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13e circonscription : Meunier peut-il maîtriser le FN ?

Photo PHILIPPE MEUNIER ()

Le PS a plusieurs fois gagné cette circonscription à la faveur de triangulaires avec le FN. Ce spectre menace la réélection de Philippe Meunier (UMP). Lequel profite d'un redécoupage de cette terre électorale qui bénéficie à la droite.

Le PS peut-il gagner sans l'aide du FN ? C'est à la faveur d'une triangulaire que Martine David (PS) s'était fait élire députée en 1997 et 2002. En 2007, vague sarkozyste déferlante, Bruno Gollnisch s'est trouvé "en slip" - dixit Philippe Meunier - à 6,95% et le candidat UMP l'avait emporté.

La donne semble bien différente cette fois. Le réveil de l'extrême droite est très net : au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen y a recueilli 20,3%. Conséquence : l'écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande est réduit à 5,1 points. Revoici le spectre d'une triangulaire qui serait fatale à la droite. Le pire n'est cependant pas certain pour Philippe Meunier : le 22 avril, le FN a mobilisé 16,3% des inscrits, soit plus que le seuil des 12,5% nécessaire pour se maintenir au second tour. Toutefois, la participation sera moindre en juin. Si on projette les résultats de la présidentielle avec le même taux de votants que lors de la législative de 2007 (56%), le FN ne rassemble plus que 11,2% des inscrits. C'est insuffisant. C'est le pari que fait le député sortant pour être réélu. De plus, ce membre de la Droite populaire table sur son positionnement pour capter cet électorat au premier - sinon au 2e tour.

"Opportuniste et tricheur"

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C'est André Pozzi (photo ci-contre) qui va défendre les couleurs du FN. En 2011, il s'est hissé au 2e tour de la cantonale de St-Priest. Peu avant le 2e tour, Bruno Gollnisch lui avait intimé de prendre contact avec le député pour décrocher son soutien. L'appel était resté sans réponse. "Moi j'ai une part d'humanisme", lui aurait-il lancé alors que les deux hommes se croisaient lors d'un événement public. André Pozzi n'a pas oublié. "Lui représente une droite populaire, moi une droite sociale et populaire, compare-t-il. Je veux partager la richesse avec tous ceux qui la créent, quelle que soit leur communauté, et pas avec ceux qui la mangent". Le candidat frontiste ne va pas faire de cadeau à un élu qu'il qualifie "d'opportuniste et de tricheur". Il fait référence au redécoupage de la circonscription qui facilite la tâche de Philippe Meunier. En perdant une bonne partie de St-Priest, cette terre électorale est un peu moins favorable au PS et au FN.

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Comme ailleurs, la donne post-6 mai va jouer. Farida Boudaoud (photo ci-contre), la candidate socialiste, espère une vague rose pour gagner, triangulaire ou pas. "Au 1er tour, Décines et Meyzieu ont placé Hollande en tête", se réjouit-elle. Elle se questionne aussi sur "l'état de l'UMP après une victoire de François Hollande". Et, à mots couverts, s'interroge sur l'hypothèse d'un accord entre le FN et un candidat "qui vient de la partie extrême de l'UMP et qui a poussé Nicolas Sarkozy à la radicalité". Philippe Meunier s'est pourtant prononcé contre un accord entre les deux blocs de droite.

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