Philippot : “J’espère qu’il y aura une crise dans l’UE”

Aventurisme. Interrogé par Philippe Moysen dans La Grande Matinée de Sud Radio ce lundi 27 janvier, Florian Philippot, vice-président du FN, a confié qu'il espérait une crise de l'Europe, parce que selon lui "de la crise sortira quelque chose de bien". Ci-dessous, la retranscription de l'entretien, que l'on peut écouter ici.

Philippe Moysen (Sud Radio) : Florian Philippot, à quatre mois du vote, les élections européennes s’annoncent triomphales pour votre parti. Pour la première fois de l’histoire, le FN finirait une élection nationale en tête selon un sondage exclusif Ifop-JDD. 23 % des suffrages au soir du 25 mai, dépassant le niveau atteint par Marine Le Pen lors des élections présidentielles de 2012. Comment expliquez-vous un tel score, une telle envolée ?

Florian Philippot : Je crois que cette première position est tout à fait logique. D’ailleurs, vous savez que c’est notre objectif. Simplement parce que nous incarnons, seuls, une autre voix. Tous les autres partis politiques, UMP, PS, ou leurs satellites, sont sur une ligne euro-fanatique : ils ont signé tous les traités, toutes les directives et les règlements européens, sur Schengen, sur l’ouverture totale des frontières, sur l’euro.
Eh bien, nous, nous incarnons une voix sage, je crois. C’était d’ailleurs la voix du général de Gaulle : la coopération des nations libres et souveraines, une Europe qui a été beaucoup plus efficace et qui est surtout beaucoup plus démocratique parce qu’elle respecte ce qui fonde la démocratie : les nations.
Je suis très heureux que nos compatriotes se soient emparés de ce débat européen, qui était un peu mis de côté ces dernières années, et maintenant, les Français, nos compatriotes, ont envie de démontrer leur soif de France. Il y a une soif de France dans notre pays, c’est tant mieux, et je crois que nous l’incarnons. Le soir du 25 mai, les patriotes seront le premier parti de France.

“Si on peut bloquer cette Europe-là, on le fera”

Au Royaume-Uni, le dernier sondage donne 26 % d’intentions de vote au parti anti-européen, 6 points de moins que le Labour et 3 de plus que le conservateur. Aux Pays-Bas, le parti eurosceptique, parti de la Liberté, est donné à 17 % dans le dernier sondage. Idem en Allemagne ou en Grèce. Si cela se confirme dans les urnes, vous avez comme ambition de bloquer l’Europe ?

Oui, il y a une poussée patriote partout, vous auriez pu citer aussi l’Autriche, le Danemark, la Suède. Effectivement, en Allemagne, on a la montée d’un parti anti-euro tout à fait nouveau, qui aura des élus, ce qui est intéressant.
Oui, notre ambition, si on peut bloquer cette Europe-là, on le fera, et sans aucun état d’âme. Parce que c’est une Europe qui, plus elle avance, plus elle se fait contre les peuples, contre l’économie, contre le social. C’est véritablement un rouleau compresseur antinational, cette Europe de Bruxelles, il faut donc la stopper au maximum.
Puis ensuite il faudra, et nous le ferons, surtout au niveau de chaque nation, parce que c’est là que la clé se trouve, qu’on reconstruise tout à fait autre chose, que l’on sorte un peu de ce grand mirage, grand mirage idéologique du XXe siècle et du début du XXIe siècle, et qu’on aille vers quelque chose de beaucoup plus ambitieux, de beaucoup plus réaliste, de beaucoup plus respectueux des nations et des peuples.
C’est vrai qu’en France, si nous arrivons en tête, en plus du message politique sur le fond, eh bien nous lancerons un grand message à François Hollande en lui disant : “Vous n’avez plus d’autre choix, M. le président de la République, que de dissoudre l’Assemblée nationale, que de revenir au peuple, parce que vous avez été très gravement désavoué.”

Peut-il y avoir une crise sans précédent au sein de l’Union européenne ?

J’espère qu’il y aura une crise dans l’UE. Il la faut. La crise est souvent salutaire et l’on ne peut continuer comme cela. Si on les laisse progresser alors qu’ils ont un projet qui ne tient pas compte de ce que veulent les peuples, alors nous aurons le droit à la catastrophe. Il faut que les peuples ne soient plus simplement un grain de sable, il faut qu’ils reprennent vraiment les manettes et qu’ils disent “Laissez-nous, c’est nous qui sommes souverains, c’est nous qui devons décider de l’avenir de notre continent, de l’avenir de nos pays”.
Oui, j’espère qu’il y aura une crise, parce que de la crise sortira quelque chose de bien. Parce que, s’il n’y a pas de crise, si on continue comme cela, alors nous irons droit vers la catastrophe.

A propos des municipales, Florian Philippot, Marine Le Pen estime qu’à Pau, après le rapprochement UMP-Bayrou, les masques tombent, et elle parle d’alliance de circonstance, contestée au sein de l’UMP. Henri Guaino n’en veut pas tant que François Bayrou ne se sera pas excusé de sa trahison à la présidentielle. Que cela vous inspire-t-il ?

Il y aura de toute façon cette alliance avec l’UMP. J’ai envie de dire que Pau, c’est le laboratoire du parti unique : vous avez François Bayrou, du Modem, qui a fait un accord avec l’UDI, qui a été rejoint par des élus socialistes du Parti radical de gauche, et qui maintenant a fait un accord national avec l’UMP.
Tous ces partis qui partagent en réalité les mêmes options, ont mené les mêmes politiques quand ils étaient au pouvoir, se retrouvent logiquement ensemble.
Peu à peu, il y a une clarification du clivage, qui n’est plus entre la gauche et la droite, tout cela est dépassé, mais entre ceux qui croient à la nation, qui pensent que la France a un avenir, et ceux qui n’y croient plus et qui sont, vous avez le choix, soit à l’UMP, soit au PS, soit au Modem, soit à l’UDI.
Pau est en train de nous démontrer que ce parti unique est en train de se mettre en place parce qu’il est de plus en plus faible. Ils sont alors obligés de s’unir.

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