jour de fê̂te de Jacques Tati ou un film avec de Funè̀s et Bourvil : c’est un classique qui n’a pas pris une ride. Ça nous rappelle nos parents, nos grands-parents. Les bouchons nous permettent d’avoir une mé́moire. C’est presque un lieu de prière où̀ l’on se recueille sur son enfance”.
En 2010, je croisais Jean-Luc Petitrenaud en goguette à Lyon. Le truculent chroniqueur gastronomique de “Carte postale gourmande” et des “Escapades de Petitrenaud” venait se ressourcer et faire “le plein d’énergie”. À l’époque, dans une enquête à l’énoncé caramélisé – “Les bouchons sont-ils en voie de disparition ?” –, qui avait fait un peu de raffut sous les fûts, quand on prenait le temps de discuter avec les tauliers, la quenelle avait le moral en berne et l’andouillette la fraise anxieuse. Certains patrons en avaient ras le tablier de sapeur de voir les pseudo-bouchons prolifé́rer, succé́dané́s au dé́cor nappé à̀ carreaux et tout l’attirail mais sans le souffle.


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Les restaurants du mois à Lyon : La Meunière x Le Garet