L'avenir culturel du musée Guimet est "une option plutôt bonne" pour Samuel Soulier

Samuel Soulier, maire Horizons du 6e arrondissement de Lyon, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Le devenir du musée Guimet, fermé depuis 2007, se précise. La Ville de Lyon a acté le scénario d'une offre culturelle portée par un acteur privé qui prendrait à sa charge les travaux, estimés à au moins 45 millions d'euros. "Ce qui était essentiel, je le redis, c’était qu’une solution soit apportée pour ce musée, parce qu’il allait finir par s’effondrer. Nous avons perdu un mandat, le mandat précédent, et nous en avions déjà perdu un sous Gérard Collomb. Il fallait donc faire quelque chose. Plusieurs options ont été étudiées, et cette solution paraît peut-être optimale. Je ne sais pas si nous trouverons un partenaire privé qui pourra financer les travaux et exploiter le lieu. Mais les autres options envisagées, une halle des sports, une fondation, des thermes, ne répondaient pas aux contraintes du bâtiment. Ce projet culturel et événementiel mixte y répond. Je pense donc que c’est une option plutôt bonne", retient Samuel Soulier, maire d'opposition (Horizons) du 6e arrondissement de Lyon.

L'élu revient aussi sur les élections sénatoriales de ce dimanche et regrette les divisions de la droite : "Au-delà du nombre de sièges obtenus, il y a surtout le message que nous envoyons aux gens (...) Je ne suis donc pas sûr que les divisions soient toujours bénéfiques". Un regret qui est aussi un message pour la prochaine élection présidentielle pour laquelle il soutient Edouard Philippe. "Édouard Philippe est largement devant Bruno Retailleau et Gabriel Attal. L’union est nécessaire et je pense que nous y viendrons. Aujourd’hui, Gabriel Attal et Bruno Retailleau cherchent à développer leurs idées et à voir si elles trouvent un écho. Mais, à un moment donné, ils seront rattrapés par la réalité et par la nécessité de s’unir. S’ils ne le font pas, les électeurs s’en souviendront", prévient Samuel Soulier.

La retranscription intégrale de l'entretien avec Samuel Soulier

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Samuel Soulier. Vous êtes maire Horizons du 6e arrondissement de Lyon. Nous allons évoquer un sujet de votre arrondissement pour commencer : le musée Guimet. On commence à voir ce qu’il pourrait devenir. Cela peut paraître anecdotique ou flou, mais le musée est fermé depuis plus de 18 ans et le site est presque laissé à l’abandon. La Ville de Lyon a réuni les élus, notamment ceux du 6e arrondissement, la semaine dernière pour leur présenter ce que devrait devenir le musée Guimet. On s’oriente vers un projet culturel porté par un opérateur privé dans le cadre d’un bail emphytéotique. L’opérateur privé financerait les travaux et s’occuperait de l’exploitation. Est-ce une solution qui vous a convaincu ?

Ce qui était essentiel, je le redis, c’était qu’une solution soit apportée pour ce musée, parce qu’il allait finir par s’effondrer. Nous avons perdu un mandat, le mandat précédent, et nous en avions déjà perdu un sous Gérard Collomb. Il fallait donc faire quelque chose. Plusieurs options ont été étudiées, et cette solution paraît peut-être optimale. Je ne sais pas si nous trouverons un partenaire privé qui pourra financer les travaux et exploiter le lieu. Mais les autres options envisagées, une halle des sports, une fondation, des thermes, ne répondaient pas aux contraintes du bâtiment. Ce projet culturel et événementiel mixte y répond. Je pense donc que c’est une option plutôt bonne.

Votre prédécesseur, Pascal Blache, voulait financer une partie des travaux du musée Guimet en en vendant une partie à des promoteurs qui y réaliseraient des programmes immobiliers. Était-ce une solution que vous envisagiez aussi ?

C’était une solution envisagée, parce que nous parlons tout de même d’un coût compris aujourd’hui entre 40 et 50 millions d’euros. Plus le temps passe…

Oui, plus le temps passe, plus c’est cher.

C’était donc une solution envisageable pour faire peser moins de poids sur la collectivité. Mais il s’avère que la partie arrière, notamment celle que Pascal Blache envisageait de vendre, ne serait adaptée ni à des logements ni à des bureaux. Les contraintes du bâtiment sont compliquées. Selon l’étude réalisée par les écologistes, ce serait donc moins facile que cela.

Pensez-vous qu’il soit possible de trouver un opérateur dans le monde de la culture et de l’événementiel culturel capable d’investir 40 à 50 millions d’euros pour rénover le bâtiment et le faire fonctionner à Lyon ? Dans notre pays, les expositions culturelles sont très centralisées. Beaucoup de choses se passent à Paris et les expositions arrivent rarement en province, même dans une grande ville comme Lyon. Pensez-vous que ce marché existe ou que les écologistes le fantasment ?

Il peut exister si notre territoire retrouve de l’attractivité et du tourisme. Ce sera aussi le rôle de la Métropole, avec OnlyLyon notamment, de faire en sorte que notre ville redevienne un lieu culturel fort. Il existe déjà à Lyon un lieu, la Sucrière, qui peut s’apparenter un peu à ce qu’ils veulent faire du musée Guimet. Il faudra s’assurer que quelqu’un puisse venir. Nous ne pourrons pas trouver Louis Vuitton pour y créer une fondation, c’est certain.

Oui, les recherches n’ont mené à rien sur ce point.

Il faut garder espoir. C’est un bâtiment historique, qui a une histoire et qui bénéficie d’un emplacement proche du parc de la Tête d’Or. Notre ville vit au rythme de grands congrès internationaux, du Sirha, de grands événements comme la Fête des Lumières. Si nous parvenons à proposer une programmation culturelle qui attire du public, nous pourrons réunir toutes ces forces pour faire de Lyon et du 6e arrondissement une destination.

Avant de passer aux échéances nationales, je voulais revenir sur les élections sénatoriales. Vous souteniez la liste de Christophe Guilloteau, qui a obtenu un siège. Elle a été devancée par la liste de droite de Sébastien Michel, qui a obtenu deux sièges. Avez-vous l’impression que les divisions de la droite ont coûté à votre camp ? Ou avez-vous finalement autant de sénateurs qu’il y a six ans, simplement répartis sur trois ou quatre listes au lieu de deux ou trois ?

Certains diront que nous avons obtenu plus de sièges parce que nous étions divisés. Je n’en suis pas sûr. Au-delà du nombre de sièges obtenus, il y a surtout le message que nous envoyons aux gens. À quelques mois d’une élection présidentielle, une liste d’union comme celle portée par Christophe Guilloteau, avec Les Républicains, Horizons et l’UDI, envoie un message positif aux grands électeurs et, par conséquent, aux électeurs à l’approche de la présidentielle. Je ne suis donc pas sûr que les divisions soient toujours bénéfiques.

Justement, pour l’élection présidentielle, vous soutenez Édouard Philippe. L’enjeu des prochains mois, pour ses partenaires et ses soutiens comme vous, est d’unir derrière sa candidature le bloc central, des Républicains jusqu’aux macronistes et à leur aile gauche. Avez-vous l’impression que nous prenons ce chemin ? Cela ne paraît pas évident quand on entend Gabriel Attal ou Bruno Retailleau dire qu’ils iront jusqu’au bout.

Vous parliez des sénatoriales. Notre division lors de ce scrutin n’a-t-elle pas permis à La France insoumise d’obtenir un siège ? C’est une question. Et si notre division perdure jusqu’à la présidentielle, ne risque-t-elle pas de permettre au Rassemblement national ou à La France insoumise d’accéder au pouvoir ? Je pense que nous avons une responsabilité collective. Il faut regarder où nous en sommes aujourd’hui : Édouard Philippe est largement devant Bruno Retailleau et Gabriel Attal. L’union est nécessaire et je pense que nous y viendrons. Aujourd’hui, Gabriel Attal et Bruno Retailleau cherchent à développer leurs idées et à voir si elles trouvent un écho. Mais, à un moment donné, ils seront rattrapés par la réalité et par la nécessité de s’unir. S’ils ne le font pas, les électeurs s’en souviendront.

Édouard Philippe est devant, mais il ne domine pas non plus largement la course, ce qui laisse Gabriel Attal et Bruno Retailleau dans le jeu. Comment expliquez-vous ce démarrage plutôt bon, mais avec un plafond qui reste assez bas ?

Pour l’instant, ce plafond est naturel, puisque l’union n’est pas encore faite. Il existe, mais Édouard Philippe est largement devant les autres pour une raison : il est en passe de se qualifier pour le second tour et c’est lui qui y ferait le meilleur score face à Marine Le Pen. Il est donc largement en tête dans cette course. Les électeurs commencent à nous le dire, et certains élus le disent aussi en privé. Nous sentons qu’à un moment donné, il y aura une vague de ralliements. Nous sommes au mois de septembre : ce n’est pas un sprint, c’est un marathon. D’ici à la fin de l’année, je pense qu’un certain nombre de responsables politiques locaux et nationaux rejoindront Édouard Philippe.

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