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L'avenir s'éclaircit pour l'OL Land

Après des semaines d'attentisme, le Grand Stade vient de connaître un sérieux coup d'accélérateur ce mardi. Le gouvernement devrait dans les prochains jours octroyer le statut d'intérêt général à ce projet. Du coup, le Grand Lyon relance un dossier laissé en stand-by depuis trois mois. Les querelles politiques se sont tues.

La partie de poker entre le gouvernement et le Grand Lyon est désormais terminée. L'État est sorti de son attentisme en donnant à la collectivité locale des gages pour l'obtention de la déclaration d'intérêt général du Grand Stade. Le gouvernement souhaitait initialement attendre que Gérard Collomb et le Grand Lyon lancent les enquêtes publiques pour délivrer ce sésame administratif. Le maire de Lyon refusait et avait répété qu'il ne bougerait pas tant qu'il n'aurait pas ce document. Il semble avoir été entendu. Au final, chacun a fait un pas en direction de l'autre. Il faut dire que le temps pressait. Ce vendredi 20 mai, la France doit en effet adresser à l'UEFA - l'instance qui chapeaute l'Euro 2016 de football qui se tiendra en France - la liste des stades retenus.

Une décision prise à la hâte pour l'Euro 2016

Sans assurance sur le lancement de l'enquête publique rapidement, Lyon aurait pu être évincée des villes hôtes. Une situation impensable à Paris comme à Lyon. Gérard Collomb a donc accepté de lancer les enquêtes publiques en contrepartie d'un engagement ferme de l'État à lui délivrer le label "intérêt général" dans les jours à venir. Les enquêtes publiques en vue de la révision du PLU auront donc lieu entre les 14 juin et le 18 juillet. "Si on attendait quelques jours de plus, le calendrier aurait été retardé puisque les enquêtes ne seraient intervenues qu'à la rentrée du fait des vacances", confie un proche du dossier. Des tractations ont donc eu lieu ces dernières heures entre la ministre Chantal Jouanno et Gérard Collomb. Les deux ont trouvé un terrain d'entente et ni l'un ni l'autre ne sort gagnant de leur partie de poker.

Gérard Collomb a obtenu sa DIG, Chantal Jouanno repart, elle, avec l'assurance de voir des enquêtes publiques lancées dans les temps. Dans sa lettre adressée à Gérard Collomb, la ministre évoque deux nouveaux éléments permettant de lever les réserves sur l'intérêt général : la création d'un second parc relais et le classement du V Vert en zone protégée. Des points sur lesquels Gérard Collomb a abondé. "Nous avons débloqué une situation artificielle. Gérard Collomb va lancer les enquêtes puis il aura la DIG. Ensuite, on verra si le choix du site est pertinent ou pas. La DIG est une chose, le résultat des enquêtes publiques en est une autre. Le vrai risque juridique pour ce projet réside dans une démarche : la déclaration d'utilité publique. Cette enquête nourrira le débat", estime Dominique Perben.

L'UMP paie pour voir

Les élus locaux UMP contactés ce mardi n'en démordent pas : le Grand Lyon n'a pas acquis avec ce futur décret un chèque en blanc. Pour eux, ils se seraient surtout sortis d'un piège tendu par le président du Grand Lyon. "Gérard Collomb disait le gouvernement m'empêche d'avancer. Maintenant, s'il ne va pas au bout de son projet, il en sera le seul responsable. Chacun prendra ses responsabilités. Le gouvernement ne s'est pas mis en situation d'empêcher la réalisation du Grand Stade. Il n'aurait pas été normal que l'UMP paie la responsabilité de l'échec", poursuit Dominique Perben, député UMP de Lyon. Une nouvelle partie de poker s'est engagée : le gouvernement paie pour voir si Gérard Collomb saura se sortir d'un dossier qu'il juge encore risqué juridiquement.

Le président du Grand Lyon a d'ailleurs montré une joie très mesurée mardi en fin d'après-midi lors d'une conférence de presse organisée à la communauté urbaine. Il a surtout souligné la collaboration fructueuse des services du Grand Lyon et de l'État. "Chacun a fait un pas vers l'autre", a glissé Gérard Collomb. Il reconnaît aussi les mérites de l'intervention de Michel Mercier dans ce dossier. Le déclic aurait, pour lui, eu lieu lors de la présentation de ses amendements au Sénat. Il aurait pu expliquer un peu plus son dossier à la ministre des Sports Chantal Jouanno.

Prochaine étape : l'utilité publique

L'avenir de l'OL Land s'est donc dégagé ce week-end. Et Nicolas Sarkozy n'y serait pas étranger. Le président de la République aurait demandé à sa ministre de signer la demande d'intérêt général et apporté des gages à Jean-Michel Aulas dès samedi soir lors de la finale de la Coupe de France. Les enquêtes publiques vont désormais pouvoir commencer dans quelques semaines. La route reste toutefois peuplée de recours. Si le stade est reconnu d'intérêt général, les infrastructures connexes, payées par les pouvoirs publics, devront, elles, être labellisées d'utilité publique. "La déclaration d'utilité publique sera plus dure à obtenir. Il ne s'agit pas que d'une signature comme pour la déclaration d'intérêt général. Si la décision du gouvernement n'ouvre pas un boulevard, elle facilite quand même les choses pour Jean-Michel Aulas et aussi pour les infrastructures publiques", confie un proche du dossier. Gérard Collomb table toujours sur une inauguration le 8 décembre 2013. Un calendrier tenable depuis l'arrivée de la déclaration d'intérêt général.

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