La candidate de la droite et du centre aux élections métropolitaines à Lyon souhaite expérimenter l'utilisation de l'intelligence artificielle pour adapter "en temps réel" le fonctionnement des feux tricolores.
Devenue omniprésente dans la vie des citoyens, l'intelligence artificielle s'invite désormais dans les élections métropolitaines. La candidate des Républicains et du mouvement de Jean-Michel Aulas, Grand Coeur Lyonnais, Véronique Sarselli a annoncé ce mercredi son intention d'expérimenter l'utilisation de l'intelligence artificielle pour fluidifier le trafic dans la métropole de Lyon.
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Une expérimentation sur 50 carrefours
La maire de Sainte-Foy-Lès-Lyon s'est rendue mercredi dans les bureaux de l'entreprise Alyce, spécialisée dans la collecte et l'analyse des données liées aux mobilités. "J'aimerais que la Métropole de Lyon devienne pionnière sur le sujet", a déclaré Véronique Sarselli. La candidate souhaite, dès le lendemain de son élection, réaliser une cartographie de 50 carrefours jugés problématiques dans l'ensemble de l'agglomération.
L'intelligence artificielle serait ainsi expérimentée sur ces 50 "noeuds" pour "adapter les feux en temps réel, sous contrôle humain". "Au lieu de suivre un horaire fixe, l'IA anticipe et ajuste les cycles lumineux en temps réel", imagine la candidate dans un communiqué de presse. Actuellement, et en mode de fonctionnement normal, les feux sont en effet réglés selon quatre modes préprogrammés comme l'avait indiqué en décembre auprès de Lyon Capitale, Pierre Soulard, directeur des infrastructures et de l’exploitation des mobilités à la métropole de Lyon.
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"Réduction des temps de trajet jusqu'à - 20 %"
Une forme d'intelligence artificielle est d'ores et déjà utilisée puisque les 2 000 capteurs installés au sol sur le territoire peuvent détecter une anomalie et envoyer le flux vidéo le plus pertinent sur les écrans des opérateurs qui peuvent prendre la main en temps réel. Une intervention qui reste manuelle et donc ponctuelle. Pour Véronique Sarselli, ce fonctionnement n'est pas satisfaisant. "On a bien vu lorsqu'il y a eu de la neige que cela a créé de la congestion", dit-elle.
La candidate invoque les exemples de Los Angeles ou encore Rotterdam avec "des résultats concrets". La maire de Sainte-Foy-Lès-Lyon évoque ainsi une "réduction des temps de trajet jusqu'à - 20 % sur les corridors les plus chargés" et une réduction du nombre d'arrêts jusqu'à - 30 %. Véronique Sarselli estime le coût de l'opération à 1,5 million d'euros, "massivement éligibles à des programmes de cofinancements français et européens".
L'IA nous sauvera-t-elle des bouchons ?
Interrogée dans le cadre d'un dossier sur la gestion du trafic, la chercheuse au laboratoire Génie des réseaux de transport terrestres et informatique avancée (Grettia) de l’université Gustave-Eiffel, Negin Alisoltani estimait auprès de Lyon Capitale que “l’IA ne supprimera pas seule les bouchons quand la demande dépasse la capacité, mais elle peut clairement réduire les retards et l’aléa, mieux coordonner les feux et les priorités, améliorer l’information et le stationnement, et soutenir des politiques de mobilité plus efficaces”.
Au PC Criter de la Métropole de Lyon, la promesse "intéresse" et est déjà explorée indiquait-on, tout en précisant qu'il est impossible d'automatiser au risque d'entraîner des effets en chaîne, chaque intersection étant de fait connectée à d'autres.
La start-up Wintics, qui propose une solution logicielle similaire à celle d'Alyce, expliquait de son côté que les données recueillies peuvent permettre de redéfinir des "scénarios intégrant le rythme de déplacement des vélos", par exemple. Son fondateur Quentin Barenne, indiquait aussi que l'IA peut permettre de “travailler à l’échelle d’un carrefour”. “On pourrait par exemple anticiper le passage au vert d’un feu pour les piétons parce que beaucoup de personnes attendent”, précisait-il.
