Jimmy © Cie Parc

Maison de la danse : Jimmy, un solo à fleur de sol

La Maison de la danse présente, dans le cadre intime de son studio, Jimmy, un très beau solo du chorégraphe Pierre Pontvianne. À ne pas rater !

Créé en collaboration avec le superbe danseur Jazz Barbé, Jimmy de Pierre Pontvianne nous plonge dans une rencontre hypnotisante avec un être mystérieux, vêtu de noir et d’un bonnet bleu qui cache ses yeux, dont le corps, essentiellement au sol, plie, roule, rampe, glisse, se tord et se déploie, jouant de circonvolutions, suspendu entre rêve et réalité. Le travail de Pierre Pontvianne est particulier, qui revendique avant tout la rencontre avec ses interprètes, à la recherche de l’humain, du sensible et de la liberté dans la danse, restant toujours à l’écoute des agitations de notre époque. 

Que ce soit pour ses solos ou pièces de groupes, il ne part jamais d’un sujet mais se laisse porter par l’observation des danseurs, un processus au cours duquel il découvre ce qu’il va développer, élaborant ensuite une écriture précise et construite. Dans cette pièce qu’il qualifie de monologue à fleur de sol, il y avait le pari de laisser s’exprimer le danseur couché sans que cela soit une doctrine de début, avec un corps qui laisse apparaître des mouvements habituellement moins visibles comme avec les pieds et les mains. “Il y a un moment, nous explique-t-il, où quand il roulait, je regardais sous ses pieds me disant que c’était comme regarder le chemin en dessous de quelqu’un. Rapidement se laisse voir ce qu’on peut dire et comment on peut le dire, avec cette contrainte comme celle du bonnet qui cache son regard. Concernant les mains je pourrais dire qu’elles sont le visage, que dans la main, il y a tout un corps et le fait qu’il soit caché ça dit aussi quelque chose de la danse. Ces expérimentations existent dans plein de projets mais ce qu’il y a de singulier ici, c’est comment l’interprète trouve des solutions pour évoluer avec les contraintes. Il faut le regarder comme un point de vue, c’est la manière dont on a choisi de regarder le corps, de nous exprimer à ce moment-là, lui en l’occurrence et puis petit à petit les choses font sens, c’est comme un petit monde qui se fabrique avec une manière d’évoluer dans cet environnement-là.”

Fascinant Jazz Barbé

Au sol, Jazz Barbé raconte et offre des fictions intimes, produisant des images que le spectateur peut transformer par son imagination et son vécu mais l’abstraction peut aussi être là car ce qui fascine par-dessus tout, c’est la manière dont il nous enroule presque dans son corps et ses gestes pour nous faire traverser l’espace avec lui, creusant la répétition de certains mouvements jusqu’à l’épure, composant des variations dans un rapport très sensuel avec le sol jusqu’à ces surgissements fulgurants qui conduisent à d’autres expérimentations et d’autres directions. 

Le rythme est lent, qui s’accélère vers la fin, la musique l’enveloppe comme une chape délicate, exultant par moments des impacts vibratoires qui, sans doute, le bousculent profondément. C’est une véritable émotion que de se trouver ainsi face à ce corps qui explore jusqu’à leur épuisement tous les possibles du geste, qui nous tient en haleine par sa seule présence, réussissant à nous faire voyager dans un état de demi-conscience où l’on se sent vivant sans qu’il n’y ait rien de spectaculaire au plateau, juste la rencontre, belle et rare !

Jimmy - Pierre Pontvianne – Les 15 et 16 janvier à la Maison de la danse

maisondeladanse.com

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