Qui dit rentrée dit Ambronay ! À l’heure où bien des festivals, en souffrance, peinent à maintenir leur train de vie, le festival d’Ambronay aborde cette 47e édition avec le sourire… et un programme tout feu tout flamme.
De sa préhistoire, avec la volonté dans les années 60 et 70 de valoriser le patrimoine – en l’occurrence la magnifique abbatiale d’Ambronay – aux premiers concerts dans les années 80 – mettant à l’honneur la première génération de “baroqueux“ –, le festival d’Ambronay s’est imposé peu à peu comme un rendez-vous de référence, à la fois musical et patrimonial. Promu Centre culturel de rencontre en 2003, le site bénéficiera alors de moyens encore étendus, stimulant les activités d’accompagnement d’artistes à l’année, de production discographique et de soutien à l’émergence
Malgré son statut de pachyderme du genre, Ambronay a su conserver cette petite touche “familiale” héritée des débuts où une petite équipe de bénévoles passionnés se contentait de trois bouts de ficelle, ce qui confère encore aujourd’hui au festival son côté accueillant et détendu, en comparaison d’autres grosses institutions.
C’est qu’Ambronay s’est construit avec et pour ces artistes pionniers qui, loin jadis des grandes scènes et des ors et paillettes, faisaient figure de vilains petits canards, voire de hippies romantiques se raccrochant à quelque archaïsme tombé en désuétude.
Aujourd’hui érigés au rang de références incontournables, ces artistes et ensembles iconiques (Les Arts Florissants, Jordi Savall, Le Poème harmonique, Leonardo García-Alarcón…) ont néanmoins conservé les liens de confiance et d’amitié qui les unissaient à l’équipe des débuts d’Ambronay, et cette fidélité inaltérable à ce beau rendez-vous de rentrée.
Légendes vivantes ou émergentes
Savant mélange des générations, des genres et des époques, le festival d’Ambronay ne se contente pas d’aborder le baroque mais explore les musiques anciennes dans leur diversité (Renaissance, médiéval, classique voire romantique, musiques du monde et même actuelles…).
Côté incontournables, on retrouvera ici Les Arts Florissants, emmenés par leur chef historique William Christie, dans un programme réunissant deux opéras du compositeur, dont celui qui donna son nom à l’ensemble associé à La Descente d’Orphée aux enfers.
On notera tout particulièrement la présence du Poème harmonique de Vincent Dumestre dans un récital vocal consacré à quelques pépites de musique sacrée vénitienne (Serafino Razzi, Pietro Antonio Locatelli, Francisco Soto, Antonio Vivaldi) mais également du chef maison Leonardo García-Alarcón, accompagné de Cappella Mediterranea et du Chœur de chambre de Namur dans un programme romain avec notamment le sublime Miserere d’Allegri.
Sans oublier la légende Jordi Savall, fidèle au poste à la tête de La Capella Reial de Catalunya et d’Hespèrion XXI dans le désormais culte Llibre Vermell de Montserrat.
Aux côtés de ces légendes, la relève ne fait pas pâle figure, tant s’en faut !
Pour en témoigner, Simon-Pierre Bestion et sa compagnie La Tempête célébreront les fastes du Siècle d’or espagnol tandis que la violoniste Meret Lüthi s’attaquera aux mystérieuses sonates du Rosaire de Biber.
On retrouvera également Amandine Beyer et son ensemble Gli Incogniti dans les 3e et 6e Concertos brandebourgeois de J.-S. Bach entre autres pièces concertantes pour violon baroque ou encore les fabuleuses Vêpres de la Vierge de Monteverdi par l’ensemble InAlto de Lambert Colson.
Impossible d’être exhaustif tant la programmation balaie large mais citons toutefois des “spectacles d’ouverture” comme les concerts de l’artiste pop-néo-classique Nosfell ou la diva soul Sandra Nkaké en trio, le nouveau spectacle théâtre et musique de l’excellent collectif Ubique autour de la lampe d’Aladin ou encore l’adaptation très chambriste (et tout public) de La Flûte enchantée de Mozart par Coloquio 6.
Rajoutons enfin que le menu proposé ne se résume pas à une avalanche de concerts mais qu’une myriade de rendez-vous périphériques “bonus” ponctueront les trois week-ends du festival. Visites guidées thématiques, ateliers ouverts à tous, bords de scène, clés d’écoute, bal chorégraphié… le tout dans une ambiance et un cadre uniques.
Festival d’Ambronay –Du 11 au 27 septembre dans divers lieux à Ambronay, dans l’Ain et à Lyon www.ambronay.org
