Bruno Bernard, la tête de liste écologiste.

Métropole de Lyon : Bernard s'offre des pouvoirs étendus, premières crispations

Le conseil de la métropole a adopté ce jeudi un texte accordant des pouvoirs accrus au président de la collectivité en matière de marchés publics. Si la majorité explique vouloir être réactive dans le cadre de la crise sanitaire, l'opposition critique la durée de ces pouvoirs exceptionnels.

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour voir poindre les premières crispations entre l'exécutif métropolitain et l'opposition. Alors qu'elle n'était pas prévue à l'ordre du jour, une délibération étendant les pouvoirs du président de la métropole a été adoptée par la majorité. Elle prévoit notamment que le président du Grand Lyon peut “prendre toute décision concernant la préparation, la passation, l’exécution et le règlement des marchés, des accords-cadres et des marchés subséquents, ainsi que toute décision concernant leurs avenants, lorsque les crédits sont inscrits au budget”. Les organes délibérants devront être “informés” de ces décisions. Ces pouvoirs accrus prendront fin “dès l'ouverture de la campagne électorale pour le renouvellement du conseil de la Métropole de Lyon”, prévoit le texte, c'est à dire dans six ans. L'exécutif a justifié ce choix par sa volonté de relancer rapidement la commande publique sans attendre les prochains conseils métropolitains.

De son côté, l'opposition n'a pas critiqué le principe même de cette extension de pouvoirs, mais sa durée. “Oui dans d'autres villes comme Lyon des délibérations similaires ont été adoptées durant la crise sanitaire. Mais elle était bornée dans le temps, c'est à dire jusqu'à l'arrivée d'une nouvelle majorité. À l'époque les élus écologistes, madame Chevalier, madame Beaume ou encore madame Perrin-Gilbert (elle n’a pas pris part au vote, NdlR) avaient critiqué notre manque de transparence”, a déploré Louis Pelaez. “Même moi je ne me suis jamais attribué autant de pouvoirs. On me disait autoritaire, mais je vais finalement passer pour un démocrate, voire d’un laxiste”, s'est amusé Gérard Collomb. “On nous parlait de démocratie, la voici”, a ironisé de son côté David Kimelfeld

“Il n'y a rien d'extraordinaire dans cette délibération”, a réagi Bruno Bernard. “Il en existe dans d'autres communes et à la région. Cela va nous permettre d'agir en amont sur les marchés pour lancer dès la semaine prochaine des opérations. Ce sera ensuite au conseil de valider ces décisions”, a-t-il conclu. La délibération a été adoptée par la majorité écologiste.

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