LC 729 Dessin Téléphérique
Le projet de téléphérique (dessin d’artiste) © Romain Lardanchet

Le téléphérique à Lyon : la position des candidats

Présenté notamment par Georges Fenech durant la campagne de la primaire UMP, le projet d’un téléphérique reliant la colline de Fourvière à celle de la Croix-Rousse a agité les esprits des candidats pendant un temps. Qu’en est-il finalement dans les programmes ?

Écologique, pratique, adapté à la "géographie accidentée" de l'Ouest lyonnais... Les raisons invoquées se doivent d'être nombreuses pour justifier un projet de transport par câble qui modifiera sensiblement le paysage de la ville. Dans la course à celui qui présentera le programme le plus alléchant pour l'électeur, certains candidats auraient donc pu se laisser tenter par l'idée. Dans les faits, ils ont été plutôt prudents.

L’aérotram d’Éric Lafond

Éric Lafond, candidat du Centre pour les municipales, demeure le plus convaincu par le projet et celui qui présente le concept le plus poussé. Il propose de créer une ligne d'aérotram entre Perrache, Saint-Irénée, le fort Loyasse, Saint-Jean, la Croix-Rousse et la Cité internationale. Elle permettrait de transporter pas moins de 4 000 personnes par heure, selon l'étude menée par la liste "Lyon pour tous, tous pour Lyon". "C'est une technologie française qui a fait ses preuves dans le monde entier et qui n'est malheureusement pas assez développée sur notre territoire, nous explique Stéphane Sacquepée, chargé des relations presse. Le transport par câble s'adapterait par ailleurs parfaitement aux reliefs accidentés de Lyon et il est moins onéreux qu'un nouveau métro."

Un projet à l’étude pour certains

À l'UMP et au PS on reste aux aguets. Loin de déplaire, l'idée n'a pas pour autant fait partie des priorités de Gérard Collomb ni de Michel Havard durant la campagne. Les deux hommes se sont plutôt empoignés sur la question d'une nouvelle ligne de métro, chacun présentant son projet à plusieurs centaines de millions tout en critiquant celui de l'autre. Damien Gouy-Perret, attaché de presse du candidat UMP, nous annonce que des études seraient réalisées en cas d'élection : "On s'avance pour l'instant sur des choses qu'on maîtrise, comme le métro par exemple. Mais l'idée d'un transport aérien pour relier Perrache et Saint-Just nous plaît vraiment et nous envisageons donc d'étudier la faisabilité du projet."

Gérard Collomb nous répond que l'idée a d'ores et déjà été envisagée avec le Sytral pour le site du parc de Miribel-Jonage. Le téléphérique permettrait dans ce cas de relier l'autoroute A42 Lyon-Genève au parc et au tramway T3 à Décines. Le maire sortant précise qu'il est favorable à ce type de projet, "à condition que son opportunité soit avérée, que son insertion dans le site ne pose pas de problème et que l'urbanisation du site le permette". Envisagé donc, mais loin d'être engagé.

Pour EELV, le téléphérique "pourrait être une solution dans certains cas". Bruno Charles, candidat dans le 7e arrondissement, n'est pas contre à la Mulatière par exemple car c'est "plutôt écologique comme moyen de transports", mais explique que d'autres projets sont prioritaires, comme la ligne C3. Il réfute, quoi qu'il en soit, l'idée de relier Fourvière à la Croix-Rousse.

Un “gadget”pour les autres

Christophe Boudot, tête de liste FN aux municipales, semble être le plus fervent opposant au projet. Son directeur de campagne, Paul-Alexandre Martin, explique que cela "déclasserait Lyon au Patrimoine mondial de l'Unesco", ce qui est donc "inenvisageable". "Lorsqu'on est classé, on ne peut pas modifier le paysage à notre guise, il y a des règles", précise le jeune homme. Avant d'ajouter : "Tout cela nous paraît artificiel, gadget. Lyon n'a pas vraiment besoin de ça."

Même son de cloche, ou presque, du côté du Front de gauche. Andréa Kotarac, représentant des listes "Lyon citoyenne et solidaire", évoque un "projet démagogue". "Pourquoi faire des transports qui ne bénéficient qu'au centre-ville et qu'à une partie de la population ? Il faut penser métropole. Nous encourageons donc plutôt les moyens de transport globaux, polycentriques, qui répondent aussi aux attentes de l'agglomération", indique le candidat du 8e arrondissement.

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