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Couvre-feu pour les mineurs à Saint-Étienne : ce que prévoit le préfet de la Loire

Rassemblements revendicatifs bannis, couvre-feu pour les mineurs seuls, armes et produits dangereux prohibés : craignant de nouveaux débordements, le préfet de la Loire a signé des arrêtés pour le week-end du 23 au 25 octobre à Saint-Étienne et Roanne.

Les rassemblements revendicatifs de plus de cinq personnes, liés au mouvement de contestation, sont interdits ce vendredi 23 et ce samedi 24 octobre, de 11 h à minuit. Le seuil est bas : dès six participants, l’arrêté s’applique. À Saint-Étienne, cinq secteurs sont visés : les places Jean-Jaurès, de l’Hôtel-de-Ville et Chavanelle (rues adjacentes comprises), la Cité du design et le centre commercial Centre-Deux. À Roanne, tout l’hyper-centre est concerné. Les organisateurs risquent six mois de prison et 7 500 euros d’amende (article 431-9 du code pénal), les participants une contravention de 4e classe, soit 135 euros.

Couvre-feu de 19 h à 6 h pour les mineurs

Du vendredi au dimanche, un mineur ne peut plus circuler sans représentant légal dans quatre zones : le centre-ville de Saint-Étienne, les abords des centres commerciaux Steel et Centre-Deux, et ceux du centre Auchan de Villars. La préfecture veut éviter que des adolescents ne soient entraînés dans des violences ou des pillages, comme ceux constatés ces dernières semaines.

Dans les deux villes et leurs environs, la vente, le transport et la détention sur l’espace public d’acides, de carburant en bidon, d’explosifs agricoles ou artisanaux, de précurseurs d’explosifs et d’artifices de divertissement sont interdits. Seuls échappent à la règle les professionnels et les titulaires du certificat de qualification prévu par le décret du 31 mai 2010. Le port et l’usage d’armes à feu, factices comprises, de munitions et de tout objet pouvant servir d’arme ou de projectile (article 132-75) sont également bannis.

Des violences depuis le 1er octobre

Le préfet invoque les troubles des 1er, 2, 8 et 17 octobre : bâtiments publics attaqués, tirs de mortiers, mobilier urbain incendié, commerces pillés. Le 17, en marge de la mobilisation nationale contre la vie chère, un jeune de 17 ans a été grièvement blessé à la main à Saint-Étienne. Le parquet a ouvert une enquête, confiée à l’Inspection générale de la police nationale. Les Gilets jaunes annoncent un « acte II » samedi, une journée de mobilisation qui porte aussi des revendications lycéennes. Le sous-préfet de Saint-Étienne, Alexandre Jayet-Laraffe, promet un dispositif d’ordre "beaucoup plus important que le week-end dernier".

Le 17 octobre, les rassemblements n’avaient été ni déclarés ni interdits. Plus tôt, la préfecture avait visé les abords de huit lycées bloqués depuis le 1er octobre, mais le tribunal administratif de Lyon a suspendu ces arrêtés le 6 octobre. Les nouvelles mesures, elles, ciblent des périmètres précis et des horaires limités : dimanche, seul le couvre-feu des mineurs s’applique. Le match de Ligue 2 ASSE-Nantes est décalé à 20 h 45 samedi, alors que les autorités redoutent aussi des rassemblements non déclarés en centre-ville. Le préfet appelle toute la population à la responsabilité et promet une "fermeté totale"face aux délits.

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