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Théâtre à Lyon : "La Peur", une pièce inspirée de l’affaire du père Preynat, aux Célestins

Aux Célestins, François Hien, dramaturge aussi doué que prolixe, présente sa dernière pièce, La Peur, inspirée de l’affaire Preynat, quelques semaines après la publication du rapport Sauvé...

Le 16 mars 2020, Bernard Preynat, âgé de 75 ans, est condamné à cinq ans de prison ferme, sans mandat de dépôt, pour de multiples agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts dans les années 70 et 80.

L’affaire, impliquant le cardinal Barbarin, auquel on reproche d’avoir couvert les agissements de l’abbé, fit grand bruit dans toute la France, et bien sûr à Lyon (la paroisse du père Preynat étant à Sainte-Foy-lès-Lyon).

En 2018, François Ozon en tire un formidable film, Grâce à Dieu, inspiré du livre Grâce à Dieu, c’est prescrit. L’affaire Barbarin, de la journaliste Marie-Christine Tabet.


Un éclairage plein d’humanité


Romancier, comédien, dramaturge talentueux et prolixe, auteur, entre autres pièces, de La crèche et Olivier Masson doit-il mourir ? (présentées aux Célestins la saison dernière) ainsi que de La Faute, superbe spectacle récemment mis en scène au théâtre du Point-du-Jour par Angélique Clairand et Éric Massé, François Hien s’empare à son tour de cette terrible affaire.

Sa nouvelle pièce, La Peur, est inspirée de l’affaire Barbarin mais aussi de témoignages de prêtres pédocriminels ainsi que par l’histoire d’un jeune prêtre mis au placard après avoir révélé son homosexualité.

Nous en avons vu une version dite “de travail” lors du deuxième confinement. Avec une mise en scène réduite et un texte destiné à être remanié. On pouvait cependant déjà distinguer les éléments qui en feront un succès.

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François Hien a bâti sa propre histoire et surtout ses propres personnages. Même si l’on retrouve le thème de la pédophilie, du silence complaisant de l’Église sur des faits littéralement inqualifiables. Notamment à travers l’itinéraire d’un curé de quartier doté d’une intelligence sensible, que l’on suit lors d’une succession de dialogues à bâtons rompus avec différents interlocuteurs.

François Hien offre un éclairage plein d’humanité sur ses incertitudes intimes, ses doutes, sa foi qui vacille. La version “aboutie” sera à l’affiche du théâtre sang et or du 17 novembre au 5 décembre.

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La Peur – Du 17 novembre au 5 décembre aux Célestins, Lyon 2e - www.theatredescelestins.com


 

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