Romain Blachier, Camille Augey, Julien Bayou, Hubert Julien-Laferrière, Audrey Hénocque, Matthieu Orphelin, Bruno Bernard, Florence Delaunay et Grégory Doucet (hors-champ) © Lyon Capitale

Lyon : soutenu par des députés LREM dissidents, EELV se dit “prêt à gouverner”

Grégory Doucet et Bruno Bernard, les candidats écologistes à la ville et la métropole de Lyon, ont reçu ce mercredi le soutien de Hubert Julien-Laferrière et Matthieu Orphelin, députés LREM dissidents, et de Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts.

Lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi sur les Berges du Rhône en dessous de la passerelle du Collège, les têtes de liste écologistes à Lyon Grégory Doucet et Bruno Bernard ont reçu le soutien des anciens députés LREM Hubert Julien-Laferrière et Matthieu Orphelin (lire ici). Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts, était présent près du Rhône pour appuyer ce soutien, tout comme Romain Blachier, ancien camarade de Gérard Collomb. “Vous incarnez l'écologie que j'aime”, a lancé Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire, en direction des candidats EELV lyonnais. J'ai cru arriver face au péril vert vu ce que j’entendais, mais j’ai rencontré des gens très sérieux. L’écologie ne peut pas se faire à moitié. Ça doit être le coeur d'un projet pour une société, une métropole ou une ville.” Une référence au “péril vert” agité par l'alliance Collomb/LR.

Collomb 95, EELV 2020 : même combat ?

Compagnon de route de la première heure de Gérard Collomb justement, Hubert Julien-Laferriere voit dans cette gauche, réunie autour du parti écologiste, une reformation de la coalition créée par l'actuel maire de Lyon en 1995. “J’ai toujours milité pour une alliance des progressistes, de la gauche et des écologistes. On avait construit cette union en 1995 avec Gérard Collomb et j'en suis fier. Puis on a gagné avec cette alliance en 2001. Je suis assez satisfait du bilan global même s'il y a besoin d'un nouveau souffle. Moi je ne vois pas de péril dans une liste où il y a des chefs entreprise, des présidents d’association vélo, un directeur d’école de renom, des salariés du secteur associatif.” Autrefois au PS avant de rejoindre l'aventure En Marche dans le sillage de Collomb en 2017, le député s'est justifié de ce nouveau rapprochement avec EELV. “En faisant cela, je ne suis pas si loin de mon engagement de 2017. Je ne change pas de conviction, mais de parti. À moins que j'ai mal lu le programme à l’époque”, a-t-il ironisé devant un Bruno Bernard et un Grégory Doucet dubitatifs quant à cette comparaison entre leur projet et celui d'Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle. “Ce qui est important pour nous, c'est le projet. Tous ceux qui peuvent prendre position pour ce choix clair contre la coalition anti climat sont les bienvenus”, a expliqué de son côté Bruno Bernard.

“Nous sommes prêts à gouverner”

Favoris du 2e tour de ces élections municipales et métropolitaines, les candidats écologistes s'attachent désormais à rassurer les électeurs sur le sérieux de leur démarche. “Ce qui se passe en termes écologique est historique. Il s'agit pour nous de dire que nous sommes prêts à gouverner. Les Français aussi sont prêts. Les écologistes ne demandent pas un chèque en blanc. Nos propositions ont déjà été expérimentées. Ce qui se joue le 28 juin, c'est d’engager pleinement la transition écologique dans la justice sociale. Ce que ne fait pas Emmanuel Macron. Il ne fait que des discours sans acte”, a martelé Julien Bayou. Ce dernier s’est aussi amusé du score de Gérard Collomb dans le 9e, où il a été largement devancé (22.36%) par la candidate EELV Camille Augey (30,35%) : “Au 1er tour, Gérard Collomb a découvert le Nouveau monde représenté par Camille”.

Deuxième aire urbaine de France, la métropole de Lyon aurait surtout valeur de symbole pour EELV en cas de victoire. L'occasion pour le parti, jusqu'ici habitué au rôle de variable dans les majorités de gauche, d'appliquer son programme. “Ce scrutin a une dimension historique. Une victoire aura une résonance bien au-delà de la ville parce que jamais une ville aussi importante en France n'a été dirigée par un exécutif écologiste. Ce sera un exemple pour d'autres grandes villes de démontrer que l'on peut faire entrer en transition ce type d’agglomération”, espère Grégory Doucet. Tous concèdent cependant que “rien n'est gagné”. “Mais le choix est clair à Lyon : d'un côté les écologistes, de l'autre les conservateurs”, a conclu Matthieu Orphelin.

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