Michel Le Faou, conseiller métropolitain et soutien de Jean-Michel Aulasn est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Nouveau soutien de Jean-Michel Aulas, Michel Le Faou, conseiller métropolitain centriste, justifie ce ralliement et son nouveau compagnonage avec Les Républicains, choix qu'il avait repoussé en 2020 : "Je rejoins avant tout Jean-Michel Aulas, qui a su constituer un attelage mettant en synergie un certain nombre d’acteurs politiques de la scène lyonnaise (...) Je me considère comme un homme de centre-gauche, qui porte à la fois des idées autour de la nécessité du développement économique et une vision de la solidarité à l’échelle de notre territoire".
Michel Le Faou, ancien vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l'urbanisme, défend aussi le projet de deuxième tunnel sou Fourvière défendu par le binôme Sarselli-Aulas : "ce n’est pas du tout le même projet. L’Anneau des sciences était une infrastructure de 15 kilomètres, dont 80 % étaient enterrés et 20 % à l’air libre, soit 3 kilomètres. Là, nous sommes sur une infrastructure complètement nouvelle, beaucoup plus courte, de 8 kilomètres, qui assure une jonction directe entre le nord et le sud de l’agglomération. La différence est notable, tant en termes d’emprise et de volumétrie de chantier qu’en termes d’engagement financier, puisque nous serons probablement sur un coût équivalent à la moitié de celui de l’Anneau des sciences".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Michel Le Faou
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Michel Le Faou. Vous êtes conseiller métropolitain et un nouveau soutien de Jean-Michel Aulas, que vous avez récemment rallié. Vous aviez été élu en 2020 sur les listes de David Kimelfeld, une liste d’hiver mêlant gauche et centre, difficile à qualifier. À l’époque, vous aviez refusé une alliance au second tour avec la liste de François-Noël Buffet, Les Républicains, en disant : “Jamais d’alliance avec Les Républicains, avec Laurent Wauquiez.” Aujourd’hui, vous vous retrouvez probablement sur les mêmes listes après avoir conclu cette alliance avec Jean-Michel Aulas. Qu’est-ce qui explique ce changement de position en six ans vis-à-vis des Républicains ?
Je rejoins avant tout Jean-Michel Aulas, qui a su constituer un attelage mettant en synergie un certain nombre d’acteurs politiques de la scène lyonnaise. Il y a des Républicains, bien sûr, mais pas seulement. Il y a aussi des personnes avec lesquelles j’ai travaillé ces dernières années, notamment lors des élections de 2020, qui faisaient partie de notre groupe à la Métropole. Je pense par exemple à Thomas Rudigoz, à Sarah Peillon, qui était porte-parole des listes de David Kimelfeld en 2020, à Loïc Terennes, membre du cabinet de David Kimelfeld, puis secrétaire général du groupe en début de mandature, avant d’être candidat aux législatives, que j’avais soutenu. Je pense aussi à Fouzyia Bouzerda et Pierre Chambon, qui nous ont rejoints au cours de la mandature, ainsi qu’à Éric Desbos, qui fut colistier avec moi en 2020 sur la liste que je conduisais dans le 8ᵉ arrondissement.
Mais qu’est-ce qui faisait que cette alliance très large entre le centre et la droite était impossible il y a six ans, et qu’est-ce qui la rend possible aujourd’hui ?
Ce qui la rend possible aujourd’hui, c’est que cette alliance est certes constituée de partis politiques, mais aussi d’acteurs de la société civile, qui se retrouveront en nombre sur les listes, à la fois pour les élections municipales à Lyon et pour les élections métropolitaines à venir.
Venez-vous du Parti socialiste ? Vous considérez-vous encore aujourd’hui comme un homme politique de gauche ?
Je viens du Parti socialiste. J’y ai exercé quelques responsabilités locales dans les années 2000, mais je n’ai plus d’engagement partisan depuis 2017, au sens d’une adhésion à un parti. J’ai toutefois mes idées.
Vous considérez-vous encore comme un homme de gauche ou non ?
Je me considère comme un homme de centre-gauche, qui porte à la fois des idées autour de la nécessité du développement économique et une vision de la solidarité à l’échelle de notre territoire.
Pour parler du territoire et du cœur du programme de Jean-Michel Aulas, celui-ci commence à se dévoiler. Des annonces très récentes ont été faites, notamment sur un moyen de faire sauter le bouchon de Fourvière, avec la création d’un tunnel sous le tunnel existant. C’est un projet que Lyon connaît depuis les années 1990, d’abord appelé le TOP, Tronçon Ouest du Périphérique, puis l’Anneau des sciences. Aujourd’hui, cela s’appelle la nouvelle traversée sous Fourvière. Est-ce le même projet ?
Non, ce n’est pas du tout le même projet. L’Anneau des sciences était une infrastructure de 15 kilomètres, dont 80 % étaient enterrés et 20 % à l’air libre, soit 3 kilomètres. Là, nous sommes sur une infrastructure complètement nouvelle, beaucoup plus courte, de 8 kilomètres, qui assure une jonction directe entre le nord et le sud de l’agglomération. La différence est notable, tant en termes d’emprise et de volumétrie de chantier qu’en termes d’engagement financier, puisque nous serons probablement sur un coût équivalent à la moitié de celui de l’Anneau des sciences.
Pourtant, il y a six ans, vous étiez opposé à l’Anneau des sciences. Vous disiez qu’il n’y avait pas besoin de nouveaux projets routiers, en tout cas pas celui-là.
Pas celui-là, car l’impact du projet était très important sur certains secteurs de l’agglomération, notamment dans l’Ouest lyonnais, avec les effets liés à la mise en œuvre des échangeurs servant de portes d’entrée et de sortie à l’Anneau des sciences.
Certains évoquaient notamment des atteintes à des réserves naturelles. Et si l’on est sur un tracé direct, cela gomme-t-il ces problématiques ?
Cela en gomme une partie. Mais l’élément significatif de cette annonce, c’est surtout la volonté, enfin, de s’attaquer au problème de la traversée de la ville de Lyon par une autoroute qui traverse son centre. Aujourd’hui, ce sont plus de 110 000 véhicules qui l’empruntent.
C’est une problématique que vous avez connue sous Gérard Collomb, lorsque vous étiez adjoint et vice-président en charge de l’urbanisme. Est-ce si difficile à régler ?
C’est difficile, car il existe différentes solutions.
Tant que l’on cherche à traiter le problème en surface, est-ce impossible ? La seule solution est-elle de contourner le problème, soit avec un Anneau des sciences, soit avec un tunnel de contournement ?
Lorsque l’on observe ce qui s’est fait dans d’autres agglomérations, notamment en Europe, certains exemples sont éclairants. Je pense, par exemple, à Düsseldorf. Une autoroute à deux fois trois voies longeait le Rhin, dans une configuration similaire à celle de Lyon. Le problème a été réglé en enterrant l’autoroute. Cela a permis de reconquérir les rives du Rhin, de redonner une qualité de vie aux habitants et de faire en sorte que ces espaces deviennent agréables, sans être traversés par l’automobile.
Pour conclure, ne peut-on pas imaginer que ce tunnel comportera deux fois deux voies, comme le tunnel actuel, et que l’on retrouvera finalement le même bouchon, simplement déplacé en souterrain ?
Il faudra organiser le trafic de transit à l’échelle de l’agglomération.
Ce que l’on n’arrive déjà pas à faire aujourd’hui ?
On n’y arrive pas aujourd’hui parce qu’il n’existe pas d’infrastructures suffisantes et adaptées.
Cela signifie donc qu’il faut aussi créer des contournements ?
Non, pas du tout. Il faudra gérer la circulation à l’échelle de l’agglomération, faire en sorte que ceux qui transitent sans s’arrêter à Lyon utilisent cette nouvelle infrastructure, et que ceux qui relèvent d’un trafic local utilisent le tunnel de Fourvière existant, qui sera reconverti pour ce trafic local à l’échelle de la ville de Lyon.

Moins cher, moins long mais sans aucune utilité pour le transit local qui représente 80% des gens qui prennent le tunnel de Fourvière. Le transit local continuera a venir en presqu'ile pendant que le super tunnel de Jean-Mi sera désert.
En tant qu'automobiliste, je suis à fond pour le tunnel. Aucune pollution ne sortira des belles bretelles autoroutières de la presqu'île, de Tassin et de Saint Fons. L'architecte s'y est engagé résolument. La pollution partira instantanément dans l'atmosphère !
En tant qu'usager des TCL, je me demande ce qu'il va rester après pour faire des tramways, des métros, des BHNS là où il en manque.
En tant que piéton, je suis un peu inquiet car les trottoirs sont étroits et certains ont l'air de s'en moquer : ils veulent élargir toutes les routes pour faire sauter les bouchons. Tant que les bouchons ne sautent pas, j'ai peur qu'il n'ait pas d'argent pour courir et se balader à pieds.
TEO (le Boulevard Périphérique Nord de Lyon) avait coûté environ 6 milliards de francs (ou un milliard d'euros) en 1995.
Il coûterait quasiment 1,5 milliard aux conditions de 2026.
Le tunnel Aulas-Sarselli est juste deux fois plus long. Il risque donc d'être deux fois plus cher, soit 3 milliards.
Dès son annonce ses promoteurs réduisent le prix prévu à 2milliards. Pas très honnête !
Cela a déjà été dit : le nouveau tunnel traiterait le transit, 15 ou 20 % des passages.
Le trafic local prendra le tunnel actuel ( même Michel Le Faou le concède) : les riverains du cours de Verdun et du secteur de Perrache continueront à souffrir.