Anaïs Belouassa Cherifi, candidate LFI aux municipales à Lyon lors d’un échange avec Christophe Cédat, soutien de Jean-Michel Aulas. (©Capture X)

Municipales à Lyon : le camp Aulas rattrapé par une polémique sexiste

Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, Anaïs Belouassa Cherifi, candidate LFI aux municipales à Lyon, dénonce les propos sexistes de Christophe Cédat, soutien de Jean-Michel Aulas. Si ce dernier maintient ses propos, le camp Aulas ne se sent pas concerné par la polémique.

C'est une polémique entre bêtise et vacuité. La campagne des municipales s'en serait bien passée. Lundi 12 janvier, Anaïs Belouassa Cherifi, candidate LFI à la mairie de Lyon, a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo tournée par un militant insoumis ce weekend au marché de la Croix-Rousse. Dans ce court extrait de vingt secondes, on peut voir la députée LFI croiser Laure Cédat, tête de liste Cœur Lyonnais dans le 1er arrondissement de Lyon et présidente du comité de soutien à Jean-Michel Aulas, également en tractage sur le marché lyonnais.

Avec elle se trouve Christophe Cédat, son compagnon, patron du Café 203 et grand opposant à la mairie écologiste en place. Avec le tract d'Anaïs Belouassa Cherifi dans la main, Christophe Cédat débute : "Je veux bien qu’on n’insiste pas sur le physique, mais par contre sur votre tract en premier, c’est quand même le physique qui apparaît… Plus que les idées, excusez-moi !" Assez surprise par ces propos, la candidate LFI hausse les sourcils mais ne réagit pas. Hors caméra, on entend alors une militante poser une question au patron du Café 203 : "Est-ce qu’à un homme on lui ferait cette réflexion-là ?" "Sans aucun problème" répond immédiatement Christophe Cédat. "Mais si, mais arrêtez. Moi je suis masculiniste !" poursuit-il, sourire aux lèvres, sans vraisemblablement connaître la définition du terme qu'il utilise.

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"Voilà ce qui signifie être une femme tête de liste : subir le sexisme et la misogynie de l'entourage le plus proche de Jean-Michel Aulas" a réagi à la vidéo Anaïs Belouassa Cherifi. Contactée, la candidate LFI juge les propos de Christophe Cédat "particulièrement graves". " Le masculinisme est un mouvement réactionnaire, misogyne et antiféministe, qui vise à placer les droits des hommes au-dessus de ceux des femmes" rappelle-t-elle, demandant au candidat Aulas des "excuses publiques". "L'absence de condamnation claire et sans ambiguïté ne peut être interprétée autrement que comme une forme de complicité implicite" poursuit la députée insoumise.

Également contactée, l'entourage de Jean-Michel Aulas indique n'avoir "aucun commentaire à faire". "Cela ne concerne ni un colistier Cœur Lyonnais, ni un cadre du mouvement" indique-t-on dans l'entourage de l'ancien président de l'OL. Si Christophe Cédat n'a en effet aucune fonction officielle dans le mouvement porté par Jean-Michel Aulas, le patron du Café 203 n'en reste pas moins un soutien de la première heure du candidat. "Quand Fabien Bagnon traite Jean-Michel Aulas de nazi, un élu EELV, personne n’a réagi, alors qu’il s’agissait bien d’une insulte directe, pénalement répréhensible" préfère-t-on rappeler dans le camp Aulas, évoquant une autre polémique de cour de récréation datant de l'été 2025.

"Qu'ils aillent se faire f*utre"

Les propos de Christophe Cédat et cette première polémique de l'année 2026 n'ont pas manqué de faire réagir à gauche. Bruno Bernard a soutenu la députée "face à ce comportement odieux et sexiste" quand Grégory Doucet a dénoncé des "injures d'un autre âge" qui "n'ont leur place ni à Lyon, ni ailleurs." "Le masculinisme tue. S'en revendiquer n'est pas une bravade. C'est une faute politique et humaine grave. J'attends du candidat Aulas une condamnation extrêmement ferme et sans équivoque des propos tenus par ses soutiens ; se taire, c'est cautionner" poursuit le maire de Lyon, candidat à sa réélection.

Contactée par nos confrères du Progrès, Christophe Cédat s'est lui refusé à toute excuse publique : "M’excuser de quoi ? M’excuser d’être honnête, sincère, authentique ? C’est à eux de s’excuser d’être manipulateurs, jamais de la vie je m’excuserais auprès de ces gens-là" déclare-t-il, avant de conclure dans un langage fleuri et tout aussi intelligent que les propos à l'origine de la polémique : "Qu’ils aillent se faire f*utre s’ils ont un problème avec l’humour".

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