Gilles Artigues doit déposer plainte ce lundi 29 août pour chantage et menaces. Il aurait été victime d’un chantage à la vidéo érotique par des membres de l’entourage du maire de Saint-Étienne selon les révélations de Mediapart. (Crédit : Facebook de Gilles Artigues)

Saint-Étienne : Gilles Artigues va déposer plainte ce lundi après un chantage à la vidéo érotique

Depuis vendredi 26 août, la Ville de Saint-Étienne est secouée par les révélations de Mediapart concernant un chantage à la vidéo érotique qui aurait été exercé par l’entourage du maire sur son adjoint Gilles Artigues. Ce dernier doit déposer plainte ce lundi notamment pour "chantage", "menaces" ou encore "guet-apens en bande organisée".

"La machination dont j’ai été victime a pourri ma vie. Cette vie qui est si belle et que j’ai plusieurs fois songé à quitter, tant j’étais désespéré", confie ce lundi 29 août Gilles Artigues, près de trois mois après avoir démissionné de son poste de premier adjoint auprès du maire de LR de Saint-Étienne Gaël Perdriau. Dans ce message posté sur le réseau social Facebook, l’élu s’exprime pour la première fois sur l’affaire de chantage à la vidéo érotique au coeur de laquelle il se trouve et qui secoue la Ville de Saint-Étienne depuis trois jours. 

Vendredi 26 août, le journal d’investigation Mediapart dévoilait dans une enquête que des membres de l’entourage de Gaël Perdriau auraient piégé et fait chanter Gilles Artigues après s’être procuré une vidéo de lui, filmée à son insu, avec un escort gay dans une chambre d’hôtel. Une intimidation qui, d’après Mediapart,  aurait eu pour but de "contenir son influence politique" à Saint-Étienne.

Gilles Artigues est "persuadé qu’il a été drogué"

L’élu centriste doit déposer plainte ce lundi 29 juin pour "chantage" et "menaces", explique ce matin son avocat Me André Buffard dans une interview accordée à France Bleu et relayée par Gilles Artigues. Par la voix de son avocat, l’ex-premier adjoint assure être "persuadé qu’il a été drogué" et soutien qu’il "ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé". 

Selon nos confrères du Progrès, une plainte va également être déposée pour "guet-apens en bande organisée", "détournement de fonds publics", et "non-dénonciation d’un crime ou d’un délit", car d’après l’avocat de M. Artigues, Gaël Perdriau aurait été mis au courant des faits "dès 2016". "À ce titre, il aurait dû signaler les faits au titre de l’article 40 du code de procédure pénale", explique Me Buffard au quotidien régional. 

Gaël Perdriau ni toute implication

Dans son enquête, Médiapart révèle que la vidéo incriminée aurait été tournée en 2014 en complicité avec un élu de la majorité du maire, Samy Kéfi-Jérôme, aujourd’hui adjoint chargé de l’Éducation et la jeunesse à la municipalité de Saint-Étienne. Entre temps, l’élu en question a également accédé au poste de vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avant de redevenir simple conseiller régional délégué à la stratégie digitale au sein de la collectivité présidée par Laurent Wauquiez. Une fonction dont il a été suspendu le 27 août par la Région, "À la suite des informations parues dans la presse le mettant en cause […]. Dans l’attente de plus amples éléments, cette mise en retrait lui permettra de pleinement assurer sa défense", expliquent les services de la collectivité dans un communiqué. 

C’est le témoignage auprès de Mediapart de Gilles Rossary-Lenglet, l’ex-compagnon de Samy Kéfi-Jérôme qui aurait lui aussi joué un rôle central dans le tournage de cette vidéo d’un "massage érotique", qui a permis de faire éclater l’affaire. Ce week-end, Gaël Perdriau a réagi à l’affaire en contestant "fermement toute notion de chantage contre Gilles Artigues qui serait liée aux décisions qu’il a prises récemment au sein de l’exécutif ". Dans des propos partagés par Le Progrès, l’élu dit se "réserver le droit" de déposer plainte suite à la publication de l’article de Mediapart, qui, selon ses mots, "le met de manière insidieuse en cause".

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