Réduction de la vitesse : Lyon va passer en "ville 30" en 2022, qu'est-ce que ça veut dire ?

Après Oullins, Poleymieux-au-Mont-d'Or ou encore Fontaines-Saint-Martin, une nouvelle ville de la Métropole de Lyon va passer en "ville 30". Et pas n'importe laquelle. Lyon va en effet passer en ville 30 en 2022, selon le vice-président à la voirie et aux mobilités actives à la Métropole, Fabien Bagnon. Mais "ville 30", concrètement, ça veut dire quoi ?

Fabien Bagnon, le vice-président à la voirie et aux mobilités actives, l'a annoncé à nos confrères de Tribune de Lyon : "Des actions plus structurantes  (sont) en cours, comme le passage de Lyon en ville 30. La date sera annoncée avant la fin d’année, c’est pour l’an prochain". Lyon va ainsi suivre le chemin de plusieurs autres communes de la Métropole de Lyon, déjà "ville 30". Comme Oullins depuis juillet 2019, Poleymieux-au-Mont-d'Or, en début d'année 2021, ou encore Fontaines-Saint-Martin au début de l'été. La Mulatière va aussi suivre.

Qu'est-ce-que c'est la "ville 30" ? "La ville 30, pour rappel, c'est inverser la logique. Se dire, 30km/h, c'est la base en ville. Et quelques axes, des grands axes, sélectionnés qui restent à 50 km/h. Ce n'est pas comme une zone 30 où on définit une petite zone où la limitation de vitesse est à 30km/h. La logique est inversée", résumait à Lyon Capitale il y a quelques semaines Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon aux mobilités, à la logistique urbaine et aux espaces publics.

Objectif de la Métropole : que 2/3 des habitants résident sur une commune à 30km/h d'ici 2026

Pour Fabien Bagnon c’est "un des outils pour répondre à la demande des habitants d’apaiser la voirie". L’élu souligne que "ce n’est pas le seul dispositif, mais c’est celui qui permet d’aller le plus vite et d’obtenir l’apaisement". Outre la "réduction de l’accidentologie et du bruit", l’idée derrière la "ville 30" est aussi de redonner la priorité aux piétons. "Sur la Métropole, la priorité des piétons est très très peu respectée. Le piéton montre son intention de traverser et malgré cela les automobilistes ont beaucoup de mal à s’arrêter", expliquait Fabien Bagnon mi-juillet à Lyon Cap'. Selon lui, "l’un des bénéfices de la "ville 30", et cela a été montré, c’est qu’étant donné le différentiel de vitesse plus faible, les automobilistes sont naturellement plus à même de céder la priorité, car le freinage est moins important. Cela encourage donc le respect de la priorité des piétons aux passages piétons, qui aujourd’hui finissent par abandonner ce droit et s’engagent quand il n’y a plus de voitures".

Pour mémoire, dans son programme la Métropole de Lyon affichait son ambition d’aider les deux tiers des communes du Grand Lyon à passer en "ville 30" d’ici la fin du mandat. Un objectif qui devrait être "affiné" dans les prochains mois, "on aimerait bien que les 2/3 des habitants de la métropole résident sur une commune à 30 km/h", laissait entendre le vice-président à la voirie mi-juillet. Le passage d'une très grande commune en "ville 30" peut ainsi permettre d'atteindre l'objectif sans trop de difficultés... Une grande commune comme Lyon, 500 000 habitants. Sur les 1 400 000 habitants de la Métropole de Lyon.

Un bilan positif à Oullins, la première commune à avoir mis en place le dispositif

Oullins a été la première commune à expérimenter ce dispositif. Dès 2019. Au début de l'année 2021, sur LyonCapitale.fr, la maire d'Oullins Clotilde Pouzergue dressait un premier bilan du passage en ville 30 de sa commune, la 1ère de la Métropole de Lyon : "c’est un bilan plutôt positif en terme de mentalités. Les associations cyclistes nous le disent. Ils ont le sentiment que la vitesse a baissé. A force de marteler un certain nombre de messages, on comprend que demain, il va falloir partager la voirie. Il faut encore qu’on fasse des aménagements. Marquer des gros « 30 » au sol, ça ne suffit pas. Il y a déjà des aménagements qui ont été faits, mais il faut qu’on aille encore plus loin. La réflexion autour du plan de circulation dans le centre-ville participe à cet apaisement de la vitesse".

"On a aussi déployé quelques radars pédagogiques pour accompagner cette mesure. Dans certains quartiers, on nous dit que la vitesse est encore trop élevée. On a besoin d’accompagner, ça ne se fait pas du jour au lendemain. On va aller un petit peu plus loin sur la verbalisation car malheureusement il n’y a que ça que les gens comprennent. On est en train de regarder pour acquérir un radar pas seulement pédagogique mais plus répressif. Notamment aux abords des écoles, où il faut vraiment qu’on protège les plus fragiles, c’est-à-dire les piétons", nous expliquait la maire d'Oullins.

Sur les 59 communes de la Métropole de Lyon, 3 sont déjà en "ville 30" et 3 autres ont fait leur demande.

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