Grand Lyon : la campagne s'invite au dernier conseil de la métropole 

À trois semaines du second tour des élections métropolitaines, le dernier conseil du Grand Lyon a été l'occasion pour les élus moquer les récents accords politiques de certains candidats ou l'hyper-communication d'autres durant la crise du Covid-19.

Près de quatre mois après le 1er tour des élections municipales et métropolitaines, la campagne politique a repris ses droits ce lundi lors du conseil de la métropole. L’appel aux échanges “courtois” lancé en préambule par David Kimelfeld a été rapidement mis en pièce par Sandrine Runel qui a critiqué l'alliance Collomb/LR et ceux “qui s’accrochent à leur siège comme la moule au rocher”. 

Puis dans une longue anaphore, dont le PS a le secret, la candidate qui s’est alliée avec EELV pour le 2e tour des élections a lancé : “À ceux qui veulent ancrer notre métropole dans le Nouveau monde d’avant. À ceux qui souhaitent rester dans cette métropole du coin de table. À ceux qui pensent que végétaliser une ville c’est installer des bacs à fleurs sur des pistes cyclables. À ceux qui craignent que les vélos envahissent plus vite la place des Terreaux que les chars russes la concorde. À ceux qui redoutent l’installation d’intégristes verts et de dangereuses gauchistes à la métropole. À ceux, courageux, qui lancent des appels anonymes dénonçant un péril vert qui n’a de péril que le nom. À ceux-là mêmes qui brandissaient la menace de l’appel d’air quand il s’agissait d’accueillir 3 malheureux étrangers dans un gymnase du 6° arrondissement de Lyon... À ces élus qui ont passé les douze dernières années de leur vie à critiquer le maire de Lyon et le président de la métropole, et qui aujourd’hui le soutiennent dans une course effrénée au pouvoir. À ceux-là je veux leur dire, ne vous inquiétez pas, le monde d’après existe, vous allez bientôt le rencontrer”.

“Caricature” et “modération”

De quoi irriter Francois-Noël Buffet qui a invité l'élue PS du 8e arrondissement “à ne pas caricaturer”. “Faire cela c'est opposer les habitants de la métropole. L'enjeu, nous l'avons fait avec Gérard Collomb, c'est de préparer la métropole à la crise de demain”. Le sénateur et ancien maire d’Oullins a profité du préambule du conseil pour attaquer David Kimelfeld  sur ses prises de position dans la presse (lire ici) : “Vous avez invité à la modération des propos et au respect. Je me permets de vous dire de l'appliquer d'abord à vous-même”. 

Le président de la métropole a reçu quelques soutiens. De Marc Grivel d’abord, sa tête de liste dans le Val de Saône, qui a regretté le manque de prise en compte des communes du Grand Lyon et salué l'engagement pris par David Kimelfeld de faire une place “aux territoires dans leur représentation et aux citoyens au sein de la métropole”. De la députée Anne Brugnera ensuite, tête de liste de Georges Képénékian dans le 6e arrondissement, qui a loué son action à la tête de la collectivité durant la crise du Covid-19 et le déconfinement. 

“Les comptes de la métropole n'ont jamais été aussi bons que cette année”

Jean-Paul Bret, le maire de Villeurbanne, qui a décidé de quitter la vie politique, a lui tancé l’utilisation a des fins politiques de cette crise par l’exécutif métropolitain en étrillant notamment le conseil métropolitain de relance (lire ici). “Il fallait être bien naïf pour ne pas voir un exercice que seul un président sortant en place pouvait se permettre d'engager avec les moyens humains et matériels de notre collectivité. Ce serait être bien naïf aussi de ne pas y voir une façon d'affirmer sa candidature pour la métropole d'après. Il n'y avait pas besoin d'attendre l'avis d'un conseil juridique pour constater que cette initiative n'était guère compatible avec les règles électorales en vigueur. Que dirait-on d'un maire sortant se lancer à quelques mois du scrutin dans une démarche prospective d'une telle ampleur ?”, a lâché le maire de Villeurbanne. 

David Kimelfeld a attendu le vote du compte administratif, adopté en début d'après-midi, pour défendre son bilan. “Un compte administratif n'est pas qu'un plan comptable, c'est le fruit de l'action de cette majorité et de cette collectivité. Les comptes de la métropole n'ont jamais été aussi bons que cette année”, s'est-il félicité. Et de conclure : “Moi j'ai fait de la politique pour la métropole et pour ses habitants, pas pour des ratios financiers. Ça a été le cas sur l'office foncier solidaire et sur les mineurs non accompagnés parce que c'est notre compétence et notre devoir”. 

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Le nouveau maire de Lyon promet une alternance sur le fond comme sur la forme. Grégory Doucet prône davantage de transversalité pour une démocratie plus participative. Il s’adresse aussi aux acteurs, souvent économiques, qui durant la fin de la campagne municipale ont exprimé leur crainte d’une vague verte.
1 commentaire
  1. Jol - 16 juin 2020

    ces elections sans campagne sont pour moi un deni de démocratie

    et un manqu de respect du travail des collectivités
    alors qu'elels se sont montrées bien plus efficaces que l'etat

    je n'ai pas de boule de cristal mais Lyon et la Metropole meritent de ne pas couler
    et donc d'eviter les extremes

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