Antoine Garcier, directeur général d’Énergie d’ici, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Créée il y a dix ans, Énergie d’ici revendique un modèle atypique dans le paysage énergétique français. Basée à Lyon pour son siège opérationnel, l’entreprise rassemble des producteurs indépendants d’énergies renouvelables afin de commercialiser directement leur production électrique. Avec 250 centrales réparties sur le territoire et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société représente aujourd’hui environ 0,2 % de la production nationale.
Un modèle fondé sur le regroupement des producteurs
À l’origine, l’entreprise s’est construite autour de producteurs hydroélectriques confrontés à la fin progressive du monopole d’EDF sur le rachat de l’électricité renouvelable. "Le contexte, c’est la fin du monopole d’EDF pour racheter la production de l’énergie renouvelable", explique Antoine Garcier. Face à cette évolution du marché, plusieurs producteurs indépendants ont choisi de mutualiser leurs moyens afin d’atteindre une taille critique. "Des producteurs qui, chacun dans leur coin, produisaient depuis des années, se sont rendu compte que, pour vendre de l’électricité à des consommateurs, il valait mieux se regrouper", poursuit-il.
Depuis, le groupement s’est élargi à d’autres filières comme l’éolien, le solaire ou encore la biomasse. "Nous appartenons à des producteurs et nous avons la responsabilité de valoriser au mieux cette production", souligne le directeur général. Tous les sites de production comme les consommateurs sont raccordés au réseau national exploité principalement par Enedis.
Lyon, un choix stratégique
Si le siège social de l’entreprise est installé dans les Pyrénées, le choix de Lyon pour le siège opérationnel ne doit rien au hasard. "À Lyon, historiquement, il existe tout un ensemble d’entreprises travaillant dans le secteur de l’énergie", rappelle Antoine Garcier. La proximité avec Paris et les administrations nationales a également pesé dans la balance.
Pour les années à venir, Énergie d’ici entend poursuivre son développement en convainquant de nouveaux producteurs d’intégrer le groupement. Avec la fin progressive des contrats d’obligation d’achat subventionnés, de nombreux exploitants cherchent désormais de nouvelles solutions de commercialisation. "Nous proposons une solution qui a fait ses preuves", affirme Antoine Garcier, qui se dit optimiste pour l’avenir de l’entreprise et de son modèle d’électricité "verte à 100 %".
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La retranscription complète de l'émission :
Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, on va parler d’électricité à l’occasion des dix ans d’une entreprise lyonnaise qui s’appelle Énergie d’ici. C’est le premier fournisseur d’électricité créé par des producteurs. L’entreprise affiche 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, 35 salariés et 250 centrales réparties sur tout le territoire français. Au total, cela représente à peu près 0,2 % de la production nationale, je crois.
Et pour en parler, nous recevons Antoine Garcier, directeur général d’Énergie d’ici. Bonjour Antoine Garcier. Merci d’être venu sur notre plateau. On va rentrer dans le vif du sujet : qu’est-ce qu’Énergie d’ici ? Comment cela fonctionne-t-il surtout ? Quelle est votre caractéristique ?
Nous nous sommes constitués il y a une dizaine d’années comme un groupement de producteurs. C’est pour cela que notre raison sociale exacte est « Union des producteurs locaux d’électricité », afin de bien montrer la spécificité de notre modèle. Nous appartenons donc à des producteurs et nous avons la responsabilité de valoriser au mieux cette production en la vendant à des consommateurs divers et variés, ainsi qu’en partie sur le marché de gros
Et alors, à quoi ressemblent ces producteurs ? Concrètement, quel est le profil type ? Comment l’expliquer au grand public ?
Le point de départ, c’est la production hydroélectrique, lorsque nous nous sommes constitués il y a dix ans. Ce sont des centrales qui appartiennent à des PME ou à des entreprises plus petites, exploitant une ou plusieurs centrales hydroélectriques partout en France. Il faut savoir qu’en France, il existe environ 2 000 centrales hydroélectriques de ce type. Nous n’en agrégeons qu’une partie. Ensuite, grâce à notre travail, des producteurs possédant des parcs éoliens, des installations solaires et de la biomasse nous ont rejoints.
Donc là, on parle plutôt d’agriculteurs ou pas forcément ? Cela peut être des parkings, par exemple ?
En tout cas, nos producteurs sont des gens qui en vivent. Il peut y avoir des agriculteurs, mais aussi des structures dédiées à l’exploitation de centrales photovoltaïques, éoliennes ou hydroélectriques.
Et qui les exploitent sur différents endroits du territoire. Côté clients, cette fois, à qui est distribuée cette électricité ? Elle est rattachée au réseau. Est-ce que vous pouvez nous expliquer cela pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas le fonctionnement ?
Effectivement, toutes ces centrales et tous nos clients sont raccordés au réseau électrique français, exploité par Enedis dans la plupart des cas. D’un côté, il y a des compteurs qui mesurent ce qui entre dans le réseau et, de l’autre, des compteurs qui mesurent ce qui en sort. Ce qui sort correspond à la consommation des clients. Ensuite, c’est un jeu d’équivalence
Voilà, il faut que ce qui est consommé soit produit de l’autre côté. Vous fêtez vos dix ans à Lyon, comme on le disait en introduction. Quelle est la genèse d’Énergie d’ici ? Comment cela a-t-il été créé ? Dans quel contexte ?
Le contexte, c’est la fin du monopole d’EDF sur le rachat de la production d’énergie renouvelable en général. Les premiers concernés ont été les centrales hydroélectriques, qui sont les plus anciennes énergies renouvelables en France. Dès 2013, une réflexion s’est engagée entre producteurs sur la manière de valoriser cette énergie.
Dès le départ, il y a eu cette idée de se regrouper afin d’atteindre une taille critique.
Et vous, vous étiez déjà là ? Vous étiez producteur ? C’est une union d’entreprises qui produisaient de l’électricité. Concrètement, quelle est l’histoire ? Vous dites qu’il y a eu cette conjoncture macroéconomique, ou du moins nationale, mais c’est aussi une histoire de rencontres humaines ?
C’est d’abord une histoire de personnes, effectivement. Des producteurs qui, chacun dans leur coin, produisaient depuis des années, se sont rendu compte que, pour vendre de l’électricité à des consommateurs, il valait mieux se regrouper. Le point de départ, c’est donc ce regroupement, d’abord sous forme de discussions informelles, puis, petit à petit, nous avons monté un modèle économique pour obtenir une autorisation de fourniture auprès du ministère et être capables d’exercer ce métier.
Et pourquoi Lyon aussi ? Vous disiez avant l’émission que le siège social est dans les Pyrénées, mais que votre siège opérationnel est à Lyon. Pourquoi avoir choisi Lyon, puisqu’on est tout de même à Lyon Capitale ici ?
Il se trouve qu’à Lyon, historiquement, il existe tout un ensemble d’entreprises travaillant dans le secteur de l’énergie, des plus grosses et des plus connues à des acteurs présents sur toute la chaîne. Certains de ces producteurs indépendants étaient installés à Lyon, donc cela représentait un intérêt stratégique en termes d’implantation. Par ailleurs, lorsque l’on est fournisseur, on doit régulièrement se rendre à Paris pour rencontrer différentes administrations, donc Lyon présentait aussi l’avantage d’être bien située
Vous fêtez maintenant vos dix ans. Quelles sont les perspectives ? Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ? Comment voyez-vous les dix prochaines années ? On en parlait avant l’émission : il y a eu plusieurs crises, notamment le Covid. Comment vous projetez-vous dans l’avenir pour Énergie d’ici ?
De manière générale, notre enjeu est de convaincre d’autres producteurs de nous confier leur production. Dans les années qui viennent, je souhaite — et je pense — que nous y parviendrons, puisque, petit à petit, ces centrales renouvelables qui étaient sous contrat d’obligation d’achat, donc subventionnées, voient leurs contrats arriver à échéance. Ces producteurs doivent alors se poser la question de la meilleure manière de valoriser leur production. Nous proposons une solution qui a fait ses preuves. C’est cela qui va asseoir notre développement dans les années à venir.
Et vous êtes plutôt optimiste pour la suite, au moins à moyen terme ? Je ne vais pas vous demander comment vous voyez les dix prochaines années, mais déjà les prochaines…
Moi, de nature, je suis optimiste. Je ne vois donc pas pourquoi nous ne réussirions pas à faire grandir notre union de producteurs. Comme vous l’avez rappelé, nous avons une part de marché qui peut paraître très faible. Je pense donc que nous continuerons à convaincre des producteurs et des consommateurs des qualités de notre énergie.
Et une énergie verte à 100 %. C’est important de le préciser.
Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Antoine Garcier, merci d’être venu sur notre plateau. Quant à vous, merci d’avoir suivi cette émission. Vous pouvez retrouver plus de détails sur l’actualité économique du territoire lyonnais sur le site lyoncapitale.fr.
Je vous dis à très bientôt.

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