Cécile Bourgeat, directrice générale de la Biennale de Lyon, est l’invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Biennale d’art contemporain : "Être à la fois internationale et ancrée sur le territoire"

Cécile Bourgeat, directrice générale de la Biennale de Lyon, est l’invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

À quelques jours de l’ouverture de la 18e Biennale d’art contemporain, qui se tient du 19 septembre au 13 décembre 2026, elle présente une édition placée sous le thème "Passer d’un rêve à l’autre".

Une Biennale internationale, ancrée à Lyon

Cette 18e édition, conçue par la commissaire invitée Catherine Nichols, s’intéresse à la notion d’économie dans une acception large, autour des échanges, de la transmission, du soin, de la consommation et de la production. L'événement prend place sur plusieurs lieux emblématiques de la métropole, parmi lesquels le macLYON, les Grandes Locos et le Musée des Tissus. La Biennale revendique également une forte dimension internationale, avec des artistes issus de nombreuses nationalités et un intérêt particulier porté aux scènes océaniennes.

Cécile Bourgeat insiste aussi sur le lien entre cette ouverture internationale et l’ancrage lyonnais de l’événement. "C’est une Biennale qui assume à la fois le fait d’être internationale et le fait d’être ancrée sur un territoire", affirme-t-elle. Côté financement, la directrice générale explique que la Biennale cherche à diversifier ses ressources et à développer les collaborations afin de préserver la place de la création artistique. "On a maintenu notre budget artistique, donc 45 % du budget total de la Biennale", précise-t-elle, en évoquant notamment le soutien d’institutions internationales et de partenaires privés. La Biennale annonce par ailleurs près de 300 000 visiteurs attendus dans les lieux d’exposition et plus de 2,7 millions pour les œuvres et installations présentées dans l’espace public.

Plus de détails dans la vidéo :


Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, on va parler de culture, on va parler de la 18e édition de la Biennale d’art contemporain de Lyon. Elle se tient du 19 septembre au 13 décembre 2026.

Le thème, c’est « Passer d’un rêve à l’autre ». Il y a plus de 300 000 visiteurs qui sont attendus sur les lieux d’exposition et plus de 2,7 millions de personnes qui seront exposées puisque de nombreuses œuvres seront présentes dans l’espace public. C’est dans toute la métropole de Lyon, mais principalement à Lyon, malgré tout.

Et pour en parler, nous recevons Cécile Bourgeat, qui est directrice générale de la Biennale de Lyon, donc de la Biennale d’art contemporain et de la Biennale de la danse. Cette année, c’est la Biennale d’art contemporain.

Merci d’être venue sur notre plateau. On va rentrer un peu dans le vif du sujet. Qu’est-ce qui caractérise cette édition, cette 18e édition ?

Qu’est-ce qui la distingue des précédentes ?

Déjà, à vous dire qu’à l’heure où on se parle, on a des artistes dans toute la ville qui sont en train de créer leurs œuvres, qui sont en train de terminer, puisque nous ouvrons à la fin de la semaine. Et voilà, on a le cœur battant de cet art, de ces œuvres qui vont nous être présentées à Lyon.

Ce qui va caractériser cette édition, c’est déjà son aspect international, puisqu’on accueille 42 nationalités, et notamment un focus océanien. C’est-à-dire que des artistes des Premières Nations, qui n’ont parfois jamais été présentés dans le monde ou en Europe, vont être présentés ici à Lyon et dans toute la métropole.

Voilà, donc c’est assez inédit. Est-ce que vous pouvez nous donner quelques clés pour comprendre le thème ? Je le répète, c’est « Passer d’un rêve à l’autre ». Qu’est-ce que vous entendez par cette thématique, cette couleur donnée à cette édition ?

« Passer d’un rêve à l’autre », Catherine Nichols, la commissaire de cette 18e édition, est partie de la question de l’économie, mais prise au sens large du terme, c’est-à-dire tout ce qui fait nos relations, la transmission, le soin, nos modes de consommation, de production aussi, et elle a interrogé la valeur.

Qu’est-ce qui fait valeur aujourd’hui dans notre société ? Comment est-ce que cette valeur, on peut la comprendre, peut-être la contester parfois, la déplacer ?

Et comment est-ce qu’ensemble, on peut imaginer peut-être d’autres futurs ? Donc l’idée de « Passer d’un rêve à l’autre », c’est comment, à partir des questions de l’économie, mais vraiment à partir de notre territoire, Catherine Nichols a arpenté le territoire, rencontré ses acteurs et ses habitants et habitantes. Et l’idée qu’elle a développée, c’est, à partir de cette histoire industrielle, commerciale, très riche, cette histoire humaine aussi, comment est-ce que finalement on va rejoindre, se connecter à d’autres enjeux économiques du monde entier pour dire quelque chose de cette valeur qu’on cherche tous finalement, qui est à la fois définie, la valeur, elle est multiple, mais c’est comment est-ce qu’on peut en construire une autre, comment est-ce qu’on peut ouvrir des pistes, comment est-ce qu’on peut ouvrir des horizons, d’autres futurs.

On ouvre le champ, on parle d’économies poétiques aussi. Voilà, il y a quand même beaucoup de notions qui sont soulevées, mais très bien, je pense qu’on y voit un petit peu plus clair. Pragmatique­ment, quels sont les lieux d’exposition aussi, les principaux ? Il y en a à Lyon, il y en a ailleurs, mais à Lyon pour commencer ?

C’est un parcours. La Biennale d’art contemporain offre aux visiteurs l’idée de passer d’un monde à l’autre, mais aussi d’un lieu à l’autre, en passant différents seuils.

Et donc, les lieux principaux : nous avons le Musée d’art contemporain, qui va présenter une exposition plus tournée sur l’existentiel, les questions de dette, de mort, de vie, de transmission.

Une exposition au Musée des Tissus, que nous rouvrons pour cette édition. C’est une grosse annonce, c’est-à-dire que les Lyonnais, les Lyonnaises et tous les habitants de la région vont pouvoir revenir découvrir ce musée qui a été complètement réhabilité, remanié pour la Biennale, pour pouvoir accueillir des œuvres.

Donc, le Musée des Tissus, et puis les Grandes Locos, ce site industriel, ancien site de la SNCF sur lequel la Biennale de Lyon est installée depuis 2023 et qui va présenter là une exposition vraiment monumentale sur tout l’aspect plus industriel,

manufacturier, qui va autour du travail, autour des questions du…

travail, autour de voilà, qu’est-ce qui fait finalement, comment est-ce qu’on consomme et pourquoi on consomme, et qu’est-ce que ça nous amène aussi dans nos relations humaines.

Voilà, donc ça va être tout un parcours. Et puis on a également la Fondation Bullukian, on a les traboules, on a notamment la Cour des Voraces et les traboules autour de la Cour des Voraces qui vont rouvrir. Donc ça, c’est une nouveauté aussi : il n’y a jamais eu d’œuvre dans ces traboules. Donc là, les Lyonnais et les Lyonnaises vont pouvoir les redécouvrir, et puis le monde entier, puisqu’on n’attend que 9 000 professionnels.

J’allais vous demander le rayonnement aussi de la Biennale d’art contemporain lyonnaise. Est-ce que la place de cette Biennale a toujours un rayonnement international, rayonne sur le monde ? On sait que, voilà, Lyon, on en parle jusqu’aux États-Unis, jusqu’en Asie même, de cette Biennale. Est-ce que c’est toujours l’ambition de replacer la ville et ses productions, enfin les artistes et l’événement, sur la scène mondiale ?

Là, dans quelques jours, le 19 septembre, va ouvrir le cœur névralgique de l’art contemporain sur une géographie mondiale. C’est-à-dire que la Biennale de Lyon est la Biennale d’art contemporain française référente.

Donc effectivement, c’est un événement qui va, je vous le disais, accueillir 9 000 professionnels, qui accueille des artistes du monde entier, mais qui les met toujours en connexion avec le territoire.

C’est une Biennale qui assume à la fois le fait d’être internationale et le fait d’être ancrée sur un territoire. Et effectivement, on peut dire qu’aujourd’hui, c’est une référence.

Donc après, on s’est connecté, c’est très intéressant, parce que cette Biennale a été beaucoup… La création a été beaucoup soutenue par des institutions, des fondations, des galeristes, des collectionneurs du monde entier qui sont venus pour soutenir l’œuvre des artistes et qui, du coup, ça nous a permis aussi de mettre une Biennale qui est très internationale, très en connexion avec, on va dire, le paysage international de l’art contemporain.

Très bien, on arrive à la fin de l’émission. Vous êtes directrice générale de la Biennale, c’est vous qui vous occupez aussi des questions de gros sous. On ne va pas rentrer forcément dans le détail, mais simplement, vous avez différentes sources de financement. Elles sont publiques et privées, principalement publiques. On connaît le contexte budgétaire actuel, la culture ne fait pas exception.

Quels sont vos leviers pour maintenir un niveau d’exigence et maintenir une ambition sur ce genre, sur votre événement ?

Les leviers, on continue de les chercher.

Le premier levier, c’est déjà de se dire : comment est-ce qu’on peut inventer peut-être d’autres manières de collaborer ? Notamment, là, je vous parlais des institutions internationales. On a été très soutenus cette année, on a maintenu, notre budget artistique, donc 45 % du budget total de la Biennale, qui a pu être maintenu grâce à tous ces soutiens qui sont affectés directement à la création, pour que vraiment Lyon reste un cœur de création.

On sait que la Biennale, on a plus de 60 % des œuvres qui sont créées, donc c’est ça qu’on souhaite maintenir.

Après, on développe d’autres ressources, évidemment : des partenaires privés qui viennent directement aussi, soit financer les œuvres, soit financer, par exemple, APICIL, cette année, finance l’accessibilité. Et on a également la billetterie, évidemment, le public, le grand public. On attend quand même, vous le disiez, 300 000 visiteurs.

Donc effectivement, tout cela fait qu’on essaye en tout cas de maintenir un budget équivalent, même si effectivement on est dans une période avec des baisses. Il faut inventer autre chose, mais surtout dans les collaborations.

Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Cécile Bourgeat, d’être venue sur notre plateau nous présenter la 18e édition de la Biennale d’art contemporain. Quant à vous, je vous remercie d’avoir suivi cette émission. Vous pourrez retrouver plus de détails, des critiques, le programme par artiste sur le site lyoncapitale.fr.

Je vous dis à très bientôt.

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