Se présentant comme l'un des "meilleurs amis" de Quentin Deranque, Vincent Claudin a été licencié après la découverte de messages racistes publiés sur les réseaux sociaux.
La députée RN Lisette Pollet a annoncé le licenciement d'un de ses assistants parlementaires, Vincent Claudin, en raison de la publication sur des comptes X sous pseudonymes de messages racistes, homophobes et antisémites, révélés par Mediapart mercredi.
Vincent Claudin a été très présent dans les médias ces derniers jours, se présentant comme un des "meilleurs amis" de Quentin Deranque, militant d'ultra-droite mort le 14 février à la suite de violents coups portés par des membres de l'ultra-gauche.
"De l’humour noir hors contexte"
Il a notamment appelé à participer à la marche en hommage au jeune homme samedi, où étaient présentes des figures de l'ultra-droite, et marquée par des saluts nazis. "Cette séparation fait suite à la publication, sur ses réseaux sociaux personnels, de plusieurs messages dont le contenu est en contradiction avec les valeurs, les principes et la ligne de conduite que je défends", a écrit l'élue de la Drôme dans un communiqué publié sur X dans la nuit de mardi à mercredi.
Dans les tweets révélés par Mediapart, Vincent Claudin "affiche son admiration pour le Troisième Reich, son espoir de l'avènement d'un régime fasciste et eugéniste en France, et déverse sa haine des juifs, des personnes racisées et des homosexuels", résume le média en ligne. Il aurait par exemple appelé à "brûler Élisabeth Bornstein et dégager la Constitution" en juin 2022, dans une allusion à l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne, dont le père est un rescapé des camps de concentration.
Des "contenus impardonnables"
Auprès de Mediapart, Vincent Claudin a évoqué des "publications d’un compte anonyme privé, sur le registre de l’ultra-provocation outrancière et sulfureuse et de l’humour noir hors contexte", présentant ses excuses. Vincent Claudin a aussi appartenu au groupuscule d'ultra-droite Lyon Populaire, qui a fait l'objet d'une procédure de dissolution, comme l'avait d'ailleurs reconnu la députée auprès de Mediapart.
Elle assurait qu'il en avait été exclu "en juin 2024", à la suite de "son refus de cautionner" l'attaque survenue en novembre 2023 à la Maison des Passages à Lyon où se tenait une conférence organisée par le Collectif Palestine 69. Une chronologie contestée par Mediapart, soulignant que Vincent Claudin relayait encore en février 2025 les publications de Lyon populaire, quelques semaines avant d'être embauché par Mme Pollet.
Interrogé mercredi sur RTL, le député RN Jean-Philippe Tanguy a fustigé des "contenus impardonnables". Jean-Philippe Tanguy et Lisette Pollet ont tous deux affirmé que la participation de M. Claudin à la marche n'avait pas de lien avec son licenciement. "Quentin, visiblement, était l'un de ses amis", a dit M. Tanguy, trouvant "normal" qu'il ait voulu "lui rendre hommage".
M. Tanguy a également été interrogé mercredi sur le cas de Fernand Beauvillain, candidat RN à Pugnac, près de Bordeaux. Selon le site Les Jours, il a publié entre 2022 et 2025 des messages racistes sur les réseaux sociaux, dans lesquels il se plaint par exemple du "remplacement des Français" dans l'équipe nationale de football. Jean-Philippe Tanguy a dit ne pas être au courant mais indiqué que ce "contenu" allait être examiné.
Fernand Beauvillain, aussi soutenu par l'UDR, avait reconnu auprès des Jours quelques publications "maladroites ou mal interprétées", assurant néanmoins que d'autres relèvent de "l'humour, parfois grinçant".
