Odalisque couchée St-Pierre
Gaston-Casimir Saint-Pierre

Expos : l’orientalisme, vestige du colonialisme

L’“Orient” est un phantasme pour l’Occident. Notion très ethnocentrée, il alimente les désirs d’exotisme ainsi que le tourisme sexuel, d’André Gide, écrivain, à Frédéric Mitterrand, animateur de radio. En 2004, l’Institut du monde arabe avait proposé “De Delacroix à Renoir, l’Algérie des peintres*”. Le musée Paul-Dini nous invite aujourd’hui à découvrir la vision des peintres lyonnais qui ont rencontré cet Orient, entre 1840 et 1930 – Attention, DERNIERS JOURS.

Gaston-Casimir Saint-Pierre, Odalisque couchée (détail)

Gaston-Casimir Saint-Pierre, Odalisque couchée (détail)

Ainsi les peintres venus de France s’affichaient-ils aux cimaises du musée d’Alger, par exemple, tandis que les artistes locaux en étaient exclus, restant cantonnés aux enluminures ainsi qu’à l’art islamique. Un Jean Seignemartin (mort à Alger) fantasme jusqu’à la caricature de cet imaginaire des colons avec Pirates enlevant des naïades – aussi nues que lascives et eux habillés. Sénard peint un harem. Jules Migonney les bains et nus maures ou mauresques où les femmes sont nécessairement charnues et lascives.

Scènes de genre

Albert Marquet, Intérieur à Sidi Bou Saïd.

Albert Marquet, Intérieur à Sidi Bou Saïd.

Passé ces clichés et cette recherche du pittoresque, l’inspiration de ces peintres passés parfois par la villa Abd-el-Tif vient des scènes de genre : fileuses, cuisinières, cours intérieures, ruelles, casbahs, souks, intérieurs orientaux… Parfois, on touche au mythologique à travers un Sacrifice des poulets de Mainssieux, par exemple. Les paysages sont plus urbains que campagnards. Et si Appian, Villon, Barbier, Marie Claire-Tonoir ou Saint-Pierre sont de bons “petits maîtres” de l’époque, Marquet ou Manguin ont vu venir la “modernité”, à la suite de Matisse.

Et puis, il y a un peintre formidable en la personne de Pierre Combet-Descombes. Là, le “sujet” n’est qu’un prétexte. On est loin du folklore et de l’anecdotique ou de la seule quête d’une autre lumière. La peinture est le sujet, le questionnement, l’évidence, le langage.

Pierre Combet-Descombes, Salonique.

Pierre Combet-Descombes, Salonique.

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Les Lyonnais rencontrent l’Orient (1840-1930). Jusqu’au 9 février, au musée Paul-Dini, place Faubert, à Villefranche-sur-Saône.

* L’exposition “De Delacroix à Renoir, l’Algérie des peintres” a fait l’objet d’un catalogue, publié aux éditions Hazan en 2003.

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