Renaud Payre, directeur de campagne de Bruno Bernard et candidat aux élections métropolitaines, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
"Ce n’est pas un choix comme les autres", prévient Renaud Payre, directeur de campagne de Bruno Bernard à quelques jours du premier tour, évoquant le scrutin, encore jeune, des élections métropolitaines.
Et le vice-président de la Métropole de Lyon de poser une analyse politique sur ce choix à venir : "Lorsque je vois Véronique Sarselli préférer payer un million d’euros d’amende plutôt que de construire du logement social, je me demande comment elle peut promettre un choc de l’offre en matière de logement. Le moment de vérité approche avec le scrutin du 15 mars. Il ne faut pas céder à l’illusion d’un homme providentiel ou d’une personnalité charismatique qui viendrait nous sauver. Il faut regarder les programmes. Nous voulons protéger et maintenir la cohésion sociale sur ce territoire. Nos adversaires veulent démanteler ce modèle".
Sur la question d'une éventuelle alliance avec LFI au second tour, Renaud Payre se montre un peu plus fuyant : "Nous rassemblerons toutes celles et tous ceux qui veulent faire barrage à cette droite. La porte est ouverte à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans notre programme et nos valeurs : la lutte contre la violence politique, contre l’antisémitisme, contre le racisme et contre toutes les formes de violence en politique".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Renaud Payre
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes en compagnie de Renaud Payre. Bonjour. Vous êtes vice-président sortant de la Métropole de Lyon, en charge du logement. Vous êtes aussi directeur de campagne de Bruno Bernard et candidat aux élections. Dans cette dernière ligne droite avant les élections, j’aimerais faire un peu de pédagogie et expliquer aux Lyonnais et aux habitants de la métropole ce qu’est la Métropole de Lyon. On parle beaucoup de la ville de Lyon, qui attire tous les regards, et un peu moins de l’élection métropolitaine, alors que c’est la Métropole qui possède le plus de compétences. C’est maintenant le deuxième mandat de la Métropole. Qu’est-ce qui va se jouer dès ce dimanche soir, au premier tour, pour les habitants de la métropole ? En quoi ce vote est-il très important, peut-être même plus important que celui de la ville de Lyon, sans vouloir manquer de respect à cette dernière ?
Je ne vais surtout pas aller sur ce terrain-là, parce que je soutiens évidemment la candidature de Grégory Doucet à la ville de Lyon et je pense que ce scrutin est important. Mais nous avons une chance folle sur ce territoire d’un million et demi d’habitants : nous sommes la seule métropole de France où les habitants peuvent voter pour désigner leur président, leurs vice-présidents et leur équipe. Cette équipe peut agir sur la protection de l’enfance, sur une partie de la culture, sur les aides sociales, sur le retour à l’emploi, sur le logement ou encore sur l’urbanisme. C’est quasiment la collectivité qui peut vous accompagner et vous protéger de vos premiers jours jusqu’aux derniers. Nous avons donc une collectivité aux compétences extrêmement larges, à la fois urbaines et sociales. C’est pour cela que cette campagne est importante. Ce n’est pas un choix comme les autres. Nous nous sommes battus pendant des semaines et des mois pour pousser nos adversaires, je pense aux équipes de Véronique Sarselli et de Jean-Michel Aulas, à présenter un programme. Ils évitent les débats et évitent de détailler leurs propositions.
Pourtant, ils ont présenté un programme.
Mais c’est très difficile de voir ce qu’ils proposent en matière de logement. Nous en avons déjà parlé. C’est très difficile également de voir ce qu’ils proposent pour les moins de 25 ans qui n’ont pas de revenu suffisant. Nous, nous proposons le Revenu Solidarité Jeunes. Eux proposent de le supprimer.
Ils considèrent qu’il y a finalement peu de bénéficiaires pour un coût élevé et que le bilan n’a pas été objectivé.
Il y a des milliers de jeunes de moins de 25 ans sur ce territoire qui ont moins de chances dans la vie, qui n’ont pas assez pour finir le mois et qui ont bénéficié de ce filet de sécurité qu’est le Revenu Solidarité Jeunes. Bien souvent, cela leur a permis de retrouver un emploi. Comment peut-on considérer que ces politiques sociales ne comptent pas ? C’est important et c’est aussi une grande responsabilité pour les électeurs. La question est simple : est-ce que nous sommes attachés à ce modèle métropolitain ou non ? Est-ce que l’on veut un président interlocuteur des 57 maires, comme le dit Véronique Sarselli, ou un président des 1,5 million d’habitants de la métropole, comme le propose Bruno Bernard ? La métropole a été pensée pour créer de la solidarité entre les territoires. L’idée est qu’il n’y ait pas seulement du logement social à Vaulx-en-Velin ou à Vénissieux, mais aussi ailleurs, par exemple à Sainte-Foy-lès-Lyon. Lorsque je vois Véronique Sarselli préférer payer un million d’euros d’amende plutôt que de construire du logement social, je me demande comment elle peut promettre un choc de l’offre en matière de logement. Le moment de vérité approche avec le scrutin du 15 mars. Il ne faut pas céder à l’illusion d’un homme providentiel ou d’une personnalité charismatique qui viendrait nous sauver. Il faut regarder les programmes. Nous voulons protéger et maintenir la cohésion sociale sur ce territoire. Nos adversaires veulent démanteler ce modèle.
Certains maires disent pourtant qu’ils ont été en conflit avec la Métropole, notamment sur la construction de logements. Ils estiment que si les électeurs les ont choisis, leur position doit être entendue.
Ce sont des discours politiques. Pardonnez ma véhémence, mais à l’approche du premier tour il y a de l’énergie et la volonté de convaincre. Sur la politique du logement, par exemple, j’ai réuni tous les trois mois les maires. Nous les avons associés à la modification du PLU-H. Nous avons parlé des attributions et de la nécessité d’une politique d’hospitalité. Certains maires ont pu dire que certains types de logements ne correspondaient pas à leur territoire et nous avons modifié certains programmes. La réalité est différente des postures politiques. Il y a eu du dialogue avec les maires et les communes. Mais Bruno Bernard est et sera le président des habitants de la métropole. C’est cela qui nous intéresse : être en relation directe avec celles et ceux qui vont voter.
Vous avez évoqué les compétences sociales de la métropole. Pourtant, dans cette campagne, on parle beaucoup de mobilité et d’urbanisme. Les mobilités restent-elles le principal problème de l’agglomération lyonnaise ?
Pas tout à fait. Je ne veux pas dresser un portrait trop optimiste, mais il y a effectivement des problèmes de circulation automobile liés aux nombreux travaux. Lorsque vous engagez des travaux d’assainissement, d’extension du réseau de chauffage urbain et de développement des transports en commun, cela a forcément un impact sur la circulation. Mais regardons les réalisations du mandat : trois nouvelles lignes de tramway.
Elles ne sont pas encore toutes livrées.
Elles le seront dans les prochains mois : le doublement du T6, l’arrivée du T9 et du T10. Nous développons aussi les trambus, comme la ligne inaugurée récemment jusqu’à Bron. Nous allons également achever la rocade des quartiers populaires avec la ligne T8 reliant Vaulx-en-Velin à Vénissieux via Saint-Priest et Bron. Nous voulons aussi prolonger le tramway vers le plateau nord, jusqu’à Rillieux.
À quel horizon ?
À la fin du prochain mandat, autour de 2034.
Si c’est enterré, cela coûtera plus cher.
Bien sûr. Nous présentons plusieurs scénarios aux électeurs : une version enterrée, semi-enterrée et une version en surface. Contrairement à nos adversaires, nous ne promettons pas un métro extrêmement coûteux qui ne serait livré qu’après 2040. Notre credo est clair : des transports moins coûteux et livrés plus rapidement. Nous poursuivrons également la tarification solidaire et la gratuité pour les moins de 18 ans. Nous améliorerons la qualité de service avec un métro 24 heures sur 24 le week-end et la climatisation des rames.
Dernière question. Si l’on dépasse le premier tour, se pose la question des alliances. Les socialistes se sont prononcés nationalement contre des alliances avec les Insoumis. Quelle est votre position ?
Nous avons travaillé avec huit organisations sur un programme de près de 150 propositions concrètes. Ce programme restera celui du second tour. Nos adversaires sont la droite de Laurent Wauquiez, Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli, ainsi que l’extrême droite. Nous rassemblerons toutes celles et tous ceux qui veulent faire barrage à cette droite.
La porte est donc ouverte aux Insoumis ?
La porte est ouverte à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans notre programme et nos valeurs : la lutte contre la violence politique, contre l’antisémitisme, contre le racisme et contre toutes les formes de violence en politique.
