Portrait du compositeur Sergueï Prokofiev, 1930 par Sergueï Yurievich Sudeykin

Prokofiev : Trois oranges et un opéra vitaminé

Après un concert symphonique en guise de pré-rentrée, on entre dans le vif du sujet à l’Opéra avec une nouvelle production maison.

Créé à Chicago en 1921, L’Amour des trois oranges est d’abord pensé en russe puis créé en français – préféré pour la présentation à un public occidental – sous la direction de Sergueï Prokofiev. Le compositeur en écrit lui-même le livret, s’inspirant d’une adaptation pour le théâtre par Vsevolod Meyerhold (1918) de la fable de Carlo Gozzi (1761).

Sous ses airs de fable dans la tradition de la commedia dell’arte avec ses roi de Trèfle, bouffon, ministre ou fée, le modernisme et l’audace prennent très vite le dessus, faisant voler en éclats les conventions de l’opéra pour révéler un véritable manifeste esthétique.
Des chœurs antiques apparaissent soudain, intervenant dans l’action, les registres se superposent, le théâtre s’immisce dans le théâtre, le tout porté par une partition électrique et un rythme échevelé.

Grisé par cette fougue créatrice, Prokofiev s’enflamme quelque peu au-delà de ce que le public de l’époque est disposé à accueillir, ce qui vaut à l’œuvre une réception mitigée avant que le temps et une recréation en 1949 rendent tous les honneurs à cette féerie caustique à plusieurs niveaux de lecture.

Trente-cinq ans après l’immense succès de la production lyonnaise de 1989 dirigée par Kent Nagano et mise en scène par Louis Erlo et Alain Maratrat, L’Amour des trois oranges est de retour sous de nouveaux jours avec une direction de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon confiée à Dmitry Matvienko et une mise en scène signée Laurent Pelly, toujours à l’aise avec les œuvres rythmées et riches en fantaisie.

L’Amour des trois oranges –Du 4 au 20 octobre à l’opéra de Lyon

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