© Tim Douet

Le meurtre d'un parrain du trafic de cannabis devant les assises de Lyon

La cour d'assises va se pencher pendant dix jours sur les circonstances de la mort de Nordine Agaguena, spécialiste du trafic de cannabis bien connu dans le milieu du grand banditisme lyonnais. Il avait était abattu, à Meyzieu, le 24 juillet 2014, par un commando d'hommes armés. Les trois accusés se sont présentés à la cour, à l'ouverture du procès, ce mardi matin. Leurs avocats fustigent "un dossier construit sur du sable".

Un parrain du shit abattu en pleine rue. Le 24 juillet 2014, en début de soirée, Nordine Agaguena, 51 ans, est pris en chasse à bord de son véhicule par des hommes armés, qui lui tirent dessus. Ils l'abattront à bout portant quelques instants plus tard. Sorti de prison quelques mois auparavant, après avoir purgé six années de réclusion pour trafic de stupéfiants entre le Maroc, l'Espagne et la France, celui qui était surnommé "Le Grincheux" était une figure du trafic de cannabis en région lyonnaise. Il s'était notamment illustré à la prison de Grenoble, en 2008, venant en aide à la victime du célèbre sniper de Varces (lire ici), abattue dans la cour de promenade. Ce premier grand procès d'assises de l'année à Lyon est l'aboutissement de longues années d'investigations de la juridiction interrégionales spécialisée (JIRS).

Une histoire de dettes ?

Les trois accusés se défendront des chefs de meurtre et tentative de meurtre (dix jours plus tôt), le tout en bande organisée. Mais pour Me Alexandre Plantevin, conseil d’un des prévenus, le dossier ne tient pas. Les avocats des accusés s’insurgent contre l’absence de preuves matérielles. “Tout ce qu’on a, c’est un mobile”, affirme Me Plantevin. Il s’agit d’une dette d’Agaguena envers un des trois prévenus (lire ici), également bien implanté dans le milieu. “Il n’y a rien de tout ce qui fait la substance d’une preuve dans les dossiers d’assises aujourd’hui, que ce soit la téléphonie, l’ADN ou la constatation directe sur la morphologie des témoins.”, enchaîne son confrère Me Julien Charle, du même côté de la barre. Ils plaideront l’acquittement. En face, Me Florent Girault, avocat habitué du milieu grenoblois, défendra des intérêts de la famille Agaguena. Il n'a pas donné suite à nos nombreuses sollicitations.

Retrouvez plus d'informations sur cette affaire et sur tous les grands procès de 2020 dans le numéro de février de Lyon Capitale (en kiosque dès vendredi)

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