Voeux 2026 : les critiques nourries du président du département du Rhône

Personne n'a été épargné, jeudi 8 janvier, par le président du département du Rhône, Christophe Guilloteau, lors de ses voeux aux côtés de la préfète.

Sous les ors de la République, dans le Grand salon néo-baroque de l'Hôtel du Département - Préfecture, le Tout-Lyon était présent, jeudi 8 janvier, pour la cérémonie commune des voeux de la préfète. En toile de fond, les élections municipales de mars. Futurs vainqueurs, futurs vaincus, tous les élus jouaient des coudes sous l'immense peinture au plafond, Le Triomphe de Vénus, illustrant l'amour de la République pour la Nation.

Si la réserve électorale était d'usage lors la cérémonie des voeux du maire de Lyon, élections municipales de mars obligent, en préfecture, Christophe Guilloteau, le président du département du Rhône, s'est quant à lui lâché.

Tout le monde (ou presque) en a pris pour son grade. Et Dieu sait si il y avait des "gradés" dans l'assistance. Ministres, parlementaires, conseillers généraux et départementaux, maires ("les élus de la République à portée d’emmerdement et parfois de violence") des 208 communes du Rhône ("coeur battant de notre nation"), gouverneur militaire de Lyon, consuls, contrôleurs généraux, directeur des finances publiques rectrice de l'Académie de Lyon, archevêque de Lyon, magistrats, etc.

Le réquisitoire a débuté avec "les Mozart de la finance" (les hauts fonctionnaires de Bercy). Il s'est poursuivi à l'endroit du président de la République Emmanuel Macron - pas cité mais sous-entendu -, du Gouvernement, de l'Assemblée nationale. En local, la Métropole et de la Ville de Lyon ont essuyé l'affront, tout comme certains élus - implicitement écologistes et LFI -, mais aussi ceux qui jugent le drapeau "raciste" et ceux qui "préfèrent hisser le drapeau palestinien au fronton de leur mairie" (allusion à peine voilée au maire de Lyon, dont la décision de pavoiser l’Hôtel de ville avec le drapeau palestinien a été suspendue par le juge des référés du tribunal administratif de Lyon). Quant à la dernière flèche, elle a été tirée aux parents démissionnaires : "nos professeurs sont là pour enseigner, et non pas pour éduquer nos enfants. L’éducation revient aux parents."

Petit florilège.

  • Bercy (Ministère des Finances)

"Une crise qui aurait sans doute pu être évitée, si les Mozart de la finance de Bercy avaient eu la clairvoyance de s'intéresser aux rôles des collectivités locales et à leur autonomie financière"

"Demander aux Départements de faire toujours plus avec toujours moins, c'est comme faire tenir un pont avec de la ficelle et du papier"

  • Gouvernement

"J'aurais pu parler en ces mots du dépassement record du nombre de premier ministres nommés en 2025 mais devant vous Madame la Préfète, cela n'aurait pas été élégant"

  • Assemblée nationale

"Cette unité qui faisait sens à l'assemblée nationale, lorsque nous débâtions d'idées et de projets pour la France. Comme nous avons bien fait d'en partir..."

"Voir que ceux qui ont été élus sur un boulevard, et qui l'ont transformé en piste à bicyclette, sans concertation, simplement par dogmatisme, doivent savoir que les électeurs peuvent avoir le vote taquin"

  • Métropole et Ville de Lyon

Sur les embouteillages

"20 minutes de la place Bellecour... Enfin 20 minutes, si il n'y a pas de bouchons sur les quais du Rhône… Chose rare de nos jours. Certains jours nous sommes plus près des 1h30. Merci la Métropole"

Sur la politique cyclable (très appuyée)

"Voir que ceux qui ont été élus sur un boulevard, et qui l'ont transformé en piste à bicyclette, sans concertation, simplement par dogmatisme, doivent savoir que les électeurs peuvent avoir le vote taquin"

"L'économie ne se fait pas en draisienne"

  • Elus (implicitement) écologistes/LFI

"Cette unité que la France voudrait retrouver. Cette unité qui existait lorsque le drapeau tricolore n’était pas jugé 'raciste' par certains. Quand d'autres préfèrent hisser le drapeau palestinien au fronton de leur mairie"

"Cette unité que nous avions lorsque nous nous souhaitions naturellement, sans polémique 'de bonnes fêtes de Noel'"

"Je tiens à vous faire part publiquement du soutien du Département, surtout à l'aube de la signature de ce funeste accord"

Lire aussi : Voeux de Grégory Doucet : "comme un discours d'adieu"

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