Le maire de Grenoble Éric Piolle. (Crédit : DR)

Soupçons de favoritisme à Grenoble : le maire Eric Piolle fixé mardi 

Soupçonné dans une affaire de favoritisme pour l’attribution d’un marché public par sa ville, le maire de Grenoble Éric Piolle sera fixé ce mardi 25 octobre sur son sort.

Fin septembre, le maire écologiste de Grenoble Éric Piolle comparaissait devant le tribunal de Valence, aux côtés de six coprévenus, dans une affaire de favoritisme dans l’attribution d’un marché public par sa ville. Le tribunal correctionnel drômois, où l’affaire a été dépaysée, doit rendre son verdict ce mardi 25 octobre concernant les faits supposés d'octroi d'avantages injustifiés au bénéfice de l'association "Fusées" en lui confiant l'organisation d'une fête populaire à Grenoble en 2015 et 2016.

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Le maire épargné lors du procès

Lors du procès fin septembre, le procureur Laurent de Caigny avait épargné Éric Piolle, estimant qu'il n'y avait pas de certitude "qu'il a manoeuvré" ou "dissimulé", rappelle l’AFP. Il n'avait donc pas réclamé de condamnation, sans toutefois demander explicitement sa relaxe.  Pour l'ancien directeur général des services municipaux François Langlois et une employée, le procureur n'a pas non plus requis de peine, estimant qu'ils avaient agi "de bonne foi". Il a, en revanche, réclamé des amendes avec ou sans sursis pour les quatre autres prévenus, deux ex-agents territoriaux de Grenoble et deux représentants de "Fusées", pour avoir commis ou profité d'une forme de "délit de bureau". 

Les débats des 26 et 27 septembre, assez techniques, avaient largement porté sur la nature de la prestation du collectif culturel pour les deux premières éditions de la Fête des Tuiles, qui n'avaient à l'époque pas fait l'objet d'appel d'offres, exposant les intervenants à des soupçons de favoritisme. 

L'opposition partie civile

S'agissant de la commande d'une œuvre artistique, l'article 35 du code des marchés publics prévoit une dérogation, mais ce n'est pas le cas d'un contrat d'organisation d'une manifestation culturelle. Pour la Chambre régionale des comptes (CRC), dont un signalement avait déclenché en 2018 une enquête préliminaire puis en 2021 le placement en garde à vue d’Éric Piolle, la prestation avait "trait à la réalisation et à la conception de la fête" et ne pouvait donc "justifier la procédure retenue". 

"Les gens en place font leur travail sans avoir besoin de me solliciter, de m'alerter, mais je suis à l'aise avec ce qui a été fait", s'était défendu le maire EELV, à la tête de la ville depuis 2014. Selon lui, la commande était celle d'une oeuvre artistique. Thierry Aldeguer, avocat de l'opposition municipale menée par l'ancien maire Alain Carignon, qui s'est constituée partie civile, avait lui estimé que "M. Piolle, en sa qualité de maire, avait le devoir de faire respecter le code des marchés publics" pour ces contrats avoisinant chacun les 130.000 euros. De son côté, le procureur a constaté que le maire avait "rempli ses devoirs en bonne conscience" car il faisait confiance à ses services.

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