Arturo Kameya, vue de l’exposition Vuelva mañana, CAP · Centre d’art de Saint-fons, 2026. Crédit photo : Blaise Adilon

Les expos à découvrir en novembre à Lyon

Notre sélection dans les galeries et musées lyonnais

Mes Contemporains, 2020, œuvre à quatre mains. Encre et peinture acrylique sur papier Pergamon. Format 40x30 cm signé Evans Mbugua & Céline A

Après vingt-sept ans d’existence, l’exposition collective L’Art en partage acte la fin de la galerie Regard Sud en raison de difficultés économiques. Abdellah Zerguine et Farida Hamak rappellent à cette occasion qu’ils ont été parmi les premiers en France à valoriser, en regards croisés, les artistes issus du continent africain, du monde arabe et ceux du Nord. L’aventure ne s’arrête pas là car à l’instar de la galerie Le Réverbère, ils accompagneront des artistes avec des projets hors les murs tout en poursuivant leur festival Cinémas du Sud organisé tous les ans avec l’institut Lumière. Rendez-vous avec dix-huit artistes (photographes et plasticiens) : Pascal Baudry, Antonin Borgeaud, Mamadou Cissé, Mabeye Deme, Anne-Marie Filaire, Farida Hamak, Philippe Kayumba, Lahcen Kedim, Mami Kiyoshi, Oumar Ly, Evans Mbugua, Céline A, Adama Sylla, Khaled Takreti, Hamid Tibouchi, Thibaud Yevnine, Sophie Zénon sans oublier le fascinant Kacem Noua qui, en mêlant de manière abstraite photographie, peinture et sculpture, fut un de nos coups de cœur 2024 (jusqu’au 21 novembre).

Arturo Kameya, Vue de l’exposition Vuelva mañana, CAP · Centre d’art de Saint-fons, 2026. Crédit photo : Blaise Adilon

Le centre d’art Cap Saint-Fons présente le Péruvien Arturo Kameya avec Vuelva mañana (Revenir demain), un travail qui puise dans l’histoire de son pays mêlée à des récits imaginaires et pétris de culture urbaine, interrogeant le présent et l’avenir du Pérou mais aussi une société que l’homme semble se contenter de regarder s’effondrer, incapable de maîtriser les systèmes qui organisent sa vie. Avec peintures, objets, installations et vidéos, il dessine des univers crépusculaires, une vision apocalyptique de ce que sera demain, jouant sur les notions de passage et de disparition, de mémoire et de vie quotidienne, là où les promesses d’un avenir se confondent avec la dystopie du présent et les spectres du passé (jusqu’au 28 novembre).

Georges Vermard, Camion de charbonnier

Photographe majeur de la presse lyonnaise, Georges Vermard (1934-2025) est célébré par la bibliothèque de la Part-Dieu avec une rétrospective qui s’appuie sur les 15 000 négatifs et tirages photographiques acquis en 1990, retraçant la carrière de celui qui a travaillé notamment pour Le Progrès et Reflets de la vie lyonnaise. Elle place la focale sur la période des Trente Glorieuses dont il fut un fervent observateur, profitant de cet âge d’or que représentaient les années 60 pour la presse quotidienne locale qui accordait une place capitale à la photo. Véritable témoin de la transformation de la vie lyonnaise, il a saisi autant de sujets concernant la politique, l’urbanisme, l’écologie comme la catastrophe de Feyzin en janvier 1966 ou les venues dans la ville de Georges Brassens, Johnny Hallyday et Sylvie Vartan (Georges Vermard, les glorieuses années d’un photographe,jusqu’au 23 janvier 2027).

La Nature en lumière d’Agnès Tiollier © Maison Magenta

À la fois galerie d’antiquités, d’arts décoratifs et contemporains, Maison Magenta possède un chaleureux espace d’exposition à découvrir dans le 6e arrondissement. Elle accueille une artiste lyonnaise Agnès Tiollier avec La Nature en lumière dont les toiles colorées sont pour la plupart inspirées de jardins (ici beaucoup du Maroc) ou d’éléments de la nature comme l’eau et les feuillages, réalisées à la peinture à l’huile ou au pastel sec qui lui permet de travailler une matière à la fois lumineuse et veloutée. Son travail se réfère, entre autres, au jardin Majorelle d’Yves Saint Laurent ou encore à Monet visible dans L’Éveil des nymphéas où les nénuphars flottent sur un bleu profond tandis que les fleurs roses ponctuent la surface comme autant de touches de lumières. D’autres œuvres moins colorées mais tout aussi belles nous embarquent dans des paysages mystérieux et poétiques. L’artiste qui vient d’exposer avec Monet au fil de l’eau au Musée d’art et d’histoire de Saint-Lô nous invite à une sorte de contemplation non dénuée d’esthétique japonaise (jusqu’au 30 novembre).

Pèlerinage, une série de peintures inédites commandées par le musée Paul-Dini à l’artiste Patrice Giorda sur le territoire du Beaujolais © Musée Paul-Dini

Le musée Paul-Dini, musée municipal d’art moderne et contemporain de Villefranche-sur-Saône, célèbre avec Ici, ailleurs, au-delà. L’artiste et le territoire,son 25e anniversaire puisant dans sa collection qui, depuis 1800 à nos jours, représente la richesse de la création artistique en région Auvergne-Rhône-Alpes. Qu’ils soient natifs de la région ou de passage sur un temps donné, les artistes ont tous créé des liens – avec le territoire, ses habitants, ses paysages – que l’exposition interroge en même temps que la notion d’universalité d’une œuvre qui a pu y trouver son ancrage. Le parcours est composé de trois thèmes : Un territoire et ses paysages démontre que la variété des villages, architectures, montagnes, plaines, forêts, lacs, vergers est une source d’inspirations multiples ; Le territoire comme écosystème artistique révèle une dynamique créée par les réseaux d’artistes, de collectionneurs, de lieux d’exposition et d’échanges avec le public, et les critiques d’art (avec un focus sur Lyon) ; Le territoire et les liens à son histoire, à ses habitants et à ses bâtiments ou comment dans le cadre de résidences créées par le musée, les artistes réinvestissent des lieux ou bâtiments historiques, ouvrant de belles rencontres avec les habitants amenés à redécouvrir le patrimoine (du 7 novembre 2026 au 7 mars 2027).

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