Cédric Van Styvendael
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Cédric Van Styvendael évoque la relation de Villeurbanne avec la Métropole de Lyon : "Nous sommes condamnés à nous entendre"

Cédric Van Styvendael, maire PS de Villeurbanne et coprésident du groupe socialiste à la Métropole de Lyon, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Maire socialiste de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael a rencontré Véronique Sarselli, la nouvelle présidente de la métropole de Lyon, vendredi dernier. Un échange qu'il décrit comme positif : "l'entretien a été cordial". Sur la propreté ou l'entretien de la voirie, il est certain de pouvoir compter sur la Métropole de Lyon : "Nous sommes condamnés à nous entendre pour les habitants de Villeurbanne. Si ce n'est pas le cas, ce sont eux qui en paieront les conséquences".

Sur les grands projets urbains, comme réaménagement des Gratte-Ciel, l'avenir de l'Astroballe et la couverture partielle du périphérique, le maire PS de Villeurbanne attend de juger sur des actes. "Je fais le choix de la confiance pour l'instant", précise-t-il.

Coprésident d'un groupe d'opposition à la Métropole de Lyon, il revendique une posture constructive : "Être élu, c'est servir un territoire, pas se mettre en avant". Il trace toutefois ses points d'attention plus que des lignes rouges sur l'encadrement des loyers ou des politiques sociales comme le RSA jeune.
Le ton est à la cohabitation pragmatique, mais les lignes rouges — encadrement des loyers, politiques sociales, RSA jeunes — sont déjà tracées.

La retranscription intégrale de l'entretien avec Cédric Van Styvendael

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Cédric Van Styvendael. Vous êtes maire socialiste de Villeurbanne et président du groupe socialiste à la métropole de Lyon. Nous allons d’abord évoquer votre rôle de maire de Villeurbanne, même si les liens avec la métropole sont étroits. Vous avez rencontré récemment Véronique Sarselli pour évoquer vos futures relations. Lors du précédent mandat, la métropole était du même bord politique que vous, ce qui a permis de mener de nombreux projets. À la lumière des premières annonces et de votre échange, avez-vous des doutes sur ce que vous pourrez faire avec la métropole ?

Non, il est trop tôt pour en avoir. L’entretien a été cordial. Elle est restée sur sa ligne : vouloir travailler avec les maires de la métropole. Face à cela, je suis à l’écoute. La question est désormais concrète : que signifie travailler avec les maires ? Il y a des projets urbains importants pour Villeurbanne sur lesquels j’attends de voir comment nous allons collaborer. Il y a aussi des sujets du quotidien, comme la propreté ou l’entretien de la voirie. Nous sommes condamnés à nous entendre pour les habitants de Villeurbanne. Si ce n’est pas le cas, ce sont eux qui en paieront les conséquences. Ils ne m’ont pas élu pour l’immobilisme.

Sur la propreté, peut-on imaginer des désaccords ?

Il n’y a pas de désaccord tant que l’on ne parle pas des moyens, des ressources humaines ou des équipements. Nous partageons l’objectif d’une ville plus propre. Je lui ai présenté le travail engagé avec Bruno Bernard sur l’organisation des interventions entre les équipes de la ville et celles de la métropole. Il est trop tôt pour savoir si un accord sera trouvé, mais je n’ai pas perçu de divergence d’objectif.

Certains désaccords ont été identifiés à Lyon, notamment sur la rue Grenette ou la rive droite. À Villeurbanne, certains projets sont-ils remis en question par l’alternance politique ?

Non. J’ai obtenu l’engagement de ne pas revenir sur la piétonisation de l’avenue Henri-Barbusse, qui fonctionne. Je n’ai pas identifié de point de blocage pour le moment. Nous avons des projets importants, notamment la transformation du centre-ville avec le projet des Gratte-Ciel et des constructions de logements déjà engagées. Il n’est pas possible de revenir dessus. Il reste des aménagements d’espaces publics à finaliser, comme la place Chanoine-Boursier. Une première autorisation de paiement a été votée, une seconde est nécessaire. Ce sera un sujet de discussion, essentiel pour l’hypercentre de Villeurbanne. Je fais le choix de la confiance pour l’instant. D’autres projets sont à discuter, comme le devenir du pôle Pixel ou celui de l’Astroballe et de l’ensemble Laurent-Bonnevay.

Vous souhaitez recouvrir le périphérique ? Pensez-vous pouvoir trouver un accord avec Véronique Sarselli sur ce sujet ?

Je ne sais pas. Les études réalisées par la métropole montrent que, dans le contexte financier actuel, une couverture complète n’est pas possible. En revanche, un aménagement partiel entre le cours Émile-Zola et l’Astroballe pourrait être envisagé. Ce sera un sujet de discussion.

Est-il compatible d’être à la fois maire, nécessitant des relations cordiales avec la métropole, et président d’un groupe d’opposition ?

Je copréside le groupe avec Sandrine Runel, mais cela ne change pas la question. Je ne suis pas dans une logique de confrontation systématique. Il est possible d’exprimer clairement des désaccords, comme cela a été fait récemment, tout en cherchant des points d’accord lorsque c’est possible. Nous devons travailler ensemble. Être élu, c’est servir un territoire, pas se mettre en avant. La présidente connaît déjà les sujets sur lesquels je suis attentif, notamment l’encadrement des loyers, les politiques sociales, le RSA jeunes ou encore l’accueil dans les maisons de la métropole. Nous avons commencé à en discuter. L’accueil a été positif. Je note également que Véronique Sarselli a commencé son engagement comme présidente d’un centre social. Cela dit quelque chose de sa vision de l’engagement, même si nous ne partageons pas les mêmes idées.

Lors du dernier conseil métropolitain, l’opposition a critiqué certaines décisions, comme l’augmentation des indemnités ou le retour de certains avantages. Ce type de débat va-t-il structurer l’opposition ?

Ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Il faut de la transparence et éviter tout abus d’argent public. Mais multiplier les polémiques sur les indemnités ne fait pas avancer le débat. Il faut exposer clairement le cadre légal et les décisions prises, puis laisser les citoyens juger. Nous traversons une période de tension sur les finances publiques, ce qui impose une exigence de responsabilité. J’ai décidé de publier chaque année mes dépenses liées à mes indemnités de représentation, au-delà des obligations légales. La transparence est essentielle, et ce sont ensuite les électeurs qui jugent l’action politique au regard des moyens engagés.

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