Emmanuel Visentin, directeur du Parc des Oiseaux qui accueillera le départ de la 9e étape du Tour de France 2027, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Cinquante mille euros pour s’offrir dix millions de téléspectateurs. Pour Emmanuel Visentin, le calcul est vite fait. Le 11 juillet 2027, la 9e étape du Tour de France partira du Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes, onze ans après une première arrivée en 2016. Avec ce retour, le site de l’Ain entre dans un club très fermé, celui des parcs de loisirs français qui ont accueilli la Grande Boucle plus d’une fois, aux côtés du Puy-du-Fou, du Futuroscope et de Disneyland Paris.
Son directeur y travaille depuis 2011. "On considère le Tour de France comme un média", résume-t-il. Et quel média : ce sera la première étape de montagne, peut-être animée par le phénomène régional Paul Seixas. En 2016, le parc avait signé "le meilleur été qu’on ait jamais fait". L’après-midi de l’arrivée, son site Internet avait enregistré 20 000 connexions.
La facture totale pour accueillir le Tour de France s’élève à 100 000 euros. Le Département, la communauté de communes et la commune en paient la moitié. "Un coût qui est extrêmement accessible", assure Emmanuel Visentin. À titre de comparaison, explique-t-il, une campagne d’affichage estivale lui coûte entre 200 000 et 250 000 euros. Le Tour a un autre atout, que le directeur avait sous-estimé en 2016 : son effet auprès des entreprises et des mécènes. "C’est un vrai label."
Reste à protéger les 3 000 oiseaux du parc. L’essentiel du dispositif sera installé sur le parking. Comme en 2016, les hélicoptères devront voler haut et en nombre limité.
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La retranscription intégrale de l'entretien avec Emmanuel Visentin
Bienvenue dans « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de Lyon Capitale. Nous accueillons aujourd'hui Emmanuel Visentin, directeur du Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes. Grosse annonce : le parcours du Tour de France 2027 partira du Parc des Oiseaux pour la 9e étape, le 11 juillet. Comment avez-vous accueilli la nouvelle ?
Je l'ai accueillie il y a trois mois déjà. Je suis au courant depuis début juin, mais il y a toujours une charge émotionnelle quand on se retrouve, comme hier au Palais des Congrès, et qu'on voit le nom du Parc des Oiseaux apparaître. C'est surtout l'aboutissement d'un long travail. C'est la deuxième fois qu'on va accueillir le Tour de France au Parc des Oiseaux.
2016, la première fois ?
Oui, la première fois, il est arrivé au cours de l'édition 2016. En accueillant de nouveau le Tour en 2027, on devient le quatrième site de loisirs français à l'accueillir plus d'une fois, avec le Puy du Fou, le Futuroscope et EuroDisney.
Et comment fait-on, justement, pour accueillir le Tour de France ?
C'est un travail de longue haleine qu'on a débuté en 2011, parce que le parc dispose d'infrastructures qui le permettent. Il y a une vraie culture du vélo dans le département de l'Ain, notamment avec le Tour de l'Ain. Et puis, on a un positionnement géographique qui favorise le passage quasiment chaque année. On a donc appris à travailler avec les organisateurs des courses professionnelles, dont ASO. On a accueilli énormément d'épreuves depuis quinze ans : le Tour de l'Ain, le Critérium du Dauphiné, le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, dont on est maintenant partenaire. C'est vraiment un environnement qui répond chez nous à une stratégie de développement de notoriété, parce qu'on considère le Tour de France comme un média. C'est une épreuve…
Il y a des centaines de milliers de personnes qui regardent…
Plusieurs millions. L'étape qu'on va recevoir le dimanche 11 juillet sera la première étape de montagne, avec, en France, un phénomène régional qui s'appelle Seixas, potentiellement vainqueur du Tour l'année prochaine ou au cours des années suivantes. Donc, potentiellement plus de dix millions de personnes devant la télévision. C'est un média extraordinaire.
Et pour vous, est-ce que vous avez déjà mesuré les effets de 2016 sur la fréquentation et la notoriété du parc ?
C'est simple : on a accueilli le Tour de France le 16 juillet et, en 2016, on a fait le meilleur été qu'on ait jamais fait au Parc des Oiseaux, beaucoup aidés par des conditions météorologiques qui avaient été extrêmement favorables. Juste un chiffre : le nombre de connexions à notre site Internet ce jour-là s'est élevé à 20 000. C'est-à-dire qu'il y a eu 20 000 connexions l'après-midi de l'arrivée du Tour de France.
Il y a plusieurs types de retombées. Il y a une retombée populaire, parce qu'il y a une vraie adhésion de notre génération, de votre génération. La France porte fièrement le Tour de France, c'est un emblème considérable. Il y a donc une adhésion populaire forte qui se fait autour de cela.
La deuxième, c'est ce que j'ai dit précédemment : c'est un média. Aujourd'hui, accueillir le Tour de France est une stratégie de communication pertinente. Et puis, c'est aussi le moyen de générer des relations auprès des partenaires, auprès du monde économique, parce que c'est un vrai label. C'est un vrai label qu'aujourd'hui l'organisateur du Tour de France confirme que le Parc des Oiseaux est à même de le recevoir.
On parlait de levier B2B, sur le business, mais finalement, sur les entreprises, sur le mécénat, cela a vraiment un impact ?
Oui, c'est quelque chose que je n'avais, très humblement, pas mesuré en 2016. Et c'est pour cela qu'on va changer un peu de stratégie et d'organisation sur la réception de 2027.
C'est une labellisation. Le Tour de France qui accepte de venir sur un site comme le Parc des Oiseaux, dans une commune aussi petite que Villars-les-Dombes, je pense que ce sera une des plus petites communes de l'édition, il faut que je le vérifie. Oui, auprès des grandes entreprises, cela porte. Il y a un vrai impact.
Combien coûte l'accueil du Tour de France ?
Je peux être tout à fait transparent là-dessus. Pour le Parc des Oiseaux, le coût sera de 100 000 euros. 100 000 euros hors taxes pour le départ d'étape. Les collectivités, donc le département, la communauté de communes et la commune, sont parties prenantes. Elles en prendront en charge la moitié.
La moitié, donc 50 000 euros pour le parc. C'est quand même beaucoup pour le parc ?
Non, puisqu'un plan de communication estival, un grand réseau d'affichage de 1 000 ou 1 200 panneaux, ce qu'on appelle les 4 par 3, les abribus, enfin de l'affichage urbain, ce sont des plans qui nous coûtent entre 200 000 et 250 000 euros par quinzaine. Donc non, c'est un coût qui est extrêmement accessible, qui est, entre guillemets, bon marché et qui est à notre portée.
Une dernière question : finalement, il va y avoir des milliers de spectateurs, la caravane du Tour, des hélicoptères, des drones. Comment protège-t-on les 3 000 oiseaux du parc ?
Le gros du dispositif sera sur le parking, non pas à l'intérieur du parc, mais sur le parking. Et puis, ASO fait preuve d'un vrai professionnalisme, très méthodique, sur le sujet. C'est-à-dire qu'ils font des études d'impact environnemental.
Il n'y a pas que le Parc des Oiseaux qui soit un territoire sensible. Tous les territoires de montagne, les parcs naturels, etc., sont également des territoires sensibles et ils font des études régulières.
Ce qu'on avait convenu, par exemple, en 2016, et je pense qu'on partira sur les mêmes schémas, c'est que les hélicoptères restent à une altitude assez élevée et qu'ils soient limités en nombre.
En tout cas, on pourra dire, sans faire un mauvais jeu de mots, que c'est un bon vol pour le Parc des Oiseaux. C'est la réception officielle de la neuvième étape du Tour de France 2027, qui partira du Parc des Oiseaux. Merci beaucoup d'être venu sur le plateau.
C'est moi qui vous remercie.
Et pour plus d'informations sur l'actualité lyonnaise, notamment sur ce Tour de France, rendez-vous évidemment sur www.lyoncapitale.fr. À très bientôt.
