Autun fait figure d’exception : c’est la seule zone d’emploi de toute la région où le taux de chômage n’a pas augmenté sur un an.

Saône-et-Loire : moins d'emplois, plus de chômeurs au printemps 2026

Avec environ 1 700 emplois salariés perdus en un an, la Saône-et-Loire recule plus vite que la région, même si son chômage (7,2%) progresse moins qu'ailleurs.

Près de 800 emplois salariés perdus en trois mois, environ 1 700 en un an. La Saône-et-Loire figure parmi les départements de Bourgogne-Franche-Comté les plus touchés par la dégradation du marché du travail au printemps 2026. Le chômage y progresse aussi, mais moins vite qu'ailleurs.

Fin juin 2026, la Saône-et-Loire compte 190 400 emplois salariés. Sur un trimestre, ses effectifs baissent de 0,4%, et de 0,9% sur un an. Rapporté au nombre d'emplois, cela représente environ 760 postes en moins depuis mars, et quelques 1 700 depuis juin 2025.

Sur douze mois, seuls deux départements font pire : le Jura ( - 1,7%) et le Territoire de Belfort ( -1%). La Saône-et-Loire recule ainsi plus nettement que la moyenne régionale (- 0,8%), et bien plus que la France (- 0,3%). Le contraste est fort avec la Côte-d'Or et le Doubs voisins, qui limitent la baisse à - 0,5% sur un an.

Le poids du département rend ce repli d'autant plus sensible. Avec près d'un emploi salarié sur cinq de la région, la Saône-et-Loire est le troisième pôle d'emploi de Bourgogne-Franche-Comté, derrière la Côte-d'Or (223 300) et le Doubs (196 400).

Les chiffres clés en Saône-et-Loire (2e trimestre 2026)
(source Insee)

> 190 400 emplois salariés
> -0,4 % sur un trimestre, -0,9% sur un an
> Taux de chômage : 7,2% (+ 0,1 point en trois mois, + 0,5 point en un an)

Un chômage en hausse, mais contenu

Le taux de chômage atteint 7,2% au deuxième trimestre. C'est 0,1 point de plus qu'au trimestre précédent et 0,5 point de plus qu'il y a un an.

La Saône-et-Loire résiste toutefois mieux que la plupart de ses voisins sur ce terrain. Son taux reste inférieur à la moyenne régionale (7,4%) et nationale hors Mayotte (8,3%). Seuls le Jura (6,1%) et la Côte-d'Or (6,6%) font mieux. Et sur un an, la hausse y est plus modérée que dans la Côte-d'Or, la Haute-Saône, l'Yonne ou le Territoire de Belfort, où elle atteint 0,7 point. Seule la Nièvre affiche une progression plus faible (+ 0,3 point).

Autun fait figure d'exception : c'est la seule zone d'emploi de toute la région où le taux de chômage n'a pas augmenté sur un an.

Un contexte régional qui pèse

La Saône-et-Loire subit une tendance de fond. Dans l'ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté, l'emploi salarié se contracte plus nettement ce printemps, après près de deux ans de lente dégradation, alors qu'il reste quasi stable au niveau national. C'est l'emploi privé qui recule, de 1% sur un an dans la région, soit plus de 7 000 postes supprimés, quand l'emploi public se maintient.

Au niveau régional, presque tous les secteurs perdent des emplois. La construction est la plus touchée ( -0,8% sur le trimestre), pénalisée par la faiblesse des mises en chantier et le recul de la commande publique après les municipales. L'industrie voit son érosion s'accentuer (- 0,3%), notamment dans la métallurgie et l'ameublement. Seuls les services non marchands tiennent, grâce aux embauches dans la santé.

Les difficultés des entreprises font peser une menace sur l'emploi dans les mois à venir. Dans la région, près de 470 procédures collectives ont été ouvertes entre avril et juin. Si le nombre de défaillances baisse de 10% sur un an, les emplois menacés progressent fortement : quelque 1 860 salariés travaillent dans une entreprise en procédure, près de 30% de plus qu'un an plus tôt, surtout dans l'industrie. Les demandes de délais de paiement auprès des Urssaf augmentent aussi (+ 8,3 %), tout comme les heures de chômage partiel autorisées.

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