@Inui. Le futur quartier au coeur de Villeurbanne.

Tout savoir sur la transformation de Villeurbanne, le maire se livre à Lyon Capitale

Deuxième ville la plus peuplée de la Métropole de Lyon, Villeurbanne, capitale française de la culture en 2022, va aussi subir de profonds changements ces prochaines années avec notamment l'arrivée de deux nouveaux trams. La ville veut aussi se doter d'un centre-ville plus attractif. Tour d'horizon.

Villeurbanne et ses 150 000 habitants. Autant que Grenoble. Villeurbanne et son histoire. Capitale française de la culture en 2022, les projecteurs ont de nouveau été tournés vers la grande voisine de Lyon, si proche et à la fois si éloignée.

Cédric Van Styvendael, le maire socialiste de Villeurbanne depuis 2020, à la tête d'une majorité d'union de la gauche, fait un tour d'horizon des nombreux sujets villeurbannais :

  • "Grandclément, je comprends que les gens continuent de nous engueuler en nous disant que ça n'avance pas assez" ;
  • Extension de la ZFE ? "Je ne me vois pas sanctionner les habitants de Saint-Jean sur des vignettes 4 ou des vignettes 3 tant que le tram n'est pas là".
    "Il ne faut pas cliver sur ce sujet-là [celui de la réduction de la place de la voiture, NDLR]. Il y a plutôt un besoin d'accompagner, de dire aux gens comment c'est possible, de donner à voir qu'il y a des solutions, de ne pas donner des leçons, de ne pas laisser l'impression qu'on est des yakafokon sur ces questions-là" ;
  • Deux trams arrivent en 2026 : "Je ne peux pas dire aux Villeurbannais que 2024 et 2025 ça va être un moment sympa en matière de circulation sur l'espace public" ;
  • "Villeurbanne n'est pas une ville anti-voitures" ;
  • "Il y a toujours des dealeurs au Tonkin, mais pour autant tout le monde reconnaît qu'on est sorti d'une phase, qui pouvait donner l'impression d'une impuissance publique presque organisée, où tout le monde se renvoyait la balle".

Lyon Capitale : Vous êtes maire de Villeurbanne depuis désormais deux ans, quels sont les trois marqueurs que vous souhaitez mettre en avant de votre début de mandat ?

Cédric Van Styvendael : C'est compliqué de ne pas commencer par Capitale française de la culture. C'est un mélange d'une approche politique - il y avait un gros projet culturel dans notre programme - et aussi la chance d'avoir été choisi. C'est à la fois la rencontre entre une intention politique forte et une opportunité historique pour Villeurbanne. Grâce à cela, on peut accélérer très fortement notre programme culturel à destination notamment des jeunes. Les six premiers mois sont au rendez-vous. C'est un projet qui aurait pu ne pas être un marqueur de début de mandat et qui en est un.

Le 2e marqueur, c'est la mobilisation très importante sur les questions de sécurité et de tranquillité. Pas dans une posture cow-boy avec le menton qui pointe en avant, mais avec une volonté de s'atteler aux difficultés qu'on rencontre avec l'ensemble des acteurs. C'est toujours compliqué d'avoir les retours en matière de politique de sécurité, mais si on regarde la question des doléances faites à la ville en matière de sécurité, en deux ans elles ont baissé de manière extrêmement importante. Cela ne veut surtout pas dire qu'il n'y en a plus, mais je sens une lecture des habitants qui ont l'impression qu'on s'en préoccupe et que ça fait partie de notre feuille de route. Yann Crombecque (l'adjoint en charge de la sécurité) a rencontré plus d'une cinquantaine de collectifs sur ces questions-là, fait plus d'une centaine de réunions.

Le 3e marqueur, c'est l'ambition forte sur les questions d'éducation, sur les travaux qu'on lance dans et devant les écoles, les réhabilitations des cours d'école et la lutte contre les îlots de chaleur. Parfois, sur les groupes scolaires, on ne dit pas assez ce qu'on fait.

Lire aussi : Villeurbanne aménage ses écoles pour des cours plus écologiques et plus inclusives

Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne. @Alex MARTIN / AFP)

Arrêtons-nous sur la culture. Comment surfer sur le succès de cette année Capitale française de la culture ? Comme faire pour que ça ne reste pas qu'un one shot ?

Je vois deux suites à Capitale française de la culture. On est dans un moment de notre histoire où on dit souvent "les Français sont en colère, etc...". Je crois qu'il y a surtout beaucoup de fatigue, de perte d'énergie. Les gens ont du mal à se projeter dans les changements qu'il faut conduire, dans l'évolution de certains comportements, dans le fait de se remobiliser dans des combats sociaux, politiques. Il y a une forme d'abattement. Je suis extrêmement heureux que Capitale française de la culture redonne de l'énergie et de la fierté à la ville. Je propose aux Villeurbannais de se servir de cette énergie qu'on a expérimentée ensemble. On a déjà fait plus de 350 évènements, 700 sont prévus d'ici la fin de l'année 2022.

J'ai envie de proposer aux Villeurbannais qu'on fasse quelque chose de cette expérience, dans tous les projets qu'on a lancés, je pense à l'Assemblée citoyenne, on a besoin de gens qui s'investissent pour le devenir de cette ville. Le maire de Villeurbanne, tout seul, il ne peut rien, même avec l'ensemble de ses adjoints, il ne peut pas grand-chose. Et même avec une administration de grande qualité, il ne peut pas tout. On a besoin de cette énergie citoyenne avec nous. J'espère bien qu'on puisse proposer un certain nombre de rendez-vous sur l'année 2023 pour retrouver aussi de l'espace de contact et d'engagement. Je ne vous aurai jamais dit ça il y a 6 mois, en tout cas de cette façon, tant qu'on n'avait pas vécu ces moments assez exceptionnels d'émotion collective sur lesquels moi j'ai envie qu'on arrive à capitaliser au service de la transformation de notre ville.

Quid du Festival réel, organisé par des jeunes de 12 à 25 ans, qui a rassemblé énormément de monde à la Feyssine début juin ?

C'était génial, une superbe réussite. Dès le dimanche, ils n'avaient pas fini de ranger qu'ils me disaient "quand est-ce qu'on en refait un ?". Je souhaite profondément qu'on puisse refaire au moins une édition de ce festival avant la fin du mandat. Après, cela demande aussi une forme de vigilance financière. Cette année 2022 a des coûts exceptionnels que tout le monde accepte. Ce caractère exceptionnel, on ne pourra pas le financer chaque année. Il faut trouver les moyens aussi de nos ambitions. Ce qui a fait le côté exceptionnel, c'est aussi parce qu'il a été organisé par des jeunes.

Cette année, tous les évènements de la ville étaient axés sur une offre jeunesse. Ça peut continuer ?

On réfléchit avec la DRAC et le ministère de la Culture à une notion de scène jeunesse villeurbannaise. Pas un nouvel équipement. Mais en se disant, et si on faisait une programmation annuelle jeunesse. Elle viendrait labelliser chaque équipement qui s'engage, le TNP avec une programmation jeunesse, les Ateliers Frappaz etc... L'idée, c'est de créer une identité jeunesse villeurbannaise, il faut qu'on trouve le bon label avec la DRAC et le ministère de la Culture.

À l'aune de tout ce qu'on a vécu cette année, notamment avec les arts de la rue, l'art sur l'espace public, est-ce que ce n'est pas le moment aussi de venir nourrir, enrichir, notre programmation des Invites, en tout cas sur la forme. Cela peut être une réflexion.

Cette année 2022, c'est un formidable laboratoire pour voir ce qu'on peut insuffler dans notre politique culturelle tout au long des années à venir.


"Je ne peux pas dire aux Villeurbannais que 2024 et 2025, ça va être un moment sympa en matière de circulation sur l'espace public"


En matière de transition écologique, qu'est-ce qui change et va changer à Villeurbanne ?

Il y a des choses visibles, d'autres moins. On est très en lien avec la Métropole de Lyon sur tous ces sujets, où on avance ensemble comme sur les nouveaux trams qui arrivent, le déploiement de la ZFE. On co-produit la politique de végétalisation.

Des nouveaux parcs voient également le jour à Villeurbanne. On a aussi un très gros chantier de réhabilitation du patrimoine de la ville. Il y a aussi l'alimentation, augmentation du bio dans les cantines, on est déjà à 50% de bio ou de local. J'ai aussi très bon espoir qu'on arrive à finaliser notre projet de 0 plastique dans les cantines, avec une ambition de passer à 0 plastique dans les 2 ans qui viennent.

Lire aussi : Villeurbanne souhaite une transition écologique ambitieuse : les grandes lignes pour le mandat

La transformation des cours d'école se poursuit, la lutte contre les îlots de chaleur. À Villeurbanne, c'est la 1re adjointe (Agnès Thouvenot, adjointe à la transition écologique, la ville durable, l’urbanisme et l’habitat) qui coordonne cela, elle a une forte vigilance à ce que l'ensemble des actions de la ville soient convergentes en la matière. Une somme de différentes actions vient participer à cette transition.

Deux nouveaux trams arrivent à Villeurbanne en 2026 (le T6 nord et le T9), une ligne de bus à haut niveau de service aussi. La ville va être quadrillée par des transports structurants. Villeurbanne va se transformer, cela va aussi susciter de gros travaux...

Tout le monde a bien compris qu'il y allait avoir un tram, je ne suis pas sûr que tout le monde ait bien compris le niveau de désagrément que nous allons vivre pendant deux ans - deux ans et demi. Car T6 + T9 + BHNS, sans compter tous les autres travaux. On est en train de s'organiser pour qu'on ajuste et qu'on coordonne au mieux les phases de chantier, pour faire en sorte qu'il y ait le moins de désagréments possibles.

Après, je ne peux pas dire aux Villeurbannais que 2024 et 2025, ça va être un moment sympa en matière de circulation sur l'espace public. C'est un pari de la confiance, à un moment il faut passer par cette transformation. Pour avoir des transports structurants. Changer la ville sans à un moment la mettre en chantier, ça n'existe pas.

Le T6 va notamment traverser la ville du nord au sud, où en êtes vous sur la refonte du plan de circulation ?

On travaille sur cette question du plan de circulation avec la Métropole. Il ne faut rien lâcher, on est parfois sur des logiques concurrentielles (sourire). J'assume qu'il faut moins de place pour la voiture dans notre ville, notamment pour les déplacements intra-urbains, mais pour autant, il faut tenir compte d'un certain nombre d'usages, et il ne faut pas non plus tout verrouiller, faire comme si personne n'avait besoin de sa voiture.

"Villeurbanne n'est pas une ville anti-voitures"

J'assume un parti pris de la diminution de la place de la voiture dans l'hyper-centralité de Villeurbanne (rue Francis de Pressensé - rue Verlaine ou Ollier - rue du 4 août - Anatole France), une sorte de grand rectangle dont on pourrait considérer que c'est notre centre-ville villeurbannais.

La Presqu'île de Villeurbanne...

Jamais je n'utiliserai le terme Presqu'île (rires), c'est le centre-ville historique de Villeurbanne, auquel je veux qu'on travaille sur des questions d'identités urbaines. Je veux qu'on épaississe cette identité très forte qu'il y a sur l'avenue Henri-Barbusse. Il faut que l'ensemble de ce périmètre puisse en bénéficier pour qu'il y ait une compréhension physique et sensorielle du fait qu'on soit dans un centre-ville urbain, de très grande ville, avec tous les éléments qualitatifs. Sur ce périmètre (le grand rectangle), je l'annonce et je l'assume, une diminution de la place de la voiture est prévue.

Villeurbanne © Antoine Merlet

Et sur le reste de la ville ?

Je souhaite que différents usages puissent cohabiter. Donc on renforce les transports en commun, mais on laisse la possibilité aux autres usages. Villeurbanne n'est pas une ville anti-voitures. Villeurbanne est une ville qui lutte contre le réchauffement climatique, qui veut améliorer la qualité de l'air, mais pas une ville anti-voitures.


Il ne faut pas cliver sur ce sujet-là (celui de la réduction de la place de la voiture). Il y a plutôt un besoin d'accompagner, de dire aux gens comment c'est possible, de donner à voir qu'il y a des solutions, de ne pas donner des leçons, de ne pas laisser l'impression qu'on est des yakafokon sur ces questions-là


Dans l'opinion publique, tout le monde s'est fait à l'idée qu'il faut moins de voitures dans l'espace public, que c'est plus de confort. Personne ne me dit qu'il faut remettre des voitures sur l'avenue Henri-Barbusse, personne ne m'allume en me disant que je suis un khmer vert. Mais il ne faut pas cliver sur ce sujet-là. Il y a plutôt un besoin d'accompagner, de dire aux gens comment c'est possible, de donner à voir qu'il y a des solutions, de ne pas donner des leçons, de ne pas laisser l'impression qu'on est des yakafokon sur ces questions-là.

Ça ne sert à rien de braquer les gens en leur disant "tu n'as rien compris à ce qu'il se passe". Je crois que les gens ont compris, peut-être que certains ne vont pas assez vite. Mais c'est à nous, les politiques, de trouver les leviers qui vont dépasser ces blocages-là. La plupart des gens ne sont pas anti-climat par nature, c'est souvent qu'ils n'arrivent pas à se projeter. Notre boulot, c'est d'être pédagogique, d'accompagner ces évolutions, plutôt que de pointer du doigt.


Extension de la ZFE ? "Je ne me vois pas sanctionner les habitants de Saint-Jean sur des vignettes 4 ou des vignettes 3 tant que le tram n'est pas là"


À l'instar de Lyon, Villeurbanne va-t-elle passer en ville 30 ?

Je suis prêt à annoncer notre passage en ville 30 d'ici la fin de l'année, la Métropole me dit que le temps de faire tous les aménagements, ça pourrait être effectif mi-2023. C'est le temps qu'il nous reste pour finaliser financièrement les engagements de la Métropole sur l'aménagement d'un certain nombre d'axes routiers sur lesquelles les vitesses sont aujourd'hui supérieures à 50km/h dans les relevés qu'on fait.

L'un des gros sujets de ces prochaines années, c'est l'amplification de la ZFE (Zone à faibles émissions). Une grande partie de Villeurbanne (la partie "à l'intérieur du périphérique") est comprise dans le périmètre ZFE. Êtes-vous favorable à une extension de ce périmètre pour la totalité de Villeurbanne ?

Il reste en effet à discuter à la rentrée (de septembre 2022) de l'extension du périmètre. Il y a deux scénarios actuellement : un scénario qui va jusqu'à la rocade, l'autre englobe toute la Métropole de Lyon. Les deux ont à peu près les mêmes résultats en matière de lutte contre les émissions de particules. Ça va être un choix politique métropolitain.

Cette extension sur la partie St-Jean - Les Brosses - La Soie, j'y étais favorable sous réserve que le calendrier des interdictions des véhicules Crit' Air 4, 3 etc.. soit bien compatible avec le calendrier de livraison des équipements de transport en commun structurants. Je ne me vois pas sanctionner les habitants de Saint-Jean sur des vignettes 4 ou des vignettes 3 tant que le tram n'est pas là.

L'extension du périmètre ne concerne de toute façon pas la vignette 2.

Donc, en résumé, tant que le tram T9 n'est pas mis en circulation, pas d'extension de la ZFE à l'est de Villeurbanne ? Mais la mise en service du T9, ça ne sera pas avant 2026...

Je dis que ça se discute, mais pour moi le point de vigilance, ça sera celui de la sanction. OK pour l'extension. Mais je ne veux pas de sanction. Le gros problème, c'est la vignette 3. C'est notre gros volume. Je ne veux pas de sanction pour la population qui aurait une vignette 3 tant que le tram n'est pas là.

En termes de démocratie participative, quel bilan tirez-vous de l'assemblée citoyenne ? Du budget participatif ? Comptez-vous aller plus loin ?

Dès l'année 2022, l'assemblée citoyenne a amélioré le dispositif du budget participatif. Sur la base de ce qui s'était passé en 2021. Ils ont notamment décidé de réserver des budgets par territoire pour avoir une meilleure représentativité de tout Villeurbanne. Je suis très content de ce pilotage par l'assemblée citoyenne. Ce n'est pas une Ville qui dans sa grande bonté distribue 1 million par an à la population en disant "amusez-vous". C'est l'assemblée citoyenne qui gère.

Les retours sont plutôt positifs. Les vraies difficultés qu'on a, c'est qu'on ne sait pas trop comment financer le fonctionnement par la suite. Les collectivités ne savent jamais très bien financer le fonctionnement. L'investissement, on sait faire. On ne sait aussi pas encore très bien comment articuler les compétences Métropole - ville. Il y a des discussions qui s'engagent avec la Métropole. Comment fait-on quand un projet porté par le budget participatif est sur les compétences de la Métropole ? Est-ce qu'on crée un fonds commun d'intervention ? Il y a encore des points à réfléchir.

@Inui. Le futur quartier au coeur de Villeurbanne.

Sur la sécurité, vous dites ne pas être "dans une posture cow-boy avec le menton qui pointe en avant, mais avec une volonté de s'atteler aux difficultés". Quel est le votre leitmotiv en matière de sécurité ?

La sécurité, ce n'est pas une politique de droite ou de gauche. On était enfermés dans ce stéréotype depuis trop longtemps. Si vous aviez un propos sur le registre de la répression, vous étiez soupçonné d'être de droite, et si vous aviez un propos lénifiant sur la prévention, vous étiez de gauche. La sécurité, ça n'a pas de bords. La question de se sentir en sécurité, ça fait partie des prérogatives régaliennes, celles de l'Etat, mais aussi de celles et ceux qui ont en charge la vie collective.

Surtout, on a besoin de l'énergie des Villeurbannais, on a besoin qu'ils s'engagent. Quand on n'est pas en sécurité sur des besoins fondamentaux, se loger, manger, avoir des enfants correctement éduqués à l'école, c'est compliqué de se projeter dans la vie. La question de la sécurité, pour moi c'est un espace de barrage à faire toute autre proposition.

Quand on arrivait sur un territoire, on nous disait "commencez déjà par vous occuper des dealeurs, le reste on verra ensuite". On a commencé à s'occuper des dealeurs, alors je ne dis pas qu'on a réglé le problème. Il y a toujours des dealeurs au Tonkin, mais pour autant tout le monde reconnaît qu'on est sorti d'une phase, qui pouvait donner l'impression d'une impuissance publique presque organisée, où tout le monde se renvoyait la balle. Les interventions ont été multipliées par 10 sur le secteur, les saisies aussi. Ça fait longtemps que sur les réseaux sociaux je ne me fais pas interpeller par les collectifs "En colère". Tout le monde reconnaît qu'on s'est mis au boulot.

On a recruté des policiers municipaux, la vidéo-surveillance se déploie, on a développé des caméras poitrine pour les policiers municipaux. Je ne dis pas que c'est un non-sujet, cela reste un sujet extrêmement préoccupant. Mais on peut nous reconnaître une forme de volontarisme, de ne pas avoir mis la poussière sous le tapis et de ne pas dire "c'est inhérent à la ville que d'avoir ces difficultés-là". On ne peut rien faire sans les collectifs d'habitants. Les collectifs ont repris possession au Tonkin du terrain, du pied d'immeuble.

Je suis en revanche beaucoup moins satisfait de la manière dont vit Grandclément actuellement. C'est l'un des lieux sur lesquels les résultats ne sont pas là encore. Il y a eu un déplacement du trafic, qui était notamment à la Guillotière, à Grandclément.


"Grandclément, je comprends que les gens continuent de nous engueuler en nous disant que ça n'avance pas assez"

Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne


Grandclément est dans un périmètre d'attente de projet, avec le tram qui va arriver, mais qui n'est pas encore là. Si je dois faire une forme d'autocritique, le Tonkin je trouve que ça avance bien, Grandclément je comprends que les gens continuent de nous engueuler en nous disant que ça n'avance pas assez. Ces critiques sont recevables.

Il y a beaucoup de choses liées à l'aménagement urbain à Grandclément que je ne peux pas traiter d'un coup de baguette magique, si en plus je n'ai pas d'effectif de police nationale supplémentaire à cet endroit-là. Malgré les annonces, je ne les ai pas vus venir. Je vois des améliorations liées à la réorganisation de la police nationale, notamment à Villeurbanne. La réorganisation amène de la présence humaine supplémentaire. Il faut le dire. Mais ce ne sont pas des effectifs supplémentaires comme je l'ai demandé avec une brigade de sécurité territoriale (BST). Je maintiens cette demande. Le ministre de l'Intérieur n'a pas changé, il ne pourra pas faire comme s'il avait oublié.

Le marché des policiers municipaux reste de son côté tendu, comme de partout dans le pays. Notre objectif, c'est 75 en 2026. Et si ça allait plus vite, je ne serai pas contre le fait de dépasser 75. On doit être à 58-59 actuellement.

En matière de tourisme, vous nous avez souvent dit vouloir donner beaucoup plus envie aux touristes de venir à Villeurbanne. Comment développer davantage l'attrait pour cette cité de 100 000 habitants ?

Merci Capitale française de la culture, qui met en lumière notre fabuleuse ville. 22 balades patrimoniales sont organisées en parallèle de l'évènement. Et puis Villeurbanne se transforme. L'identité de centre-ville est affirmée et renforcée, il n'y a pas d'autre projet dans les 20 premières grandes villes de France qui double son centre-ville.

Demain, on s'organise aussi pour que ce centre-ville ait une fonctionnalité de centre pour les Villeurbannais, mais qu'il ait aussi une attractivité qui dépasse Villeurbanne. Avec un tissu commercial à notre main, sur lequel on souhaite développer une offre différente de toutes les avenues commerçantes de France. Ça ne m'intéresse pas qu'on retrouve toujours les même grandes marques. Elles sont déjà présentes dans la partie sud de l'avenue Henri-Barbusse, je veux que la partie nord ait son identité particulière. En matière de commerces, de loisirs. La partie sud, c'est 900 logements, 25 000 m2 de commerces. À titre de comparaison, il y a 1 300 logements, moins de 25 000 m2 de commerces au nord. On fait plus que doubler l'offre commerciale d'activité.

Lire aussi : Villeurbanne : Tram T6, logements, le site ACI bientôt transformé en "nouveau morceau de ville", décryptage

Quid de la traversée du très fréquenté cours Emile-Zola ? Comme l'apaiser ?

La traversée du cours Emile Zola, on pourrait aller jusqu'à l'idée que ça devienne une zone de rencontre, je ne sais pas si on ira jusque-là. Demain, il est hors de question que sur cet espace-là on ait l'impression que la voiture est prioritaire sur le piéton.

Festival Réel à Villeurbanne au parc de la Feyssine en juin 2022. Capture Twitter @villeurbanne

Pour attirer des touristes, il manque aussi des restaurants à Villeurbanne non ?

Oui, je suis d'accord. À chaque fois qu'il y en a un qui ouvre, il est plein. Je le dis aux opérateurs privés : "Faites confiance à Villeurbanne, venez !" Nous, on va accompagner, développer. Il y a de l'espace pour celles et ceux qui connaissent ce territoire, qui le comprennent. Mais nous, il faut aussi qu'on communique, qu'on donne à voir de nos intentions, de nos ambitions. Mais oui, même si j'adore tous les restaurateurs villeurbannais, l'offre de restauration pourrait s'enrichir.

Villeurbanne souffre toujours de la comparaison avec sa magnifique voisine... Lyon ?

Je ne le vis pas mal (rires). Aujourd'hui, on a encore des exemples de restaurateurs qui ne se projettent pas à Villeurbanne. C'est notre taff de faire en sorte qu'ils se projettent. Il faut qu'on maille la ville de lieux de restauration. Celles et ceux qui se sont lancés dans le pari à Villeurbanne, ça tourne, ça marche.

Donc il y a du potentiel ?

Oui, je dis qu'il y a du potentiel. Pour les Villeurbannais déjà, quand le soir ils ont envie d'aller au resto, si on pouvait éviter qu'ils aillent à Lyon, ça serait pas mal (rires). Il y a de l'espace à Villeurbanne. On a un déficit d'offre d'hôtellerie aussi. Quand on regarde le parc hôtelier de Villeurbanne, c'est sans commune mesure avec d'autres villes de 150 000 habitants. Les hôtels, on ne les faisait jamais à Villeurbanne. On paye des arbitrages précédents d'une guéguerre Lyon-Villeurbanne qui n'a plus lieu d'être, on est désormais dans un tourisme raisonné. Il faut qu'on obtienne des arbitrages dans les schémas de développement hôtelier. Mais on va les avoir, je n'ai pas d'inquiétude là-dessus.

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