Bruno Bernard, la tête de liste écologiste.

Grand Lyon : Bernard (EELV) rend les coups et veut rassurer le BTP

Attaqué par l'alliance Collomb/LR sur les risques économiques que comporterait son élection, Bruno Bernard a répondu ce vendredi à ses adversaires politiques en donnant des gages au secteur du BTP et en égratignant les autres candidats.

Dès l'annonce de leur accord de second tour, Gérard Collomb (ex-LREM) et François-Noël Buffet (LR) ont agité le chiffon du péril “vert-rouge” et du risque de déclin économique de la ville de Lyon pour critiquer les écologistes arrivés en tête lors du 1er tour. Des propos qui ont forcé Bruno Bernard, le candidat EELV à la métropole, à réagir ce vendredi pour donner des gages au secteur du bâtiment. “Notre rôle est d'accélérer la commande publique pour que les projets débutent au plus vite dès juillet/août. En réalité, cela fait deux ans que ça construit peu à cause de l'adoption du nouveau PLU-H (plan local d'urbanisme et de l'habitat, NdlR) et de l’arrivée des élections. Jusqu’à preuve du contraire ce n'était pas nous qui étions aux manettes”, a déclaré celui qui s’est allié la semaine passée avec La Gauche unie et Lyon en commun (lire ici).

Relancer les bétonnières

Jusqu’à renier certains engagements écologiques sur la construction ? “Ce qui est en cours va être lancé parce que forcément ces projets respectent le PLU-H que l’on ne compte pas changer. Ensuite notre objectif sera de mettre en place nos mesures sur le long terme en construisant de façon plus végétalisée et équilibrée. Mais ça, le PLU-H l’intègre déjà et les constructeurs l'ont bien compris”, a répondu l'élu villeurbannais, qui a rencontré les patrons du BTP jeudi matin.

Difficile donc, même pour EELV, de faire sans ce secteur stratégique pour l’économie locale. Quitte à faire couler un peu de béton entre les arbres. Le candidat écologiste à la métropole de Lyon promet donc un coup “d'accélérateur” en “étoffant” les équipes chargées des permis de construire dans l’administration du Grand Lyon et en prenant des décisions opérationnelles au plus vite : “Dans le bâtiment, c'est l’épaisseur du carnet de commandes qui va faire que le secteur va passer la crise ou pas. En quand le bâtiment va, en général le reste de l'économie suit”.

“Le chaos c'est eux, la stabilité c'est nous”

Leur position de favoris oblige, depuis le premier tour, les écologistes sont devenus la principale cible des autres candidats. Lors d'une conférence de presse organisée hier, Gérard Collomb a assuré que voter Vert c'était voter pour la fin de vélo'v et de la fête des Lumières. Des “fake news”, dénonce Bruno Bernard. “Cette campagne est inédite par le niveau des arguments de nos concurrents et qui ne reposent que sur la peur plutôt que sur le débat autour d’un véritable projet. La réalité, c'est que nous sommes les seuls aujourd'hui capables d'avoir une majorité stable à la ville et à la métropole. Le chaos c'est eux, la stabilité c'est nous”, a-t-il répondu.

Collomb ou EELV ? “Kimelfeld doit se positionner”

Le candidat à la métropole a par ailleurs appelé David Kimelfeld (LREM dissident) “à se positionner clairement” pour l’alliance Collomb/Buffet ou pour les écologistes dans les circonscriptions où il n'est pas présent. “David Kimelfeld est toujours dans un entre-deux. Dans le flou”. “Les Verts ont repris leur programme de mars et le reproposent comme si la crise n’avait pas existé. C’est assez logique, car ils ont été inertes pendant cette période”, a taclé hier le président de la métropole. “Lui aussi est dans une contre-vérité permanente, lui a répondu Bruno Bernard. Il dit que l'on a été absent, mais jamais il ne m'a demandé d'être dans le comité de relance, par exemple. Pour nous, il aurait été indécent de faire des propositions durant cette période. À l'inverse, je vois que parmi les chefs d’exécutifs, certains ont utilisé cette crise pour faire campagne”. Une utilisation politique des moyens publics aussi reprochée par Jean-Paul Bret, le maire de Villeurbanne, lors du dernier conseil métropolitain à propos justement ... du comité métropolitain de relance. Un projet depuis suspendu pour se conformer aux règles électorales.

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