L’ancienne maire communiste de Vénissieux, Michèle Picard, a annoncé le 1er avril avoir déposé un recours afin de faire annuler les élections municipales, remportées par l’insoumis Idir Boumertit.
Michèle Picard ne lâchera rien. Après qu’un recours a été déposé le 1er avril par Serge Truscello, directeur de campagne de l’ancienne maire communiste, pour faire annuler les élections municipales, remportées par le candidat de la France Insoumise (LFI), Idir Bourmetit, Michèle Picard a détaillé, mercredi 8 juillet, les détails de cette action en justice aux côtés de son avocat Me Emmanuel Régis. Dans le même temps, la Ville de Vénissieux a annoncé déposer deux plaintes contre X dans le cadre de ce recours pour "violation du secret professionnel et recel, mais aussi pour avoir engagé deux enquêtes administratives."
"Un moment d’explications et de remobilisation"
"C’est avant tout un moment d’explications et de remobilisation", soutient Michèle Picard, rappelant le "très faible écart" de 25 voix comptabilisé face à son adversaire, Idir Boumertit. "Ce n’est même pas une voix par bureau", martèle-t-elle encore. Son avocat, quant à lui, explique ainsi que "les pièces versées au dossier établissent que plusieurs inscriptions sur les listes électorales de Vénissieux ont été obtenues au moyen de documents présumés falsifiés." Concrètement, il s’agirait de "factures dont les QR-codes, infalsifiables, renvoient à une adresse différente de celle mentionnée sur le document", "des contrats de travail établis au nom du candidat tête de liste, mais utilisés par des tiers pour justifier leur domiciliation", ainsi que "des bulletins de salaire et des factures d'électricité présentant des incohérences matérielles manifestes."
Le placement en garde à vue du candidat d’extrême droite, Quentin Taïeb (RN), dans le cadre d’une enquête pour suspicion de fraude électorale, ainsi que certains de ses colistiers, aurait également modifié les "rapports de force électoraux". "Les médias ont rapporté que l’annulation du scrutin était possible, donc les électeurs ont pensé que ce n’était pas utile de se déplacer. Ils n'ont pas compris le flou de la situation", juge Michèle Picard.
Et son avocat d’ajouter : "Arrivée en tête au premier tour et renforcée par une fusion avec une liste ayant recueilli 6 % des suffrages, la liste conduite par Michèle Picard a finalement été devancée de 25 voix, soit environ 0,1 % des suffrages exprimés. Dans le même temps, la liste de Quentin Taïeb a perdu plus de 600 voix entre les deux tours, une chute sans explication politique cohérente. Ces évolutions démontrent qu'un événement extérieur au débat démocratique a pesé de manière déterminante sur le résultat, y compris sur la décision de nombreux électeurs de s’abstenir."
La décision du tribunal attendue à l’automne
Me Emmanuel Régis indique enfin que ce recours s’appuie notamment sur la décision du Conseil d'État relative à la commune de Château-Thierry, "par laquelle la haute juridiction a annulé un scrutin après la découverte d'une dizaine d'inscriptions électorales obtenues au moyen de faux documents." La clôture de l'instruction est fixée au 31 juillet 2026. La décision du tribunal administratif de Lyon est attendue "en septembre ou octobre, après examen des comptes de campagne par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques", souligne par ailleurs le conseil de Michèle Picard. "L’annulation de l’élection est fortement possible", assure cette dernière.
"Michèle Picard et son équipe demeurent pleinement mobilisées pour que le droit des Vénissians à un scrutin juste et équitable soit reconnu", conclut Me Emmanuel Régis.
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