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Voyage dans le regard poétique d'une iranienne occidentale, Persepolis est un film d'animation émouvant, drôle et inspiré.

Persepolis *** de Marjane Satrapi – 1h35

L'histoire : Dans un aéroport parisien, Marjane attend un avion pour Téhéran. Elle plonge dans ses souvenirs d'enfance et revoit en fond défiler une page de l'histoire iranienne de la chute du Shah à la guerre Iran/Irak.

De la poésie animée en noir et blanc. Une image tout en contraste, des traits épurés, un regard singulier sur l'Iran, Persepolis laisse pantois tant par son esthétique que par son propos. Sur le thème de l'exil, le film d'animation de la bédéaste Marjane Satrapi retrace sous un coup de crayon stylisé son histoire personnelle et celle de son pays natal sans jamais être didactique. Chiara Mastroianni prête son timbre grave et se fait le porte-voix de Marjane. Elle livre ses doutes, ses souffrances et ses joies aux femmes fortes de sa vie, sa mère et sa grand-mère délicieusement portées par Catherine Deneuve et Danielle Darrieux. Elle réussit le pari de transposer sa BD à succès à l'écran avec le concours de son ami Vincent Parronaud - autre dessinateur atypique. Le duo fonctionne et l'on peut même dire que l'outil cinématographique était fait pour eux. Tantôt réaliste, tantôt onirique, son univers alterne les tons avec talent et subtilité. On voyage entre les délires psychédéliques de Marjane et les difficultés quotidiennes d'une famille "d'esprits libres" avec un émerveillement sans cesse renouvelé. Car le propos est pudique, profondement humaniste et évite de tomber dans la caricature. Ça coule et c'est même drôle. Satrapi tourne en dérision les absurdités du régime obscurantiste - comme ce cours de dessin où le modèle féminin est voilée de la tête au pied - et s'attache "à montrer que l'Iran n'est pas qu'un peuple de fanatique mais aussi le pays de la poésie". Une démarche qui a touché le Festival de Cannes où Persépolis a reçu le Grand Prix du Jury, malgré les protestations de Téhéran contre cette sélection. Ce film mérite à l'évidence de rester dans les annales comme un modèle de cinéma "militant". L'imagination fait ici acte de résistance à l'obscurantisme. Et tant mieux si le film dérange Téhéran.

Les autres critiques

Gypsy Caravan **
Documentaire itinérant de Jasmine Dellal, 1h50 – Etats-Unis
Avec Taraf Haïdouks, Fanfare Ciocarlia, Antonio El Pipa, Esma Redzepova, Maharaja
Dans la lignée d'un Buena Vista Social Club, le Gypsy Caravan embarque avec 5 groupes pour une tournée de musiques tsiganes aux Etats-Unis. Extraits de concerts, coulisses, voyage dans l'intimité des musiciens, entre l'Inde et l'Espagne, ce documentaire témoigne de la richesse culturelle de ces peuples mal connus et souvent stigmatisés. Tantôt festifs, tantôt mélancoliques, les artistes sont à l'image de leurs musiques : profonds et denses. Le film est affaiblit par quelques longueurs. Reste que Gypsy Caravan est une introduction énergique aux musiques Roms. Une invitation à la danse et à la tolérance.

Ça rend heureux **

Comédie Dramatique de Joachim Lafosse – Belgique.
Que fait un cinéaste au chômage, sans le sou, après un bide et une rupture ? Non, il ne se suicide pas. Il met son histoire dans un scénario et cherche des bénévoles pour le réaliser. Pour ce 3e long métrage, Joachim Lafosse s'est en partie inspiré de sa propre expérience. Bel imbroglio, le film raconte le making off du film que l'on est en train de voir. Réaliste et social, Ça rend heureux est une réflexion sur la précarité et la création. Caméra épaule, plan de rue, petit budget, il se situe entre l'esprit Nouvelle Vague et le documentaire. Même si finalement, on a un peu l'impression d'un "film souvenir" fait pour l'équipe de tournage, les comédiens sont attachants et on a ri.

Ocean's 13 **

De Steven Soderbergh.
Etats-Unis – 2h
Que dire de ce troisième volet de la saga Ocean's démarrée en 2001 ? Qu'il réunit encore un aéropage d'acteurs surdoués sur un grand écran de fantasmes érotiques (George Clooney, Brad Pitt et Matt Damon en tête), qu'il est réalisé (encore) par Steven Soderbergh ? Que cette bande de joyeux lurons voulaient achever cette saga en beauté "avant d'avoir besoin de poches pour colostomie et de fauteuils roulants" selon Soderbergh ? Que la bande de braqueurs déjantés va s'attaquer à un nouveau casino de Las Vegas dirigé par Al Pacino ? Que justement Ocean's 13 adresse quelques clins d'œil à une autre trilogie, celle du Parrain, dans laquelle jouait Al Pacino ? Oui, que dire sinon que ce film va rencontrer son public.

Et aussi
American Vertigo de Michko Netchak. France. Documentaire. 1h35
La Colline a des Yeux 2 de Martin Weisz. Etats-Unis. Horreur. 1h30
Héros de Bruno Merle. France. Thriller. 1h56
London to Brighton de Paul Andrew Williams. Grande-Bretagne. Thriller. 1h30
13m2 de Barthélémy Grossmann. France. Policier.1h24
Steak de Quentin Dupieux. France. Comédie/Science-fiction. 1h25
Le prestige de la mort de Luc Moullet. France. Drame/Romance. 1h15

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