Delphine Briday
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Municipales à Lyon : "La mairie a continué à servir les plus riches", déplore Delphine Briday (LO)

Delphine Briday, candidate Lutte ouvrière (LO) aux élections municipales de Lyon, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Candidate Lutte ouvrière aux élections municipales de Lyon, Delphine Briday se place à l'écart du match entre Jean-Michel Aulas et Grégory Doucet. Elle considère, concernant ce dernier, l'alternance peu visible par rapport aux mandats de Gérard Collomb : "La mairie a continué à mener la politique de ses prédécesseurs, c'est-à-dire servir les plus riches dans cette société."

Sur la question du logement, elle prône la réquisition des logements vacants appartenant à des groupes spéculatifs, pour y loger les sans-abri et les mal-logés. Sur les transports en commun, alors que la gratuité des TCL s'est imposée comme un thème de campagne, elle va plus loin sur la question du financement : "Je suis pour que les patrons des grandes entreprises paient l'intégralité des transports en commun", estimant que ce sont eux, premiers bénéficiaires de la mobilité des salariés, qui devraient en assumer le coût.

La retranscription intégrale de l'entretien avec Delphine Briday

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Delphine Briday. Vous êtes candidate aux élections municipales à Lyon pour le parti Lutte ouvrière. Je voulais commencer cette émission en faisant un bilan de ce que les écologistes et leurs alliés de gauche ont pu faire pendant six ans à la Ville de Lyon. Considérez-vous que l’action menée par Grégory Doucet est une politique de gauche ?

Ce que je peux dire, c’est que la mairie a continué à mener la politique de ses prédécesseurs, qu’il s’agisse de Gérard Collomb ou des maires précédents, c’est-à-dire servir les plus riches dans cette société. Le Lyon que je connais reste celui des travailleurs qui ont vu leurs salaires gelés, les licenciements dans la vallée de la chimie, les conditions de travail qui se sont aggravées, que l’on travaille dans le public ou dans le privé. Il y a aussi les difficultés pour se loger, avec des loyers qui n’ont cessé d’augmenter.

Il y a pourtant eu l’encadrement des loyers.

Dans le fond, l’encadrement des loyers n’a rien changé à l’accessibilité au logement pour nous. Le marché du logement fonctionne comme les autres marchés : il y a les promoteurs immobiliers et ceux qui font de la spéculation, et il y a les travailleurs qui ont des difficultés à se loger. On se retrouve obligés de quitter les centres-villes, ce qui rallonge nos journées de travail et augmente aussi le coût des transports. C’est de cela que j’ai envie de parler dans ces élections.

Pour vous, entre Gérard Collomb et Grégory Doucet, vous n’avez vu aucun changement ?

Ce que j’ai vu, c’est que la société a continué de se dégrader.

Ce n’est pas forcément municipal, cela peut être lié à des décisions politiques prises à Paris.

Effectivement. C’est pour cela que je tiens à parler de cela pendant ces élections : pour que la voix des travailleurs et leur réalité quotidienne soient entendues. Les problèmes fondamentaux, comme le logement, les salaires ou l’emploi, relèvent souvent de décisions prises à une échelle plus large qu’une simple localité. Cela signifie qu’un maire peut soit être un point d’appui pour les travailleurs de la région, soit se contenter d’appliquer la politique de l’État.

Si vous étiez maire, que feriez-vous différemment ?

Je réunirais les travailleurs de l’industrie, par exemple ceux dont les emplois sont supprimés dans la chimie. Avec l’équipe municipale, je serais un point d’appui pour lutter contre les licenciements. Je rendrais aussi publics les comptes des municipalités concernant les subventions versées aux grandes entreprises de la région.

Vous évoquiez la question du logement et la difficulté pour les familles, lorsqu’elles s’agrandissent, de continuer à vivre à Lyon. Avez-vous une solution à ce problème ?

Dans la région, il y a des dizaines de milliers de logements vides. Certains appartiennent à des groupes qui font de la spéculation immobilière. Je suis pour la réquisition de ces logements laissés vacants par de grands groupes capitalistes qui spéculent sur les biens immobiliers, afin de loger les personnes sans abri, celles qui sont mal logées ou qui subissent les marchands de sommeil.

La réquisition de logements vacants est souvent une solution temporaire et non un logement pérenne. Elle ne pourrait pas répondre à toutes les problématiques, notamment pour les travailleurs. Comment répondre au-delà de cette mesure ?

Je suis d’accord avec vous : cela nécessiterait de s’opposer à la loi, car aujourd’hui le droit de propriété privée passe avant le droit d’avoir un emploi et un toit. Cela demanderait un appui de la population. J’ai entièrement confiance dans la capacité des locataires et des habitants des quartiers, qui subissent les marchands de sommeil et les loyers très élevés, à s’organiser. Cela demanderait un rapport de force et une organisation collective pour s’opposer à ceux qui spéculent sur les biens immobiliers.

L’un des grands enjeux de ces élections concerne les mobilités. Lyon détient le titre peu envié de capitale des embouteillages. Plusieurs projets de transports en commun sont avancés par Jean-Michel Aulas ou par Grégory Doucet et son allié Bruno Bernard. Comment faciliteriez-vous la vie des Lyonnais en matière de mobilité ?

Aujourd’hui, une partie des transports en commun a été privatisée ou revendue. Pour les travailleurs de ces réseaux, cela signifie toujours des conditions de travail dégradées et durcies. Le problème, c’est que de nombreux candidats proposent la gratuité des transports en commun.

Pas tous, mais certains.

Une grande majorité. La question est de savoir qui paie. Aujourd’hui, c’est la population qui paie à travers les impôts.

Les entreprises paient aussi une cotisation, le versement transport.

C’est une infime minorité. Je suis pour que les patrons des grandes entreprises paient l’intégralité des transports en commun. La plupart du temps, on prend le métro ou le bus pour aller étudier à l’université ou pour aller travailler. Il me semble donc logique que ce soient les grandes entreprises qui financent l’ensemble des transports en commun.

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