La place Jacquard à Saint-Etienne # Daniel VILLAFRUELA , wikipedia

Dépistage des cancers : trois matinées gratuites dans les quartiers stéphanois

Sein, côlon, col de l’utérus : la Ville, la CPAM et le Centre régional de dépistage des cancers vont à la rencontre des Stéphanois. Première étape vendredi 23 octobre sur le marché de Jacquard, avant deux autres rendez-vous d’ici la fin de l’année.

C’est une opération de proximité, pensée pour toucher celles et ceux qui poussent rarement la porte d’un cabinet de radiologie. Dans le cadre du plan local de santé, trois matinées de dépistage gratuit, de 8 h à 12 h 30, sont organisées dans autant de quartiers. Un agent de la CPAM sera présent à chaque étape pour faire le point sur les droits des participants.

Le coup d’envoi est donné ce vendredi 23 octobre, sur le marché de Jacquard. Suivront le vendredi 6 novembre à l’amicale laïque du Crêt-de-Roc, puis le 10 décembre au centre social de Monthieu-Montplaisir. À chaque fois, les trois dépistages sont proposés au même endroit. La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) l’est aussi, pour les 11-26 ans, sur présentation du carnet de santé. Les invitations aux dépistages organisés sont désormais envoyées par l’Assurance maladie, mais ces matinées permettent de franchir le pas sur place, sans courrier ni détour par un cabinet, en faisant ses courses ou en sortant du marché.

Sans rendez-vous, sauf pour le col de l’utérus

Pour les dépistages du cancer du sein et celui du côlon, il suffit de se présenter : ni inscription ni réservation. Le dépistage du col de l’utérus impose en revanche de s’annoncer auprès du centre d’examen de santé de la CPAM de la Loire, au 06 58 93 59 61.

Reste à savoir si l’on est concerné. Le programme national invite les femmes de 50 à 74 ans à passer une mammographie tous les deux ans. Le dépistage colorectal vise les hommes et les femmes du même âge, à risque moyen, sans symptôme ni antécédent : il repose sur un test immunologique, réalisé à domicile, lui aussi tous les deux ans. Quant au col de l’utérus, il s’adresse aux femmes de 25 à 65 ans.

Une mobilisation encore insuffisante

Car la participation reste en deçà des attentes. Selon Santé publique France, 44 % seulement de la population cible a fait le dépistage organisé du cancer du sein en 2024, contre 48,6 % en 2023, et très loin des 70 % visés au niveau européen. Pour le cancer colorectal, le taux atteint 30,7 % sur 2024-2025, quand le seuil européen acceptable est fixé à 45 %.

L’enjeu est pourtant de taille. Le cancer du sein reste le plus fréquent chez les femmes, avec environ 61 000 nouveaux cas et 12 000 décès estimés en 2023 en France. La Ville rappelle qu’une femme sur huit sera touchée par un cancer du sein, mais que la survie à cinq ans atteint 99 % si la tumeur est repérée tôt. Même constat pour le côlon, qui guérit dans neuf cas sur dix à un stade précoce. Quant au col de l’utérus, le dépistage permettrait, selon la municipalité, d’éviter 90 % des cancers.

Ces repères pourraient d’ailleurs évoluer : en mars, la Haute Autorité de santé a lancé une évaluation sur les bornes d’âge du dépistage du cancer du sein. En attendant, ces rendez-vous prolongent Octobre rose bien au-delà du mois de sensibilisation : de quoi laisser à chacun le temps de s’organiser.

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