Pass scolaire ski en Haute-Savoie : le Département et les élus du Pays du Mont-Blanc s'affrontent sur le retrait du Tramway et du Montenvers.
L'unification du Pass Scolaire Loisirs entre les vallées de Chamonix et du Pays du Mont-Blanc, annoncée fin septembre, vire à la polémique en Haute-Savoie. Le retrait du Tramway du Mont-Blanc et du Train du Montenvers du dispositif, a mis le feu au poudre entre le Département de la Haute-Savoie et les élus locaux.
Un Pass unifié, mais amputé de deux sites emblématiques
Depuis le 24 septembre, les 14 communes des intercommunalités Pays du Mont-Blanc (CCPMB) et Vallée de Chamonix-Mont-Blanc (CCVCMB) proposent un Pass Scolaire Loisirs commun, au tarif unique de 108 euro. Financé à parts égales par les deux communautés de communes et les exploitants de remontées mécaniques, pour un engagement conjoint avoisinant 350 000 euros, ce Pass s'adresse aux jeunes de moins de 25 ans scolarisés ou résidant sur le territoire. Cette nouvelle mouture laisse de côté deux sites très fréquentés : le Tramway du Mont-Blanc et le Train du Montenvers, dont la gestion a été reprise en régie par le Département après la fin de la délégation accordée à la Compagnie du Mont-Blanc.
Le Département renvoie la balle aux intercommunalités
Face aux critiques, les présidents des deux régies départementales, Martial Saddier (également président du Conseil départemental) et Daniel Deplante, ont publié mardi 29 septembre un communiqué pour “rétablir la vérité”. Ils affirment avoir toujours affiché leur volonté de maintenir les accords existants, sous réserve que leur légalité soit confirmée. Selon eux, une demande de documents contractuels attestant de la conformité du dispositif, adressée aux présidents des deux intercommunalités, serait restée sans réponse, empêchant toute décision du Département. Ils menacent, à défaut de réponse sous quinze jours, de saisir la Commission d'accès aux documents administratifs.
Jean-Marc Peillex dénonce une “polémique inutile”
La réplique de Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais et président de la CCPMB, n'a pas tardé. Dans une publication très offensive sur les réseaux sociaux, l'élu accuse le Département de “ne rien connaître au dossier”. Il pointe la responsabilité du directeur des régies, sur le départ, qui aurait selon lui omis d'informer ses président.
Sur le fond, Jean-Marc Peillex conteste frontalement l'argumentaire du Département. Il rappelle que le Pass scolaire loisirs n'est pas, selon lui, un accord de répartition de recettes entre remontées mécaniques, mais simplement une décision prise collectivement par l'ensemble des exploitants des domaines skiables des deux intercommunalités pour permettre aux jeunes de skier librement sur tous les domaines. Il rappelle que ce fonctionnement qui existe depuis plus de vingt ans. “Il suffisait au directeur des régies du Montenvers et du TMB de se rapprocher des autres exploitants pour connaître la règle du jeu qui existe depuis plus de 20 ans”, poursuit le maire de Saint-Gervais qu dénonce “une polémique inutile”.
Une reprise du ski sous tension
À quelques semaines de l'ouverture de la saison, ce bras de fer entre collectivités illustre les difficultés de gouvernance autour des deux sites iconiques que sont le Montenvers et le Tramway du Mont-Blanc, désormais gérés directement par le Département.